Deux enfants qui sont des faux jumeaux.
Ces deux frères et sœurs partagent environ 50 % de leur ADN. Leur patrimoine génétique est donc comparable à celui de frères et sœurs nés à des années différentes, malgré leur naissance simultanée. ©prostooleh / Freepik

Les faux jumeaux représentent la majorité des grossesses gémellaires. Contrairement aux vrais jumeaux, issus du même ovule, ils proviennent de deux ovules fécondés au cours du même cycle. Comment se forment-ils et quels sont les risques d’une grossesse gémellaire ? Explications.

Chaque année, des millions de parents apprennent qu’ils attendent… deux bébés en simultané. Les grossesses gémellaires restent rares par rapport au nombre global de naissances, mais elles deviennent plus fréquentes : environ un enfant sur quarante-deux naît avec un jumeau, soit près de 1,6 million de paires chaque année.

Dans 70 % des cas, il s’agit de faux jumeaux, issus de deux ovules fécondés en même temps. C’est l’une des magies du corps humain : une future maman peut tout à fait libérer et voir féconder deux ovules au cours d’un même cycle. Deux embryons distincts se développent alors en parallèle dans l’utérus. C’est pour cela que l’on parle de faux jumeaux qui, contrairement aux vrais jumeaux issus d’un seul ovule fécondé puis divisé en deux, ne partagent pas le même patrimoine génétique.

La fréquence des faux jumeaux varie selon les régions et certains facteurs, comme l’âge de la mère ou les traitements de fertilité. Les taux sont élevés en Afrique de l’Ouest et plus faibles en Asie ou en Amérique du Sud.

Pour distinguer rapidement les faux jumeaux des vrais jumeaux, il existe quelques indices simples. Si les jumeaux sont un garçon et une fille, il n’y a aucun doute : il s’agit forcément de faux jumeaux. De la même manière, si deux jumeaux du même sexe présentent des différences visibles, comme une taille, un visage ou une couleur de cheveux différente, ils sont faux jumeaux et partagent simplement la même date de naissance.

À l’inverse, lorsque deux enfants se ressemblent presque parfaitement, au point que leur entourage a du mal à les distinguer, il s’agit de vrais jumeaux. Ces derniers partagent le même patrimoine génétique, le même groupe sanguin et ont donc forcément le même sexe. La seule différence concerne les empreintes digitales. Celles-ci se forment de manière aléatoire pendant la grossesse, en fonction des mouvements et des pressions dans l’utérus.

Contrairement aux vrais jumeaux, appelés jumeaux monozygotes, les faux jumeaux ne proviennent pas d’un même ovule. Les vrais jumeaux naissent d’un seul ovule fécondé par un spermatozoïde, qui se divise ensuite en deux lors des premiers jours du développement embryonnaire.

Les faux jumeaux, aussi appelés jumeaux dizygotes ou hétérozygotes, suivent un autre mécanisme. Lors d’une double ovulation, la femme libère deux ovules au cours du même cycle. Chacun est fécondé par un spermatozoïde différent. Deux embryons distincts se développent alors en parallèle.

Même s’ils peuvent se ressembler, leur génome (ensemble complet des informations inscrites dans l’ADN) n’est pas identique. Ils partagent environ 50 % de leurs gènes, comme un frère et une sœur nés à des moments différents.

Cette conception simultanée peut donner deux enfants du même sexe ou un garçon et une fille, mais chacun reste génétiquement unique.

Certaines femmes présentent une prédisposition héréditaire, transmise par la lignée maternelle, qui augmente le risque de libérer deux ovules au cours d’un même cycle. Des variations génétiques spécifiques peuvent augmenter la probabilité qu’une femme libère plusieurs ovules lors d’un même cycle menstruel.

Aujourd’hui, les grossesses gémellaires sont aussi plus fréquentes en raison de la procréation médicalement assistée (PMA). Les traitements contre l’infertilité, notamment la stimulation ovarienne, agissent sur des hormones comme la FSH et peuvent entraîner la libération de plusieurs ovules.

