Un homme qui se fait vacciner contre la grippe pour passer l'hiver serein.
Le vaccin contre la grippe réduit de 40 % à 60 % le risque d'hospitalisation pour formes graves chez les personnes âgées. © Freepik

Aurons-nous assez de vaccins contre la grippe pour traverser la saison sans tension ? À en juger par les alertes lancées par des pharmaciens et le tour de vis des autorités pour « débloquer des stocks », le spectre d’une pénurie plane sur cet hiver. Mais qu’en est-il vraiment aujourd’hui ? Le point. 

La campagne 2025-2026 a officiellement démarré le 14 octobre en métropole, date à laquelle à la fois la vaccination contre la grippe saisonnière et celle contre le Covid-19 ont été lancées. Une mise en route qui s’aligne avec une arrivée précoce du virus cette année.

Dès les premières semaines, près de 9,5 millions de doses antigrippales ont été distribuées, selon L’USPO (l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine). Certains pharmaciens ont donc tiré la sonnette d’alarme et estiment que, si la demande continue à ce rythme, les stocks disponibles pourraient ne suffire que pour une semaine à peine, évoquant le risque de rupture avant même le pic de l’épidémie. Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de la saison dernière.

Le gouvernement a ainsi annoncé qu’il allait débloquer des doses supplémentaires depuis les réserves stratégiques, afin d’éviter des ruptures. 

Avant le début de la campagne, les autorités sanitaires avaient sécurisé 14 millions de doses de vaccins antigrippaux pour la saison 2025-2026. À ce jour, un peu plus de la moitié de ces doses ont été délivrées. Un démarrage bien plus dynamique de la vaccination par rapport à l’année dernière.

Mais le hic, c’est que la campagne de vaccination concerne une population particulièrement large :

Or, l’objectif de couverture vaccinale recommandé pour les populations à risque est de 75 %, selon les recommandations de l’OMS. Les taux actuels, même en supposant que toutes les doses sécurisées suffisent, laissent peu de marge si la demande augmente encore.

Face aux alertes du terrain, l’État a décidé d’opérer un coup d’arrosage d’urgence et des doses supplémentaires seront débloquées depuis les stock stratégiques.

Côté vaccins, il faut noter que pour la saison 2025-2026 cinq vaccins trivalents sont disponibles, dont deux (Efluelda et Fluad) spécialement recommandés pour les personnes âgées, jugées plus vulnérables.

La campagne reste ouverte jusqu’au 31 janvier 2026. Cela laisse une fenêtre pour les retardataires, mais ce délai pourrait se resserrer si le virus circule tôt ou fortement. Aussi, les gestes barrières restent un complément essentiel, surtout si on craint une pénurie. Le vaccin n’est efficace que si on le combine à des gestes simples : lavage des mains, distance, aération, etc.

L’hiver 2024-2025 n’a pas été une saison comme les autres. L’épidémie a duré environ 12 semaines, avec un pic soutenu fin décembre à janvier, et s’est traduite par près de 3 millions de consultations en médecine de ville pour des syndromes grippaux. Du côté des hôpitaux, l’impact a été net. 29 000 hospitalisations après passage aux urgences pour grippe ou syndrome grippal ont été recensées.

La mortalité, elle aussi, a montré à quel point la saison a été sévère. Au plus fort du pic, la grippe représentait près de 7,3 % des décès certifiés électroniquement, un record depuis 2017. Parmi ces hospitalisations, 60 % concernaient des personnes âgées de 65 ans ou plus, un rappel que les populations vulnérables ont été les plus touchées.

À SAVOIR 

En France, durant les épisodes épidémiques, près de 70 % des adultes actifs touchés par la grippe s’absentent en moyenne près de cinq jours. Cet absentéisme représente environ 2 millions de journées de travail perdues lors des saisons les plus calmes, et jusqu’à 12 millions lors des vagues plus intenses. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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