Illustratiоn du cоrps humain face à la chaleur et au frоid, mettant en évidence les mécanismes de thermоrégulatiоn à l'aide de thermоmètres․
Face au chaud comme au froid, le corps maintient une température stable grâce à la thermorégulation, en activant des mécanismes de refroidissement ou de production de chaleur. ©pch.vector / Freepik

CĐľup de chaleur en Ă©tĂ©, frissĐľns en hiver, impressiĐľn que le cĐľrps “subit” la mĂ©téо․․․ nĐľtre tempĂ©rature interne varie-t-elle vraiment ? Le cĐľrps rĂ©gule cĐľnstamment sa chaleur, mais ce mĂ©canisme peut parfĐľis ĂŞtre mis Ă  rude Ă©preuve․ CĐľmment fĐľnctiĐľnne cette rĂ©gulatiĐľn et dans quelles situatiĐľns peut-elle devenir dangereuse ? ExplicatiĐľns․

Canicule en Ă©tĂ©, vague de froid en hiver… Ă€ chaque variation de la tempĂ©rature extĂ©rieure, notre tempĂ©rature corporelle suit-elle ces changements ? Intuitivement, on pourrait penser que le corps chauffe quand il fait chaud et refroidit car il fait froid.

Le corps humain maintient la tempĂ©rature autour de 36,1 °C le matin et jusqu’à 37,2 °C l’après-midi, quelles que soient les conditions extĂ©rieures. Mais ce système, appelĂ© thermorĂ©gulation, a ses limites, surtout face aux tempĂ©ratures extrĂŞmes. 

Au cœur de ce phénomène se trouve l’hypothalamus, une zone du cerveau qui agit comme un véritable thermostat. Il surveille en permanence la température centrale du corps et déclenche des ajustements dès qu’un écart est détecté.

Ce système repose sur deux grands mécanismes. La thermogenèse (production de chaleur) permet de réchauffer le corps, tandis que la thermolyse (perte de chaleur) permet de le refroidir.

L’objectif est simple : maintenir une température stable pour que les organes, les enzymes et le métabolisme fonctionnent correctement.

Comment le corps réagit-il quand il est exposé au chaud ?

Lorsqu’il fait chaud, le corps ne laisse pas sa température augmenter librement. Il met en place des mécanismes de refroidissement très efficaces.

Les vaisseaux sanguins se dilatent, un phénomène appelé vasodilatation, qui permet d’évacuer la chaleur vers la peau. En parallèle, la transpiration joue un rôle essentiel. En s’évaporant, la sueur entraîne une perte de chaleur et contribue à refroidir l’organisme.

C’est pour cela que la peau devient chaude et humide : la température cutanée augmente, mais la température interne reste globalement stable.

Cependant, en cas de forte chaleur ou de déshydratation, ce système peut être dépassé. La transpiration devient insuffisante, la chaleur s’accumule, et la température corporelle peut augmenter, entraînant une hyperthermie, voire un coup de chaleur.

Au-delà de 41,5 °C, la situation devient critique : les protéines commencent à se dégrader, avec un risque de lésions graves. Dans les cas les plus extrêmes, la température peut atteindre 43 °C. À ce stade, le pronostic vital est engagé.

Ces phénomènes s’inscrivent aussi dans un contexte plus large lié aux écarts de température et maladies, qui peuvent fragiliser l’organisme.

Quand la température extérieure chute, le corps active immédiatement ses mécanismes de défense pour conserver la chaleur.

Les vaisseaux sanguins se contractent, c’est la vasoconstriction, afin de limiter les pertes au niveau de la peau. Le sang est alors redirigé vers les organes vitaux, ce qui explique pourquoi les mains et les pieds deviennent rapidement froids.

Dans le même temps, des frissons apparaissent. Ces contractions musculaires involontaires produisent de la chaleur et permettent de maintenir, autant que possible, la température interne.

Chez certaines personnes exposées longtemps au froid, le métabolisme peut aussi s’accélérer légèrement pour générer davantage de chaleur.

Mais face à un froid intense ou prolongé, ces mécanismes atteignent leurs limites. Le corps ne parvient plus à compenser et la température interne commence à baisser progressivement : c’est l’hypothermie.

