Un nourrisson en train de recevoir ses vaccins de rappel chez le pédiatre.
Plus de 90 % des décès liés à la coqueluche concernent des bébés de moins de 6 mois. Entre 2013 et 2023, RENACOQ a recensé 13 décès chez des nourrissons de 0 à 2 mois, trop jeunes pour être vaccinés. ©prostooleh / Freepik

Souvent confondue avec un simple rhume ou une bronchite, la coqueluche est en réalité une infection bactérienne très contagieuse. Chez l’adulte, elle est le plus souvent bénigne. En revanche, chez le nourrisson, elle peut être dangereuse et provoquer des complications respiratoires graves. Le point sur sa transmission, ses différentes phases et les moyens de prévention.

La coqueluche est souvent confondue avec une maladie courante, comme le rhume ou la bronchite. Pourtant, il s’agit d’une infection bactérienne causée par Bordetella pertussis. Contrairement à la grippe ou à la bronchiolite, elle n’est pas d’origine virale. Une personne peut être contagieuse avant même que les symptômes ne deviennent évidents.

Chez l’adulte, la coqueluche peut passer inaperçue ou se limiter à une toux persistante. En revanche, chez le nourrisson, elle peut entraîner des complications graves, notamment, des difficultés à respirer. C’est pour cette raison qu’elle nécessite une vigilance particulière.

Cette bactérie attaque les voies respiratoires. Elle se fixe sur les cellules des bronches et libère des toxines. Ces substances perturbent les petits cils chargés d’éliminer le mucus et les microbes. Quand ce mécanisme ne fonctionne plus, les sécrétions s’accumulent et provoquent une toux forte et répétée.

La coqueluche est très contagieuse. Elle se transmet par les gouttelettes projetées lors de la toux ou des éternuements. Une personne malade peut contaminer plusieurs personnes autour d’elle si aucune précaution n’est prise. La bactérie circule davantage lorsque la vaccination diminue.

Chez l’adulte, la maladie peut passer inaperçue ou se manifester par une toux persistante qui dure plusieurs semaines. En revanche, chez les nourrissons et les personnes fragiles, elle peut entraîner des complications graves. On l’appelle parfois la « toux des cent jours » en raison de la durée prolongée des symptômes.

La coqueluche se transmet par l’air et par contact rapproché. La bactérie circule dans les gouttelettes projetées lors de la toux, des éternuements ou même d’une discussion à courte distance.

Chez le nourrisson, la contamination se fait souvent dans le cadre familial. Les parents, les grands-parents, les frères et sœurs ou d’autres proches peuvent transmettre la bactérie sans le savoir. Avec le temps, la protection apportée par le vaccin diminue. Un adulte peut alors développer une forme plus légère, parfois prise pour une bronchite ou une toux allergique, tout en restant contagieux.

Après le contact avec la bactérie, il existe une période d’incubation d’environ dix jours. Pendant cette phase, aucun symptôme n’apparaît, mais la bactérie s’installe progressivement dans les voies respiratoires.

La coqueluche évolue en plusieurs étapes, ce qui peut rendre le diagnostic difficile au début. Les premiers jours ressemblent à un simple rhume. L’enfant a le nez qui coule, une petite fièvre et une toux modérée. C’est à ce moment-là que la contagion est la plus forte. Comme les symptômes ne sont pas spécifiques, l’enfant continue souvent d’aller à l’école ou à la crèche, ce qui favorise la transmission.

Après une à deux semaines, la maladie devient plus reconnaissable. La toux change : elle survient par séries de toux, fortes et rapprochées, surtout la nuit. L’enfant peut rougir, avoir les yeux qui pleurent et avoir du mal à reprendre son souffle.

À la fin de l’épisodes de toux, il peut inspirer bruyamment, avec un son aigu souvent comparé à un « chant du coq ». Ces épisodes sont fatigants et peuvent provoquer des vomissements. Entre les crises, l’enfant peut sembler plus calme, mais reste souvent épuisé.

Chez le nourrisson de moins de six mois, les signes sont parfois différents et plus inquiétants. Le bruit typique peut être absent. On peut observer des pauses respiratoires, un ralentissement du cœur ou des malaises avec une coloration bleutée de la peau. Dans ces cas, il s’agit d’une urgence médicale.

