
L’espoir renaît pour les patients atteints de cancers ORL : l’immunothérapie réduit de 24 % le risque de rechute, selon une étude présentée lors du prestigieux congrès mondial de cancérologie (ASCO) à Chicago. Un progrès majeur salué par la communauté scientifique, et une révolution dans la stratégie de traitement.
Jusqu’à récemment, les cancers ORL (oreille, nez, gorge, larynx) représentaient une véritable impasse thérapeutique dans leurs formes les plus agressives. Malgré les avancées de la radiothérapie et de la chirurgie, les risques de rechute restaient élevés, laissant les patients et les médecins face à un mur. Mais ça, c’était avant.
Une étude internationale pilotée par l’Institut Gustave-Roussy vient enfin bouleverser les codes : le traitement par immunothérapie permet de réduire de 24 % le risque de rechute chez les patients atteints de cancers ORL à haut risque. Ce n’est pas une promesse, c’est un fait, et c’est sans doute la plus grande avancée depuis vingt ans dans ce domaine.
Un traitement qui change la donne
L’étude NIVOPOSTOP : une petite révolution en blouse blanche
Le nom peut paraître un peu barbare, mais NIVOPOSTOP, c’est le nom d’un essai clinique qui restera dans l’histoire de l’oncologie. Coordonnée par le Dr Yungan Tao à Villejuif, cette étude a été présentée en grande pompe au congrès mondial de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology), qui se déroule actuellement à Chicago. Elle portait sur 139 patients atteints de carcinomes épidermoïdes ORL localement avancés, c’est-à-dire des tumeurs déjà bien installées, difficiles à traiter, et avec un risque élevé de récidive après chirurgie.
Deux groupes ont été comparés : un premier recevant le traitement standard (chirurgie + radio-chimiothérapie), et un second bénéficiant en plus de nivolumab, un médicament d’immunothérapie déjà utilisé dans d’autres types de cancer. Résultat ? Le taux de rechute a significativement diminué dans le groupe “immuno”.
- Survie sans récidive à 3 ans : 63,1 % avec immunothérapie contre 52,5 % sans.
- Risque de rechute ou de décès réduit de 24 %.
Des chiffres solides, publiés et validés, qui ne laissent pas la place au doute.
Immunothérapie : comment ça marche ?
Petite piqûre de rappel ! L’immunothérapie fait travailler notre système immunitaire pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses.
En temps normal, certaines tumeurs parviennent à se camoufler pour éviter d’être attaquées. Les anticorps anti-PD1 comme le nivolumab viennent justement lever ce camouflage. Résultat, nos globules blancs retrouvent leur flair et passent à l’attaque.
Un nouveau standard de soin en vue
Ce qui rend cette avancée si importante, ce n’est pas seulement son efficacité. C’est aussi sa capacité à changer les pratiques médicales. Jusque-là, l’immunothérapie était réservée aux cas très avancés, souvent métastatiques. Aujourd’hui, elle arrive en amont, en complément des traitements de base, pour éviter la rechute. Et ça, c’est un tournant.
Le Dr Tao résume bien l’enjeu : “C’est la première fois depuis vingt ans qu’un traitement fait mieux que le standard.” Une phrase simple, mais lourde de sens pour tous ceux qui, jusqu’ici, avaient peu d’options.
Et maintenant ?
Les résultats de NIVOPOSTOP ne sont pas encore traduits dans les recommandations officielles, mais ils pourraient bien l’être très bientôt. D’autres études sont en cours pour confirmer et affiner les indications. L’objectif est d’identifier quels patients tireront le plus de bénéfices de cette immunothérapie, et comment adapter les protocoles.
Du côté des patients, c’est un regain d’espoir. Non seulement le traitement immunothérapie cancer ORL devient une réalité, mais il pourrait à terme améliorer la qualité de vie et la durée de survie de milliers de personnes chaque année.
À SAVOIR
Le papillomavirus humain (HPV) est impliqué dans plus de 70 % des cancers de l’oropharynx, une sous-catégorie des cancers ORL. La vaccination contre le HPV, recommandée dès l’âge de 11 ans pour les filles et les garçons, permet de prévenir jusqu’à 90 % des infections à l’origine de ces cancers.