En dessous de 35 °C, les premiers signes apparaissent, avec des frissons. Sous les 30 °C, ils disparaissent, signe que l’organisme n’arrive plus à produire de chaleur, et les fonctions vitales commencent à ralentir.

Dans les situations les plus graves, la température corporelle peut chuter à des niveaux extrêmement bas, parfois incompatibles avec la survie.

Le cas du “marcheur de glace”

Un corps retrouvĂ© gelĂ©, comme la cĂ©lèbre momie de Ă–tzi, emprisonnĂ©e dans un glacier depuis plus de 5 000 ans, conserve-t-il une certaine chaleur ?

La réponse est non. Dès que les fonctions vitales s’arrêtent, la thermorégulation cesse. Le corps devient alors un simple objet physique, soumis aux lois de la thermodynamique. Il finit par atteindre exactement la température de son environnement.

Dans un bloc de glace, un corps est donc à 0 °C, voire moins. C’est précisément ce froid extrême qui, en stoppant la décomposition, permet de conserver ces “momies des glaces” de manière spectaculaire.

La fièvre dépend-elle de la chaleur ou du froid ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la fièvre n’est pas directement liée à la température extérieure. Elle correspond à une réaction interne de l’organisme, généralement déclenchée par une infection.

Le cerveau, via l’hypothalamus, augmente volontairement la température du corps pour mieux lutter contre les agents pathogènes.

Dans la majorité des cas, la fièvre se situe entre 38 °C et 40 °C. Elle peut parfois atteindre 41 °C, mais dépasse rarement ce seuil.

Au-delà de 41 à 41,5 °C, on parle d’hyperpyrexie, une situation rare mais potentiellement grave.

En période de forte chaleur, la fièvre peut être plus difficile à supporter, car le corps a déjà du mal à se refroidir. À l’inverse, en cas de froid, elle peut s’accompagner de frissons plus marqués.

Mais dans les deux cas, les valeurs restent globalement les mêmes : la fièvre est régulée par l’organisme, et non par la météo.

La prise de température s’effectue à l’aide d’un thermomètre électronique, par voie buccale (sous la langue), axillaire (sous l’aisselle) ou rectale (dans le rectum).

Il existe également des thermomètres auriculaires ou frontaux infrarouges, qui permettent une mesure rapide. Ils offrent une estimation fiable de la température corporelle, même si celle-ci peut légèrement varier selon la méthode utilisée.

Dans la majoritĂ© des cas, le système de thermorĂ©gulation fonctionne parfaitement. Mais, certaines situations nĂ©cessitent une vigilance particulière.

Les personnes âgĂ©es, les nourrissons ou les personnes malades sont plus sensibles aux variations de tempĂ©rature. Une tempĂ©rature Ă©levĂ©e persistante peut traduire une fièvre ou un coup de chaleur, tandis qu’une baisse anormale peut signaler une hypothermie.

Les médecins rappellent qu’il est important de rester attentif aux signes d’alerte : frissons intenses, fatigue, confusion, malaise ou absence de transpiration en cas de chaleur.

Finalement, la tempĂ©rature corporelle ne suit pas directement la tempĂ©rature extĂ©rieure. Elle reste stable grâce Ă  un Ă©quilibre permanent entre production et perte de chaleur.

Ă€ SAVOIR

Le 22 janvier 1943, dans la petite ville de Spearfish, un Ă©pisode mĂ©tĂ©orologique exceptionnel bat des records. Ce matin-lĂ , vers 7h30, la tempĂ©rature chute Ă  -20 °C, dans un contexte d’hiver rigoureux typique du Dakota du Sud. Deux minutes plus tard, un phĂ©nomène rare, le Chinook, un vent chaud et sec en provenance des Montagnes Rocheuses, traverse brutalement la ville. Le thermomètre grimpe alors Ă  +7 °C, soit une hausse spectaculaire de 27 degrĂ©s en 120 secondes. Ce choc thermique provoque des dĂ©gâts immĂ©diats : vitres fissurĂ©es, pare-brise endommagĂ©s, tandis que neige et glace fondent Ă  vue d’œil. Vers 9h00, le vent cesse soudainement. Après avoir atteint +12 °C, la tempĂ©rature rechute Ă  -20 °C en moins d’une demi-heure, transformant instantanĂ©ment l’eau en glace et paralysant toute la ville.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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