Des complications peuvent survenir, notamment au niveau des poumons avec des infections secondaires, ou plus rarement au niveau du cerveau en cas de manque d’oxygène. Chez les tout-petits non protégés par la vaccination, le risque de formes graves existe, ce qui impose une grande vigilance.

Si une toux dure plus d’une semaine, surtout si elle provoque des vomissements ou s’aggrave la nuit, il faut consulter un médecin. Le médecin traitant ou le pédiatre pourra suspecter une coqueluche et proposer des examens pour confirmer le diagnostic. Le plus souvent, il s’agit d’un prélèvement dans le nez avec un écouvillon, ou d’une prise de sang avec une analyse par PCR pour détecter la bactérie.

Chez le nourrisson, certains signes sont préoccupants. Des difficultés à respirer, un refus de boire ou des pauses respiratoires sont des urgences. Dans ces situations, il ne faut pas attendre : il faut se rendre aux urgences ou appeler les secours immédiatement.

Au niveau collectif, la coqueluche est surveillée de près, surtout lorsqu’il y a plusieurs cas regroupés. Les autorités sanitaires suivent l’évolution de la maladie pour éviter les épidémies. La vaccination a permis de réduire fortement le nombre de cas par rapport à l’époque où elle n’existait pas. Mais la bactérie continue de circuler, ce qui impose de rester vigilant.

Le vaccin contre la coqueluche est considéré comme sûr et bien toléré. Les effets secondaires sont le plus souvent légers, comme une douleur au point d’injection ou une petite fièvre. Les médecins considèrent ces réactions comme minimes au regard des complications que la maladie peut entraîner.

Quand le médecin confirme la coqueluche, il prescrit un antibiotique, le plus souvent un macrolide. Son efficacité dépend du moment où il débute le traitement. S’il l’administre précocement, il peut limiter la propagation de la bactérie. En revanche, s’il le prescrit tardivement, l’antibiotique agit peu sur les accès de toux, car les toxines responsables des symptômes ont déjà produit leurs effets.

L’objectif principal est donc de réduire la contagion en éliminant rapidement la bactérie, ce qui permet un retour plus rapide en collectivité après quelques jours d’éviction.

En parallèle, on cherche surtout à soulager l’enfant. Les professionnels de santé conseillent d’humidifier l’air afin d’apaiser les voies respiratoires. Ils recommandent également de proposer de petits repas pour limiter les vomissements après les accès de toux et de maintenir l’enfant en position semi-assise afin de faciliter sa respiration.

En revanche, les médecins jugent les sirops contre la toux généralement peu efficaces dans cette maladie et ne les recommandent pas chez les jeunes enfants.

Le vaccin contre la coqueluche fait partie du calendrier vaccinal. Il est administré dès les premiers mois de vie. C’est un vaccin « acellulaire », composé de fragments de la bactérie, souvent associé aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Il est donné à 2 mois et 4 mois, avec un rappel à 11 mois, puis d’autres rappels au cours de la vie pour maintenir la protection.

Pour protéger les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, il est aussi recommandé de vacciner l’entourage proche. Cette stratégie limite le risque de transmission dans la famille. La vaccination pendant la grossesse est également conseillée à chaque grossesse. Elle permet à la mère de transmettre des anticorps à son bébé avant la naissance et de le protéger durant ses premiers mois de vie.

Contracter la coqueluche une fois ne protège pas à vie. L’immunité, qu’elle soit liée à la maladie ou au vaccin, baisse avec les années. On peut donc l’attraper plusieurs fois au cours de sa vie. Cela explique l’importance des rappels vaccinaux, surtout pour protéger les nourrissons, qui sont les plus vulnérables.

À SAVOIR

Il n’existe pas de vaccin purement dédié à prévenir la coqueluche. Cette protection est toujours associée à d’autres vaccins. Pour les nourrissons, on utilise des vaccins dits « hexavalents », qui protègent contre six maladies en une seule injection, comme Infanrix Hexa, Hexyon ou Vaxelis. Pour les rappels chez les enfants de 6 ans, les adolescents, les adultes ou les femmes enceintes, il s’agit de vaccins « tétravalents », qui couvrent quatre maladies, comme Repevax ou Boostrix. Dans le carnet de santé, cette vaccination est souvent indiquée par l’abréviation dTcaP, qui correspond à Diphtérie, Tétanos, Coqueluche acellulaire et Poliomyélite.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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