La fécondation in vitro (FIV) augmente également la probabilité d’obtenir plusieurs embryons. Lors du transfert dans l’utérus, plusieurs embryons peuvent être implantés pour maximiser les chances de grossesse. Cela accroît le risque de grossesse multiple, parfois jusqu’à des triplés.

En cas de grossesse triple, le gynécologue peut évoquer une réduction embryonnaire afin de limiter les complications maternelles pendant les es 28 premiers jours de vie d’un bébé après la naissance.

Malgré ces risques médicaux, la naissance de jumeaux en bonne santé demeure pour beaucoup de parents une grande joie.

Lorsqu’une femme attend des jumeaux, le début de grossesse peut être plus éprouvant. Le taux de l’hormone HCG augmente davantage que lors d’une grossesse unique. Cette hausse provoque souvent des nausées plus intenses dès le premier trimestre.

La future maman peut aussi ressentir une fatigue importante, une sensation de tension dans l’utérus et une prise de poids plus rapide. L’échographie permet de confirmer une grossesse gémellaire. L’obstétricien ou la sage-femme identifie alors la présence de deux embryons.

Chez les faux jumeaux, chacun possède son propre placenta (chorion) et sa propre poche amniotique (amnios), remplie de liquide amniotique. Chaque fœtus est relié à son propre cordon ombilical et évolue dans une cavité distincte.

Cette séparation par des membranes indépendantes limite certains risques. Elle réduit notamment la probabilité du syndrome transfuseur-transfusé, une complication où un jumeau transfère une partie de son sang à l’autre. Elle diminue aussi le risque d’anomalies rares, comme les jumeaux siamois ou le phénomène de jumeau parasite.

Il peut toutefois survenir un événement particulier : le syndrome du jumeau perdu. Dans ce cas, l’un des embryons cesse spontanément de se développer au cours de la grossesse. Cette situation fait partie des spécificités obstétricales liées aux grossesses multiples.

Une grossesse gémellaire sollicite davantage le corps maternel. Le risque d’hypertension et de diabète gestationnel augmente, et un retard de croissance peut affecter l’un des deux bébés. Ces situations imposent des échographies rapprochées. Les médecins surveillent attentivement le développement de chaque fœtus et recherchent d’éventuelles anomalies.

Le principal enjeu reste la prévention de la prématurité. Un accouchement avant 37 semaines d’aménorrhée, seuil qui définit une naissance prématurée, est fréquent dans les grossesses de jumeaux.

En fin de grossesse, des contractions précoces peuvent apparaître. Une hospitalisation ou un repos strict s’avèrent alors parfois nécessaires. Le congé maternité est généralement prolongé. La surveillance inclut aussi des séances régulières de monitoring afin de contrôler le rythme cardiaque des bébés.

Au moment de l’accouchement, la voie basse reste possible si les deux enfants sont bien positionnés. Toutefois, la césarienne est souvent privilégiée pour sécuriser la naissance. Après l’arrivée des bébés, qu’ils soient prématurés ou nés à terme, l’allaitement peut être envisagé. Il favorise le lien mère-enfant et soutient la santé néonatale.

Même lorsqu’ils disposent chacun de leur placenta, ces enfants peuvent se ressembler fortement. Pourtant, ils ne seront jamais identiques comme deux gouttes d’eau.

Attendre des jumeaux ne relève donc ni du mystère ni du pur hasard, mais d’un mécanisme physiologique précis : une double conception, une double évolution… et, dès les premiers instants de la vie, deux trajectoires génétiques distinctes.

À SAVOIR

De nombreuses célébrités ont la particularité d’avoir un faux jumeau. C’est le cas notamment de l’actrice américaine Scarlett Jоhanssоn, du chanteur Renaud ou encore des frères Bogdanoff.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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