Une femme en train de boire un verre et qui a soudainement un mauvais goût de fer dans la bouche.
Et vous, avez-vous déjà eu un goût de fer dans la bouche ? © Adobe Stock

Vous avez parfois l’impression que votre bouche a un goût de fer, ou que tout ce que vous mangez prend soudain une saveur métallique ? Ce désagrément, loin d’être rare, s’appelle la dysgueusie. Ce trouble du goût traduit une altération de la perception gustative qui peut survenir ponctuellement… ou s’installer plus durablement, au point de gâcher le plaisir de manger.

Un goût métallique ou un goût de fer dans la bouche fait partie des motifs de consultation les plus fréquents en ORL et en médecine générale. Ce symptôme, souvent attribué à tort à un simple “mauvais goût passager”, relève en réalité d’un trouble du goût appelé dysgueusie. C’est une modification de la perception gustative qui peut apparaître de manière brutale ou progressive.

Les données épidémiologiques disponibles montrent que les troubles du goût, souvent étudiés conjointement avec ceux de l’odorat, concernent une proportion non négligeable de la population adulte.

Il peut s’agir d’un effet secondaire médicamenteux, d’une pathologie ORL, d’un problème bucco-dentaire, d’une carence nutritionnelle ou encore d’un effet lié à certains traitements.

La dysgueusie est un trouble du goût qui correspond à une modification de la sensation gustative des aliments. En cas de dysgueusie, la personne ressent un goût parasite dans la bouche, parfois en permanence, parfois seulement en mangeant. 

Ce goût peut être amer, cartonné, rance, ou métallique (goût de fer). Les quatre saveurs fondamentales (sucré, salé, acide, amer) peuvent être altérées simultanément. Parfois, la dysgueusie apparaît « spontanément » (bouche vide), parfois uniquement lors des repas.

Dans les deux cas, elle peut :

  • diminuer l’appétit,
  • faire perdre le plaisir de manger,
  • entraîner à long terme perte de poids, dénutrition et impact psychologique (anxiété, isolement, frustration).

Hygiène bucco-dentaire, gencives & bouche sèche

Une mauvaise hygiène, des caries, des gingivites ou des infections de la bouche, voire des micro-saignements, peuvent provoquer un goût métallique, parfois assimilable à du « fer » ou du sang.

Autre coupable fréquent : la xérostomie (sécheresse buccale). Une salive insuffisante ou de mauvaise qualité perturbe le transport des molécules sapides vers les papilles gustatives et modifie la perception du goût. Cette sécheresse peut être liée :

Médicaments, traitements et « chimio-bouche »

De très nombreux médicaments peuvent affecter le goût :

Les manuels médicaux reconnaissent clairement ces effets secondaires comme cause de dysgueusie.

Côté cancer, les choses se corsent. La maladie elle-même, la chimiothérapie, et la radiothérapie (en particulier au niveau de la tête et du cou), perturbent fréquemment le goût et l’odorat. 

Des données récentes indiquent que plus de la moitié des patients sous chimiothérapie et jusqu’à 80–90 % des patients recevant une radiothérapie de la tête et du cou rapportent des troubles du goût ou de l’odorat.

Carences nutritionnelles (zinc, vitamines…)

Le bon fonctionnement des papilles gustatives dépend d’un équilibre nutritionnel correct. Une carence en zinc ou en certaines vitamines (B12, B9, B3, A, D) peut altérer la perception gustative.

En pratique, la carence en zinc est l’une des premières pistes explorées lorsqu’un patient se plaint d’une dysgueusie persistante, surtout en l’absence d’autre cause évidente.

Infections, sinusites, troubles ORL et maladies virales

L’odorat et le goût étant intimement liés, toute infection des voies aériennes supérieures peut perturber le goût :

  • rhume,
  • sinusite,
  • angine,
  • infections respiratoires virales (y compris certains virus récents bien connus…).

Dans ces situations, on observe souvent une perte de goût, un goût de fer dans la bouche ou une altération globale du plaisir alimentaire.

De même, une infection buccale (mycose, par exemple), une inflammation des muqueuses ou une stomatite peuvent générer un goût amer ou métallique.

Changements physiologiques : grossesse, hormones, vieillissement

Les modifications hormonales, comme celles de la grossesse, peuvent déclencher des goûts bizarres, dont un goût métallique parfois décrit dès le premier trimestre.

L’âge joue aussi :

  • le renouvellement des papilles gustatives ralentit,
  • la salive se modifie,
  • les traitements médicamenteux se multiplient.

Les troubles du goût deviennent plus fréquents chez les personnes âgées.

Troubles neurologiques, interventions chirurgicales, facteurs plus rares

Plus rarement, des affections du système nerveux (certaines maladies neurodégénératives, atteintes des nerfs crâniens impliqués dans le goût) ou des chirurgies de la tête et du cou peuvent endommager les voies nerveuses gustatives et provoquer une dysgueusie durable.

Des expositions à certains métaux lourds (mercure, plomb, etc.) ou à des substances toxiques peuvent également entraîner un goût métallique dans la bouche, mais ces cas restent rares et généralement identifiés dans un contexte professionnel ou accidentel particulier.

Un goût de fer dans la bouche épisodique, après un médicament, un repas un peu lourd, un rhume, n’a souvent rien de grave. Il suffit parfois de :

En revanche, il est conseillé de consulter si la sensation :

  • persiste plusieurs semaines d’affilée,
  • s’accompagne d’autres symptômes : fatigue inhabituelle, perte d’appétit, perte de poids, altération de l’odorat, douleurs buccales, saignements, sécheresse persistante,
  • apparaît après l’introduction d’un nouveau médicament ou d’un nouveau traitement,
  • ou interfère avec l’alimentation (on mange beaucoup moins, on “zappe” des repas).

En pratique, le parcours classique :

  1. Médecin généraliste ou dentiste pour un premier bilan (bouche, dents, médicaments, carences possibles).
  2. Si besoin, ORL pour un bilan plus poussé des fonctions olfactives et gustatives

Alors, si votre café du matin a soudain le goût d’une vieille pièce de monnaie, prenez le temps d’y réfléchir. Et si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé. 

À SAVOIR

Des travaux menés par le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders (NIDCD) montrent que les cellules gustatives de la langue se renouvellent en moyenne tous les 10 à 14 jours, à condition que l’environnement buccal soit sain.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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