Le test BEC offre une fiabilité similaire au test RT-PCR en moins de 30 minutes.
Le test BEC offre une fiabilité similaire au test RT-PCR en moins de 30 minutes. ©DR

Alors que les espoirs de vaccins se font attendre, une collaboration d’entreprises françaises redonne espoir au dépistage massif et rapide de la population. À l’aide d’un nouveau test dit BEC, validé par le Centre National de Référence des virus des infections respiratoires de Lyon, le diagnostic de la Covid-19 n’est plus un problème. Prélèvement nasal peu invasif, rapidité, fiabilité… Autant d’atouts que de solutions. Le point sur ce nouveau test de dépistage rapide avec Olivier Varet, directeur délégué du projet test BEC chez Bertin Technologies.

Depuis le début de la politique « Tester, Alerter, Protéger », les test Covid se multiplient partout en France. Les taux de contaminations aussi. Alors que le dépistage massif devait permettre d’enrayer les chaînes de contamination, les résultats semblent tout autres. L’épidémie actuelle est désormais en passe de dépasser le premier pic de mars. Mais pourquoi une telle transmission virale malgré les tests ?

Si les tests commercialisés permettent d’établir un profil infectieux français plus juste, ils ne sont pas en mesure de tester l’ensemble de la population. Pour cause ? Le manque de professionnels de santé et de centres d’analyse. Pourtant, un nouveau test pourrait bien déjouer les statistiques. Rapide, fiable, peu invasif et sans conditions, le test BEC remplit toutes les attentes. Seul problème ? Son moindre développement commercial encore récent.

Un test validé par l’institut lyonnais de référence des virus

Enalees et Bertin technologies, localisées respectivement dans l’Essonne et les Yvelines, ont ainsi développé ce nouveau test Covid 100 % français. En collaboration avec l’Institut Pasteur (Paris) et validé par le CNR de Lyon (Centre National de Référence des virus des infections respiratoires), ce test BEC obtient désormais le soutien de la région Ile-de-France et du département de l’Essonne.

Promesse de vente, ce dispositif récent permettra d’identifier et d’isoler immédiatement toute personne infectée, particulièrement dans le cadre d’entreprises ou de diagnostic collectif. Explications avec Olivier Varet, en charge du projet test BEC chez Bertin Technologies.

« Des performances similaires au test RT-PCR »

Avec un taux de fiabilité similaire au test PCR nasopharyngé, le BEC fournit une réponse rapide. De l’ordre de trente minutes. Une conjecture rapidité-fiabilité qui semblait jusqu’alors difficile. Mais comment fonctionne ce nouveau test « miraculeux » ?

À l’aide d’un prélèvement nasal peu invasif, ce dépistage détecte et recherche la présence de deux gènes spécifiques du SARS-CoV-2. Et ce, afin d’éviter de passer à côté du virus. L’échantillon est ensuite analysé par un pack transportable en moins de 25 minutes, offrant ainsi une rapidité digne d’un test antigénique, pourtant moins fiable.

De même, sa méthode peu invasive rend son acceptabilité supérieure à un test de même fiabilité, tel que le RT-PCR. Un résultat appréciable qui lui permet d’être référencé sur le site du gouvernement et donc d’obtenir un remboursement par l’Assurance Maladie.

Nouveau test de détection rapide de la Covid-19, le BEC comprend un contrôle positif endogène permettant de s’assurer de la qualité du geste effectué lors du prélèvement. De même, ce contrôle permet d’attester le bon fonctionnement du test et de l’appareil utilisé lors de la lecture du résultat. Ainsi, ce mécanisme réduit les potentiels faux-négatifs (lorsque le test indique négatif alors qu’il est en réalité positif).

Cependant, « la loi française oblige la réalisation par un professionnel de santé, sans quoi ce test ne serait pas reconnu dispositif de santé », explique Olivier Varet. Une nécessité qui soulève de nouveau la problématique de l’engorgement des professionnels de santé.

Une technologie vantée pour ses mérites

Ce diagnostic se base sur une technologie de RT-LAMP, contrairement aux précédents s’appuyant sur le RT-PCR. Ce changement de méthode évite la nécessité de cycles de température lors de l’amplification de l’ARN (génome, gène) du virus en laboratoire. Dès lors, cette technique accroit la rapidité du test, sa simplicité d’utilisation et sa robustesse.

C’est pourquoi cette technologie RT-LAMP s’attire les fleurs de grands scientifiques ces dernières années. L’OMS a d’ailleurs recommandé son utilisation pour le diagnostic de la tuberculose. De même, le diagnostic moléculaire rapide (ou RT-LAMP) s’est déjà appliqué par le passé pour les épidémies d’Ebola ou de Zika. Une méthode qui semble donc être la bonne…

Test BEC, un atout majeur dans la gestion des contaminations

Principal atout de ce nouveau-né français, sa souscription à tous les critères. Rapide, fiable, acceptable, ne nécessitant aucune compétence professionnelle… Il apparait dès lors comme la solution idéale pour répondre aux problèmes d’engorgement des laboratoires.

En effet, en l’absence de vaccin sur le marché, la meilleure façon de casser les chaînes de contaminations reste les tests de dépistage massifs. Des personnes symptomatiques comme des asymptomatiques. Ainsi, ce test permet de rajouter aux résultats des tests PCR effectués par des professionnels un moyen de dépistage massif et fiable. Notamment de par sa rapidité et sa non-discrimination, tant envers les usagers que l’environnement de prélèvement.

« Pour une personne déboussolée par le nombre d’appels téléphoniques vers des laboratoires débordés et sans solution rapide, ce test BEC permettrait de tester immédiatement la personne et de l’isoler si besoin. Un atout majeur dans la gestion efficace et immédiate des chaines de contamination », ajoute Olivier Varet.

Une avancée majeure : « le seul test rapide, développé et fabriqué en France »

Jusqu’alors dépendante des grandes recherches mondiales, la France se dote de son premier test Covid « made in France ». « C’est à ce jour le seul test rapide, développé et fabriqué en France qui a été évalué par le CNR. C’est une étape importante dans sa commercialisation », assure Bruno Vallayer, directeur général de Bertin Technologies, une des entreprises impliquées. De quoi espérer une moindre recrudescence des cas positifs.

Toutefois, le BEC souffre d’un faible développement territorial en France. En cause ? Sa validation récente et un moindre financement face aux grandes industries. Dès lors, sa commercialisation se fait progressivement et empêche tout un chacun d’en bénéficier immédiatement. Néanmoins, la région Ile-de-France a accordé une subvention de 400 000 euros afin d’accélérer sa commercialisation.

« Nous avons à ce jour tous les outils nécessaires pour déployer ce test à grande échelle. Une plateforme de production en cas de livraison massive est d’ailleurs en cours d’installation. Notre seul véritable problème reste le manque de visibilité auprès des médias. Pourtant, ce nouveau-né répondrait aux attentes d’autonomie française, afin de ne pas dépendre de prestataires étrangers », conclue Olivier Varet.

À SAVOIR

Le test RT-PCR nasopharyngé était jusqu’alors le seul test suffisant fiable, capable de dépister toute personne. Symptomatique ou non. Les tests salivaires ou antigéniques n’étant réservés qu’aux personnes symptomatiques du fait d’une moindre fiabilité.

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