Un oeil présentant des symptômes de daltonisme.
La con-fusion des couleurs est généralement le symptôme le plus courant du daltonisme. © Creativeart / Freepik

Rouge ou bleu ? Vert ou jaune ? Le daltonisme est une anomalie visuelle d’origine génétique, liée à un dysfonctionnement des cônes et des récepteurs de la rétine. Bien qu’il n’entraîne ni cécité ni baisse majeure de l’acuité, le daltonisme modifie profondément la manière de percevoir le monde coloré.
Savoir reconnaître les signes est la première étape vers une adaptation permettant de vivre pleinement avec cette particularité visuelle.

On croit souvent que le daltonisme se résume à “voir le vert et le rouge à l’envers”. Une sorte de particularité visuelle, presque anecdotique.

Pourtant, pour beaucoup d’adultes comme d’adolescents, cette anomalie discrète s’immisce dans la vie quotidienne et peut même avoir des conséquences : hésiter devant un feu tricolore, confondre deux câbles, ne pas comprendre une carte colorée, se sentir maladroit face à des choix de couleurs qui semblent évidents pour les autres…

Et c’est peut-être là que tout commence : ce sentiment diffus de ne pas percevoir les choses “comme tout le monde”, sans être capable de mettre un mot dessus. Alors, comment reconnaître un daltonisme ? Et à quel moment faut-il consulter ?

Le daltonisme est un trouble de la vision des couleurs dû à une particularité des cônes de la rétine. Normalement, trois types de cônes permettent de distinguer le rouge, le vert et le bleu.

Chez une personne daltonienne, l’un de ces systèmes fonctionne différemment : les nuances se mélangent, certaines couleurs perdent leur intensité, d’autres semblent identiques.

Selon l’Inserm, environ 8 % des hommes présentent une forme de daltonisme, contre moins de 1 % des femmes. La raison est génétique : le trouble est porté par le chromosome X.

Mais beaucoup passent des années sans diagnostic, car la gêne s’installe progressivement et l’entourage s’y habitue.

Les confusions répétées : des couleurs “trop proches” pour être distinguées

Le signe le plus courant est une difficulté à différencier :

• Le rouge et le vert,

• Le vert et le marron,

• Le bleu et le violet,

• Le jaune et l’orange.

Cela peut paraître anodin, mais dans la vie réelle, ces confusions deviennent un casse-tête : le fruit encore vert qu’on croit mûr, le pull rouge qu’on pensait brun, la carte du métro où tout semble se ressembler…

L’impression que “tout manque de contraste”

De nombreuses personnes décrivent une vision dans laquelle :

• les couleurs paraissent moins vives,

• les nuances se fondent,

• certaines informations semblent “se perdre” dans un fond coloré.

Les difficultés scolaires ou professionnelles

Le daltonisme peut perturber :

• les exercices où l’enseignant utilise du rouge et du vert,

• les schémas colorés,

• les consignes affichées au tableau,

• les cartes de géographie ou les graphiques complexes.

À l’âge adulte, cela peut devenir gênant dans certains métiers : électricité, ingénierie, métiers techniques, graphisme, armée, transports. Il est important de connaître le dépistage des troubles de la vue.

Beaucoup s’adaptent en silence, en apprenant par cœur la position des codes couleur, ou en évitant certaines tâches.

Le daltonisme et ses quiproquos du quotidien

“Pourquoi tu as mis ce t-shirt violet ?”“Il est bleu, non ?” Ces échanges, fréquents chez les daltoniens, laissent souvent une impression de décalage.

On se demande si l’on exagère, si l’on manque d’attention… alors qu’il s’agit simplement d’une particularité visuelle.

Les ophtalmologues distinguent principalement :

• La deutéranomalie / deutéranopie : difficulté avec le vert (la plus fréquente).

• La protanomalie / protanopie : anomalie liée au rouge.

• La tritanopie : confusion bleu – jaune (très rare et souvent d’origine acquise).

L’intensité du trouble varie considérablement d’une personne à l’autre : certaines confusions sont minimes, d’autres très marquées, selon la sensibilité des cônes.

Les tests en ligne : une première indication, mais pas un diagnostic

Les plaques d’Ishihara : ces cercles de points colorés avec un chiffre au centre sont souvent la porte d’entrée. Si certains chiffres n’apparaissent pas, le doute s’installe.

Mais ces tests ne sont pas suffisants : ils dépistent, ils ne diagnostiquent pas.

Le test d’Ishihara et l’examen ophtalmologique complet

L’ophtalmologiste utilise une série de planches pour :

• identifier la présence du trouble,

• déterminer son type,

• mesurer sa sévérité.

Cet examen est rapide et indolore, mais essentiel pour obtenir une évaluation fiable.

Les tests professionnels (Farnsworth, lanternes, nuances)

Certains centres spécialisés utilisent :

• le test Farnsworth-Munsell (classer des pastilles de couleurs très proches),

• le test des lanternes (utile pour les métiers soumis à réglementation, comme l’aviation ou la marine).

Ces tests analysent la vision des couleurs avec beaucoup plus de finesse.

Le daltonisme n’est pas une maladie et ne “s’aggrave” généralement pas. Cependant, quelques ajustements peuvent nettement faciliter le quotidien :

• privilégier les symboles plutôt que les couleurs dans l’organisation

• activer les modes daltoniens sur les applications et jeux vidéo

• utiliser des outils numériques qui renforcent les contrastes

• informer l’école ou l’employeur pour éviter les incompréhensions.

Les lunettes correctrices pour daltoniens, souvent vantées sur Internet, peuvent améliorer certains contrastes mais leur efficacité reste variable, rappelle l’Anses.

Il est utile de prendre rendez-vous avec un spécialiste en ophtalmologie lorsqu’on :

• confond régulièrement certaines couleurs,

• ressent une gêne dans son activité professionnelle,

• observe des difficultés scolaires liées aux couleurs,

• constate un trouble de la vision des couleurs apparu récemment (ce qui n’est pas normal : il faut alors consulter rapidement).

En résumé, le daltonisme est bien plus qu’une simple “perception différente” : c’est une façon particulière de voir le monde, parfois déroutante, souvent méconnue. Reconnaître ses signes, passer un test adapté et comprendre son fonctionnement permet de lever le doute et de mieux s’adapter.

Rédaction : Ophélie Fink

À SAVOIR

Le daltonisme doit son nom à John Dalton, un chimiste et physicien britannique du XVIIIᵉ siècle. En 1794, il fut le premier scientifique à décrire précisément son propre trouble de la vision des couleurs, dont il souffrait depuis la naissance. Dalton pensait à tort que son anomalie était due à un liquide coloré dans l’œil, mais ses travaux ont posé les bases de l’étude scientifique des troubles de la vision chromatique.

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