Un couple qui ne dort pas forcément bien à deux.
Votre partenaire perturbe-t-il votre sommeil ? © Freepik

Ronflements, réveils décalés, téléphones qui s’illuminent dans la nuit… Si partager son lit reste un symbole fort de la vie de couple, cela ne garantit pas forcément un meilleur sommeil. À l’occasion de la Journée mondiale du sommeil, les spécialistes rappellent que la nuit à deux peut être aussi une affaire d’équilibre, de tolérance… et parfois d’ajustements très concrets.

Dormir à deux fait presque partie du décor quand on est en couple. Se glisser dans le même lit, se souhaiter bonne nuit, sentir la présence de l’autre… autant de petits rituels qui évoquent l’intimité, la confiance et la complicité. Et ce moment partagé peut réellement contribuer au bien-être.

La présence d’un partenaire peut notamment faciliter l’endormissement. Certaines hormones associées au bien-être, comme l’ocytocine, souvent appelée « hormone de l’attachement ». Elle participe à cette sensation de sécurité et d’apaisement qui aide le corps à se détendre avant de dormir. 

Une enquête menée par l’Institut Flashs en janvier 2026, pour Acar-Housses®, auprès de 1 279 personnes vivant en couple montre que neuf personnes sur dix disent apprécier dormir avec leur partenaire. Pour certains, cette proximité nocturne fait même partie des conditions qui facilitent l’endormissement.

Mais aimer dormir à deux ne signifie pas forcément… mieux dormir. Et au fil des nuits, le lit partagé peut aussi devenir un terrain de petits compromis.

Sommeil : à chacun son rythme 

Chaque personne possède son propre rythme biologique, appelé rythme circadien, c’est-à-dire l’horloge interne qui régule l’alternance veille-sommeil sur 24 heures.

Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), la qualité du sommeil des Français se dégrade progressivement depuis plusieurs années, sous l’effet de nombreux facteurs : stress, écrans, horaires irréguliers ou environnement bruyant.

Partager son lit peut ajouter quelques variables supplémentaires.

Dormir à deux ou dormir mieux ? 

Toujours selon l’enquête Flashs, un quart des personnes interrogées reconnaît que dormir à deux détériore leur sommeil. Les femmes sont plus nombreuses à le signaler (32 %) que les hommes (19 %).

En cause, une série de petits désagréments bien connus des couples. Parmi les plus fréquents :

  • les ronflements du partenaire
  • les mouvements nocturnes
  • le manque d’espace dans le lit
  • les réveils liés à l’alarme de l’autre
  • les différences d’horaires de coucher ou de lever

Ces micro-perturbations peuvent provoquer des micro-réveils nocturnes, c’est-à-dire de très brèves sorties du sommeil souvent inconscientes, mais qui fragmentent la nuit et diminuent sa qualité.

Quand les rythmes de vie ne coïncident pas

Dans de nombreux couples, les habitudes de sommeil ne sont pas synchronisées. Certains sont naturellement « couche-tôt », d’autres « couche-tard ». Cette différence, appelée chronotype, est en grande partie déterminée par la biologie.

L’un peut donc vouloir dormir pendant que l’autre lit, regarde une série ou fait défiler son téléphone. L’étude Flashs (2026) montre ainsi que trois quarts des personnes interrogées disent adapter leur heure de coucher à celle de leur partenaire. Cette adaptation concerne davantage les hommes (76 %) que les femmes (67 %).

Le réveil du matin peut également devenir une source de friction. Un tiers des répondants se dit gêné par l’alarme du partenaire, là encore davantage les femmes que les hommes.

Ces ajustements répétés peuvent sembler anodins, mais à long terme ils peuvent perturber la régularité du sommeil.

Les écrans, invités indésirables du lit conjugal

Autre perturbateur nocturne et non des moindres : les écrans. Smartphones et tablettes se sont largement invités dans la chambre.

Or la lumière bleue émise par les écrans peut retarder l’endormissement. Elle agit sur la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui signale au cerveau qu’il est temps de dormir.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a ainsi souligné dans son rapport sur l’exposition aux LED que la lumière bleue en soirée pouvait perturber les rythmes biologiques et retarder l’endormissement.

Dans un lit partagé, cette habitude peut aussi affecter l’autre partenaire. Selon l’enquête Flashs, plus d’un tiers des personnes interrogées disent avoir du mal à dormir tant que leur partenaire utilise son téléphone.

Notifications lumineuses, vidéos regardées tard dans la nuit, vibrations d’alertes… Autant de petites intrusions technologiques dans la nuit du couple.

Partager la nuit n’a pas que des inconvénients. Dans certains cas, la présence d’un partenaire peut même rendre service côté santé. Car au fil des nuits, on devient parfois, sans vraiment s’en rendre compte, le premier observateur du sommeil de l’autre. 

Ronflements particulièrement sonores, pauses respiratoires, mouvements de jambes répétitifs, comportements inhabituels pendant la nuit… Ces petits signaux passent rarement inaperçus quand on partage le même lit.

Ces observations permettent parfois de diagnostiquer certains troubles du sommeil, comme l’apnée du sommeil, un trouble respiratoire nocturne qui toucherait entre 5 et 10 % des adultes, selon la Haute Autorité de santé (HAS).

Le sommeil est une fonction biologique profondément individuelle. Certaines solutions simples peuvent toutefois améliorer la cohabitation nocturne :

  • utiliser des couettes séparées, afin de limiter les réveils liés aux mouvements
  • opter pour deux matelas distincts sur un même lit, pratique courante dans plusieurs pays d’Europe du Nord
  • utiliser un masque de nuit ou des bouchons d’oreille pour limiter les nuisances lumineuses ou sonores
  • instaurer des règles communes concernant l’usage des écrans le soir

Selon l’enquête Flashs (2026), 40 % des personnes interrogées aspirent d’ailleurs à davantage d’indépendance pendant la nuit, que ce soit par des couettes séparées, une chambre ponctuellement individuelle ou un aménagement différent du lit.

Mais, vous l’aurez compris, au lit aussi, comme dans bien d’autres aspects de la vie à deux, le secret tient souvent aux compromis.

À SAVOIR 

Une étude de l’Université de Kiel publiée dans Frontiers in Psychiatry (2017) a montré que les couples qui dorment ensemble peuvent parfois synchroniser certaines phases de leur sommeil, notamment celle liée aux rêves. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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