Grоs plan sur la bоuche оuverte d'un chat, dévоilant ses dents et ses gencives, des оrganes très sensibles pоur l'hygiène buccо-dentaire de l'animal․
Mauvaise haleine, tartre, gencives rоuges․․․ Que ce sоit chez le chat оu le chien, les prоblèmes buccо-dentaires sоnt cоurants et peuvent entraîner des dоuleurs impоrtantes si оn ne les traite pas․ ©wirestock

Mauvaise haleine, tartre visible, gencives rouges… Chez le chien comme chez le chat, la santé bucco-dentaire est encore trop souvent négligée, alors qu’elle peut impacter l’ensemble de l’organisme.
De la simple plaque bactérienne aux infections plus profondes, comment ces troubles évoluent-ils et à quel moment faut-il s’inquiéter ? Explications.

Nos animaux domestiques sont confrontés aux mêmes problématiques bucco-dentaires que nous, leurs maîtres ! Après chaque repas, des restes alimentaires et des bactéries se déposent en effet à la surface des dents. Cette accumulation forme une plaque bactérienne, un film collant qui adhère à l’émail de l’animal.

Si elle n’est pas éliminée, elle peut évoluer vers des troubles plus sérieux. La maladie parodontale fait partie des pathologies les plus fréquentes chez les animaux de compagnie. Elle touche plus de 80 % des chiens et 70 % des chats dès l’âge de trois ans. Comme chez l’humain, la santé de la bouche est directement liée à celle du reste du corps.

Après chaque repas, un film de bactéries se dépose sur les dents : c’est la plaque dentaire. Lorsqu’elle n’est pas éliminée, elle se solidifie progressivement au contact de la salive et forme du tartre, beaucoup plus difficile à retirer.

Ce tartre s’accumule principalement au niveau des gencives, créant un terrain favorable à la prolifération bactérienne. Ces micro-organismes libèrent alors des substances irritantes qui déclenchent une inflammation : la gingivite.

Au début, les gencives deviennent rouges et sensibles, avec parfois de légers saignements. Sans prise en charge, l’inflammation s’étend aux structures plus profondes 

Le signal le plus fréquent reste la mauvaise haleine (halitose), souvent banalisée à tort. Une odeur forte et persistante n’est jamais normale chez un chien ou un chat.

D’autres signes doivent alerter : une gêne à la mastication, une diminution de l’appétit, ou le fait de manger d’un seul côté. Certains animaux bavent davantage ou laissent tomber leur nourriture.

Visuellement, les dents peuvent jaunir ou présenter des dépôts, tandis que les gencives deviennent rouges, gonflées ou saignent. À un stade avancé, les dents peuvent se déchausser.

Toutes les affections de la bouche ne présentent pas le même niveau de gravité. Voici comment les classer pour mieux comprendre l’urgence d’une consultation :

Niveau 1 (réversible) : la gingivite correspond à une inflammation superficielle. Un détartrage permet généralement de retrouver une situation normale.

Niveau 2 (atteinte avancée) : la maladie parodontale s’installe lorsque l’infection atteint l’os de la mâchoire. Les dents deviennent instables. Chez le chat, une pathologie fréquente appelée résorption dentaire détruit la dent de l’intérieur, provoquant des douleurs importantes. L’extraction est souvent nécessaire.

Niveau 3 (urgence sévère) : des complications comme l’abcès dentaire ou la stomatite apparaissent. Un abcès forme une poche de pus sous la dent, avec un gonflement parfois visible sur le visage. La gingivo-stomatite chronique du chat entraîne une inflammation intense et douloureuse de toute la bouche.

Niveau 4 (urgence majeure) : plus rarement, des tumeurs buccales peuvent se développer. Une masse anormale ou une déformation de la mâchoire impose une consultation rapide.

Les infections buccales ne restent pas localisées. Les bactéries peuvent passer dans la circulation sanguine et atteindre des organes comme le cœur, les reins ou le foie.

Au-delà des complications médicales, la douleur altère le comportement de l’animal : baisse d’appétit, fatigue, irritabilité. Chez les plus fragiles, l’impact sur l’état général peut être important.

Le brossage des dents reste la méthode la plus efficace pour limiter la formation de plaque. Il doit être réalisé avec du matériel adapté, car les animaux ne peuvent pas se rincer la bouche. Une fréquence de deux à trois fois par semaine permet déjà de réduire significativement les dépôts.

L’alimentation peut également contribuer à l’entretien des dents. Certaines croquettes ont une texture qui favorise un nettoyage mécanique lors de la mastication, sans toutefois remplacer le brossage.

Lorsque le tartre est déjà installé, un détartrage chez le vétérinaire devient indispensable. Il peut être complété par des examens, comme une radiographie, pour détecter d’éventuelles lésions invisibles.

Prendre soin de la bouche de son chien ou de son chat, ce n’est pas seulement une question d’esthétique. Cela impacte directement sa santé et son bien-être. Une haleine normale, des gencives saines et une mastication sans douleur sont de bons indicateurs.

À SAVOIR

En 2016, dans le Michigan, l’histoire de Wesley, un chiot Golden Retriever de six mois, attire l’attention des médias. L’animal apparaît avec un appareil dentaire complet, une image insolite largement relayée sur les réseaux sociaux. À l’origine, une urgence médicale. Lors de la perte de ses dents de lait, le chiot développe une malocclusion sévère : ses dents définitives poussent de manière anarchique, l’empêchant de fermer correctement la mâchoire. La situation entraîne douleurs, difficultés à s’alimenter et perte de poids. Pour corriger ce trouble, le vétérinaire Jim Moore, spécialiste en dentisterie animale et proche de la propriétaire, met en place un traitement inhabituel mais reconnu : la pose d’un appareil orthodontique destiné à réaligner progressivement les dents. L’intervention s’avère rapide et efficace. Grâce à la croissance accélérée de la mâchoire chez le chiot, le dispositif n’est porté que quelques semaines. Une fois retiré, la dentition est corrigée et l’animal retrouve une vie normale.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentPourquoi a-t-on peur de vieillir ?
Article suivantCalvitie : la greffe de cheveux est-elle une solution fiable et efficace ?
Avatar photo
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici