Une femme enceinte souffrante qui soupçonne une grossesse extra-utérine.
La grossesse extra-utérine reste aujourd’hui une complication rare mais potentiellement grave du début de grossesse. © Freepik

Chaque année en France, plusieurs milliers de femmes découvrent que leur grossesse ne se développe pas dans l’utérus mais ailleurs, le plus souvent dans une trompe de Fallope. Appelée grossesse extra-utérine (GEU), cette situation médicale concerne environ 1 à 2 % des grossesses et peut entraîner des complications graves si elle n’est pas détectée rapidement. Quels sont les symptômes d’une grossesse extra-utérine et à partir de quand faut-il consulter ?

Dans une grossesse classique, l’ovule fécondé migre le long de la trompe de Fallope avant de s’implanter dans l’utérus. Mais il arrive que ce petit voyage s’interrompe trop tôt. 

L’embryon s’implante alors ailleurs, le plus souvent dans une trompe, plus rarement dans un ovaire, le col de l’utérus ou la cavité abdominale. On parle alors de grossesse extra-utérine. Les symptômes spécifiques apparaissent généralement entre la 6ᵉ et la 8ᵉ semaine de grossesse.

Selon l’Assurance maladie, cette situation concerne environ 1 à 2 % des grossesses en France. Si elle est aujourd’hui mieux diagnostiquée qu’autrefois, la GEU reste une urgence médicale potentielle. 

En effet, une grossesse dans la trompe ne peut pas évoluer normalement. La trompe de Fallope n’est pas conçue pour accueillir un embryon en croissance. Et une rupture de la trompe peut provoquer une hémorragie interne grave.

Douleur dans le bas-ventre : le signe le plus fréquent

Le symptôme le plus typique d’une GEU est la douleur abdominale ou pelvienne.

Elle se manifeste souvent dans le bas-ventre, parfois d’un seul côté. Certaines femmes décrivent une douleur vive du côté droit ou gauche, correspondant à la trompe concernée. Cette douleur de grossesse extra-utérine peut être :

  • persistante
  • brutale ou progressive
  • localisée d’un seul côté
  • aggravée par les mouvements

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), cette douleur est souvent le premier signe qui pousse à consulter.

Dans certains cas, la douleur peut irradier vers l’épaule. Cela peut paraître surprenant, mais c’est un signe possible d’hémorragie interne. Le sang qui s’accumule dans l’abdomen peut irriter le diaphragme et provoquer cette sensation.

Des saignements vaginaux inhabituels

Les saignements vaginaux ne ressemblent pas toujours à des règles classiques. Les femmes décrivent souvent :

  • des saignements légers mais persistants
  • des pertes brunâtres ou foncées
  • des saignements irréguliers

Selon l’Assurance maladie, ces saignements sont liés au fait que la muqueuse utérine réagit à la grossesse, même si l’embryon n’est pas dans l’utérus. Ce symptôme est fréquent mais non spécifique, car il peut aussi apparaître dans d’autres situations du début de grossesse.

Quand la situation devient une urgence

Dans certains cas, les symptômes deviennent plus inquiétants. Si la trompe de Fallope se rompt, les signes peuvent être très soudains. On parle alors de rupture de trompe de Fallope, une complication grave.

Les symptômes peuvent inclure :

  • une douleur abdominale intense et brutale
  • des vertiges
  • une pâleur
  • un malaise ou une perte de connaissance

Ces signes traduisent souvent une hémorragie interne, qui nécessite une prise en charge médicale urgente.

La rupture de trompe est l’une des principales causes de complications graves au début de la grossesse.

Face à ces symptômes, les médecins s’appuient sur deux examens principaux. Le premier est la prise de sang mesurant l’hormone bêta-hCG, produite pendant la grossesse.

Dans une grossesse normale, ce taux double généralement tous les deux jours. Dans une GEU, l’augmentation peut être plus lente ou irrégulière, ce qui alerte les médecins.

Le second examen clé est l’échographie pelvienne, souvent réalisée par voie vaginale.

Elle permet de vérifier si l’embryon est bien visible dans l’utérus. Si le taux de hCG est élevé mais qu’aucun sac gestationnel n’apparaît dans l’utérus, les médecins suspectent une implantation anormale de l’embryon.

Selon la Haute Autorité de santé (HAS), l’association de ces deux examens permet aujourd’hui un diagnostic de plus en plus précoce.

Dans certains cas, la grossesse extra-utérine survient sans cause identifiable. Mais plusieurs facteurs de risque sont connus.

Parmi les plus fréquents :

  • des infections des trompes, souvent liées à certaines infections sexuellement transmissibles
  • des antécédents de chirurgie des trompes
  • une ancienne grossesse extra-utérine
  • le tabagisme
  • certains traitements de fertilité

Selon l’Inserm, les infections pelviennes peuvent provoquer des cicatrices dans les trompes, ralentissant la migration de l’embryon.

Une grossesse extra-utérine ne peut pas être poursuivie. L’objectif du traitement est donc de stopper son développement et éviter les complications.

Deux options existent selon la situation.

  • Le traitement médicamenteux repose sur l’injection d’un médicament appelé méthotrexate. Il bloque le développement de l’embryon et permet à l’organisme de résorber la grossesse.
  • Lorsque la grossesse est plus avancée ou qu’il existe un risque de rupture, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

La chirurgie se fait le plus souvent par cœlioscopie, une technique mini-invasive qui permet d’intervenir à l’aide de petites incisions dans l’abdomen.

Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), la majorité des femmes peuvent effectivement retomber enceintes et mener une grossesse normale après une GEU. Toutefois, tout dépend de plusieurs éléments, notamment : 

  • l’état des trompes de Fallope, 
  • le traitement qui a été nécessaire
  • les éventuels facteurs de risque présents avant l’épisode.

Lorsque la grossesse extra-utérine a été traitée précocement (par exemple avec un médicament comme le méthotrexate) les trompes peuvent rester intactes. Dans ces situations, les chances de fertilité restent proches de celles observées chez les femmes n’ayant jamais eu de GEU.

À SAVOIR 

Après un traitement par méthotrexate, il est généralement recommandé d’attendre environ trois mois avant d’envisager une nouvelle grossesse. Ce délai permet à l’organisme d’éliminer totalement le médicament et de réduire les risques pour une future grossesse

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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