Une femme enceinte qui fait la double vaccination grippe et Covid-19.
La couverture vaccinale antigrippale des femmes enceintes reste très insuffisante en France au regard de l’objectif de vaccination de 75%. © Adobe Stock

À partir du 14 octobre, la France lance sa nouvelle campagne de vaccination contre la grippe saisonnière et le Covid-19. Qui est concerné ? Pourquoi est-ce important ? Où et à quel prix se faire vacciner ? Le point.  

Chaque automne, la question revient : faut-il se faire vacciner contre la grippe et le Covid-19 ? En 2025, les autorités de santé confirment une campagne couplée pour protéger les plus fragiles face aux virus respiratoires.

Le 14 octobre 2025 marquera le coup d’envoi en métropole, aux Antilles et en Guyane. À Mayotte, la campagne a démarré plus tôt, dès le 9 septembre, en raison d’un calendrier épidémique différent. L’objectif de cette année est d’éviter une double épidémie qui saturerait les hôpitaux déjà sous tension. « Vacciner, c’est protéger individuellement mais aussi collectivement », rappelle le ministère de la Santé.

La vaccination n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée pour :

Au total, près de 20 millions de personnes sont ciblées chaque année par l’Assurance Maladie pour la vaccination antigrippale.

Deux vaccins, une seule piqûre ?

La réponse est oui. Depuis plusieurs saisons, les autorités de santé valident la possibilité de recevoir en une seule séance le vaccin contre la grippe et la dose de rappel contre le Covid-19. La Haute Autorité de Santé (HAS) a confirmé qu’il n’existait pas de risque supplémentaire lié à cette co-administration, qui peut même se faire dans le même bras.

Cette stratégie a un avantage évident : simplifier le parcours vaccinal et éviter que certains patients ne repoussent l’une des deux injections. Cette double vaccination réduit les obstacles logistiques et augmente la couverture vaccinale, un enjeu crucial pour la protection collective.

Où et comment se faire vacciner ?

Le dispositif repose sur un réseau élargi de professionnels de santé. Les pharmaciens, désormais pleinement impliqués, jouent un rôle central. Ils vaccinent sans rendez-vous, directement au comptoir ou dans un espace dédié. Les médecins traitants continuent d’assurer cette mission, tout comme les infirmiers libéraux, qui interviennent notamment auprès de personnes à mobilité réduite. Les sages-femmes vaccinent les femmes enceintes et certains étudiants en santé participent aussi, sous supervision, à cet effort collectif.

L’accessibilité a beaucoup évolué ces dernières années. Alors qu’autrefois, il fallait souvent passer par une consultation médicale préalable, aujourd’hui la vaccination est largement facilitée. C’est un changement majeur qui explique, selon l’Assurance Maladie, une progression régulière des taux de couverture, même si ceux-ci restent encore insuffisants pour atteindre les objectifs de santé publique.

Combien ça coûte ?

Pour les personnes considérées comme prioritaires, la vaccination contre la grippe est entièrement gratuite. Le vaccin est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sur présentation du bon de vaccination reçu par courrier ou téléchargeable dans l’espace Ameli. Les enfants de 2 à 17 ans sans comorbidité, lorsqu’ils sont invités à se faire vacciner, bénéficient quant à eux d’un remboursement à hauteur de 65 %.

En revanche, les adultes qui ne font pas partie des publics cibles ne bénéficient d’aucune prise en charge. Ils doivent acheter le vaccin directement en pharmacie, à un prix généralement situé autour de 10 euros, et financer eux-mêmes l’injection. À l’inverse, le vaccin contre le Covid-19 reste entièrement gratuit pour tous, quel que soit l’âge ou l’état de santé, conformément à la politique mise en place depuis le début de la pandémie.

La grippe et le Covid-19 sont loin d’être de simples “mauvaises grippes” ou “rhumes d’hiver”. Chaque saison, la grippe est responsable en France de 9 000 à 14 000 décès en moyenne. L’hiver 2024-2025 a même été marqué par une épidémie particulièrement sévère. Près de 29 000 hospitalisations après un passage aux urgences et environ 17 600 décès toutes causes confondues attribués à la grippe ont été enregistrés.

Quant au Covid-19, il continue de circuler et de provoquer des hospitalisations, en particulier chez les personnes âgées et fragiles. Les autorités sanitaires redoutent un “effet ciseau”, c’est-à-dire la combinaison de deux vagues épidémiques simultanées, qui mettrait à rude épreuve les services hospitaliers déjà sous pression.

Outre la grippe et le Covid-19, certains seniors se verront proposer le vaccin contre le pneumocoque, une bactérie responsable de pneumonies et septicémies graves. 

Une stratégie déjà testée dans plusieurs régions pilotes, notamment pour les plus de 75 ans.

À SAVOIR

Selon l’Assurance Maladie, la vaccination contre la grippe reste trop faible en France : à l’hiver 2023-2024, seuls 52 % des personnes ciblées (seniors et personnes à risque) se sont effectivement fait vacciner. L’objectif fixé par les autorités de santé est pourtant d’atteindre 75 % de couverture dans ces populations fragiles, seuil considéré comme nécessaire pour réduire significativement la mortalité et les hospitalisations.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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