Une femme qui a les lèvres gercées comme chaque hiver.
Pour protéger vos lèvres cet hiver, sortez couvert ! © Freepik

Elles tiraillent, elles brûlent, elles pèlent… et elles nous gâchent parfois le moindre sourire. Mais pourquoi, chaque hiver, les lèvres se gercent ? Quels sont les bons réflexes pour l’éviter et surtout comment s’en débarrasser une fois les gerçures installées ? On fait le point. 

Dépourvues de glandes sébacées et sudoripares, les lèvres n’ont aucun film hydrolipidique pour conserver l’humidité. Un simple courant d’air, un chauffage trop sec, un coup de soleil en hiver et elles se transforment en papier de verre.

Cette fragilité explique pourquoi elles réagissent plus vite que le reste du visage aux agressions extérieures. Aussi, l’environnement, l’alimentation et l’hydratation influencent directement leur état. Et se lécher les lèvres est l’erreur numéro un, un geste trompeur qui les dessèche encore davantage.

Une peau trois fois plus fine que le reste du visage

Leur peau n’a tout simplement rien de comparable avec celle du reste du visage. Elle est trois fois plus fine, presque transparente, pauvre en mélanine. 

Et, contrairement au front ou aux joues, les lèvres ne possèdent ni glandes sébacées ni glandes sudoripares. Pas de sébum, pas de film hydrolipidique, pas de mécanisme naturel pour conserver l’humidité. 

Elles sont littéralement exposées à nu. Cette absence de protection les rend particulièrement sensibles aux variations de température, aux UV, au vent… bref, à tout ce que l’hiver (et parfois l’été) leur inflige.

Un environnement qui joue contre elles

Si nos lèvres se dessèchent si rapidement, c’est parce que le froid ralentit la micro-circulation, le vent accélère l’évaporation de l’eau, et l’air sec (qu’il soit dû au chauffage ou aux conditions extérieures) prive la peau de l’humidité ambiante dont elle a besoin pour rester souple.

Le trio froid + vent + sécheresse agit comme un papier de verre. Résultat, la barrière cutanée se fragilise, la peau fendille, et les gerçures peuvent apparaître en quelques heures, surtout si les lèvres étaient déjà sensibilisées.

Nos gestes du quotidien n’arrangent rien

À cela s’ajoutent nos petites habitudes :

  • Humecter ses lèvres avec la langue provoque l’effet inverse de celui recherché. La salive s’évapore vite… en emportant la maigre humidité qui restait.
  • Triturer une peau morte crée des micro-traumatismes et retarde la cicatrisation.
  • Les rouges à lèvres mats absorbent souvent l’humidité naturelle et assèchent la surface cutanée.

Boire trop peu, manquer de vitamines B ou d’acides gras essentiels affaiblit aussi la qualité de la peau, qui devient moins résistante aux agressions extérieures.

Quand les gerçures cachent un problème plus profond

Et puis, il y a les cas où les lèvres ne sont pas seulement sèches, elles sont inflam­mées. On parle alors de chéilite, un terme médical qui recouvre plusieurs réalités : irritation chronique, réaction allergique, dermatite de contact, voire infection.

Les commissures fissurées, et très douloureuses, peuvent être le signe d’une atteinte appelée chéilite angulaire, parfois liée à des carences vitaminiques (B2, B12, fer), à une salive stagnante, ou à une infection bactérienne ou fongique.

Les allergies, elles, se cachent parfois dans des produits que l’on utilise tous les jours :

  • un rouge à lèvres trop parfumé,
  • un dentifrice contenant des agents irritants,
  • un baume à lèvres mal toléré.

Dans ce type de situation, les remèdes maison ne suffisent pas. Il faut l’avis d’un dermatologue pour identifier la cause, adapter les soins et éviter que la situation ne s’aggrave.

Reconstruire la barrière cutanée : la base de tout

Face à une lèvre qui tiraille ou se fendille, la tentation est parfois d’attendre que « ça passe ». Mauvaise idée. La première urgence, c’est de restaurer la barrière cutanée, cette fine enveloppe protectrice qui retient l’hydratation. Et pour cela, il n’y a pas de secret, il faut un baume à lèvres réparateur, appliqué plusieurs fois par jour, et pas seulement quand ça pique.

Les experts recommandent de privilégier les formules riches, pensées pour nourrir en profondeur avec :

Un bon baume n’est pas un « gloss de confort ». C’est un traitement qui limite l’évaporation de l’eau, assouplit les crevasses et accélère la cicatrisation. La différence se voit dès les premières applications, à condition d’être régulier.

Éviter les ingrédients qui abîment plus qu’ils ne soignent

Attention aux pièges du rayon cosmétique. Tous les sticks ne se valent pas. Certains contiennent des substances qui donnent une sensation d’« effet frais »… mais irritent terriblement les lèvres. Le menthol, le camphre, le phénol, l’alcool ou encore certains parfums sont connus pour provoquer une déshydratation accrue.

Bien qu’ils procurent un soulagement immédiat, ils masquent une aggravation de la sécheresse. On applique plus souvent, on pense hydrater… alors qu’on entretient un cercle vicieux. Pour des lèvres gercées, mieux vaut privilégier des formules simples, neutres, efficaces, sans artifices sensoriels.

Gerçures : prévenir au lieu de guérir

Les lèvres sont fragiles, certes, mais elles sont aussi prévisibles. En hiver ou en cas d’air sec, des gestes simples peuvent éviter bien des fissures. Boire suffisamment, consommer des vitamines du groupe B, du zinc et des acides gras essentiels contribue à renforcer l’état de la peau et donc de vos lèvres.

Il faut mettre l’accent sur la protection mécanique :

  • un baume SPF, même en plein mois de janvier ;
  • éviter de sortir sans protéger ses lèvres lors de journées venteuses ;
  • maintenir une humidité correcte dans les intérieurs chauffés pour réduire le dessèchement de l’air.

La nuit : le moment le plus efficace pour réparer les lèvres gercées

Pendant le sommeil, la peau entre en phase de régénération active. Appliquer une couche épaisse de baume réparateur avant de dormir agit comme un pansement occlusif. Il retient l’humidité, apaise l’inflammation et favorise une cicatrisation accélérée.

Pour beaucoup, quelques nuits suffisent pour retrouver des lèvres plus souples et moins douloureuses.

Tout ne peut pas se résoudre avec un simple stick. Certaines situations doivent alerter : 

  • des lèvres qui saignent, 
  • qui restent gercées plus d’une semaine, 
  • qui présentent des rougeurs persistantes, 
  • un suintement, 
  • des fissures profondes aux commissures,  

Ces signaux peuvent révéler une chéilite, une infection, ou parfois une carence.

Dans ces cas, un dermatologue pourra identifier la cause réelle et proposer un traitement adapté : antifongique, anti-inflammatoire ou réparateur intensif. Il ne faut pas laisser traîner, une lésion non soignée peut devenir chronique.

À SAVOIR 

Selon les dermatologues du Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV), une partie des chéilites chroniques est liée à une dermatite de contact allergique. Les responsables les plus fréquents sont les cosmétiques pour les lèvres (baumes parfumés, rouges à lèvres), certains dentifrices et les produits d’hygiène bucco-dentaire.

Un patch-test réalisé en dermatologie permet d’identifier l’allergène en cause et d’améliorer rapidement les symptômes.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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