Un homme dort mieux depuis qu’il a adopté des astuces pour calmer ses allergies au pollen.
Le rhume des foins, lié à une allergie au pollen, peut fortement perturber le sommeil en raison des éternuements, du nez bouché, des démangeaisons et des yeux qui pleurent. © Freepik

Nez bouché, yeux qui piquent, éternuements en rafale… Au printemps et en été, le rhume des foins perturbe les journées… et souvent les nuits. Alors, en ce début de printemps, comment retrouver un bon sommeil malgré les allergies ? 

Chaque année, dès les premiers beaux jours, les pollens refont surface, et avec eux, leur cortège de symptômes allergiques. Le rhume des foins, ou rhinite allergique saisonnière, touche près de 20 à 30 % de la population française, selon l’Assurance Maladie. Un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs décennies.

Nez qui coule, éternuements à répétition, démangeaisons… Les symptômes sont bien identifiés et pourtant, leurs répercussions sur les nuits restent souvent reléguées au second plan. Car lorsque le nez se bouche au moment du coucher, le sommeil se fragilise. Les réveils se multiplient, la fatigue s’installe, la concentration diminue et l’irritabilité s’invite. Un engrenage qui se met en marche dès les premiers pics de pollens.

La nuit, tout se complique. Une fois allongé, le nez a tendance à se boucher davantage. Les sécrétions stagnent, la respiration devient moins fluide et le sommeil perd en continuité. Sans forcément s’en rendre compte, on enchaîne les micro-réveils, et la nuit n’est plus vraiment réparatrice.

À cela s’ajoute un mécanisme inflammatoire propre à l’allergie, qui ne se limite pas aux voies respiratoires. Selon l’Inserm, cette inflammation modifie la production de certaines cytokines, des molécules du système immunitaire impliquées dans la régulation du sommeil. Ce déséquilibre peut altérer la qualité des cycles de repos.

Aérer… mais pas n’importe quand

On pourrait croire que faire entrer de l’air frais avant de dormir est toujours une bonne idée. En période d’allergies, c’est un peu plus subtil. Car ouvrir sa fenêtre au mauvais moment revient parfois à inviter les pollens directement dans la chambre.

Selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), les concentrations de pollens sont généralement plus élevées en milieu de journée et en début de soirée. À l’inverse, elles diminuent tôt le matin et après la pluie.

L’idée n’est donc pas d’aérer moins, mais d’aérer mieux :

  • privilégier une aération courte mais efficace tôt le matin (avant 9 h),
  • ou en soirée tardive, quand l’air est retombé,
  • éviter surtout de laisser les fenêtres ouvertes en continu, notamment au printemps.

Se débarrasser des pollens avant de se coucher

Toute la journée, les pollens s’accumulent. Sur la peau, dans les cheveux, sur les vêtements… Au moment de se coucher, on ne les voit pas, mais ils sont bien là. Et une fois dans le lit, ils continuent leur travail d’irritation, au plus près des voies respiratoires.

Autrement dit, on ne dort pas seulement avec une allergie. On dort aussi dans les allergènes.

Alors, pour mieux dormir, il faut :

  • passer sous la douche le soir, plutôt que le matin, pour éliminer les pollens accumulés sur la peau et surtout dans les cheveux.
  • changer de vêtements en rentrant, afin d’éviter de disséminer les allergènes dans la chambre.
  • garder les vêtements portés à l’extérieur hors de la chambre, un détail souvent négligé.
  • éviter de faire sécher le linge dehors, car les fibres textiles captent facilement les pollens en suspension.

Une chambre “anti-allergies”

Les pollens s’installent dans les textiles, les fibres, les recoins. Et plus l’environnement en retient, plus l’exposition se prolonge pendant le sommeil.

Il faut donc réduire au maximum la présence d’allergènes dans la chambre est l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer les nuits.

Concrètement  :

  • Aspirer régulièrement, avec un appareil équipé d’un filtre HEPA (filtre à haute efficacité pour les particules), capable de retenir les particules fines
  • Laver les draps chaque semaine à 60 °C, pour éliminer efficacement pollens et acariens
  • Alléger la pièce en textiles, en limitant tapis, rideaux épais et peluches, véritables réservoirs à allergènes

Les purificateurs d’air peuvent aider, mais leur efficacité varie selon les modèles. Ils ne remplacent pas les gestes essentiels comme le nettoyage ou l’aération adaptée.

Soulager le nez pour mieux dormir

Difficulté à respirer, réveils à répétition, fatigue au réveil… Tout part du nez. L’objectif est donc d’avoir les voies respiratoires dégagées avant d’aller se coucher.

Plusieurs solutions, recommandées par les autorités de santé, permettent d’y parvenir :

  • Les lavages de nez au sérum physiologique : à faire le soir, ils éliminent les pollens accumulés dans la journée et facilitent la respiration (HAS).
  • Les antihistaminiques : ils réduisent les symptômes allergiques. Certains peuvent légèrement faire somnoler, un effet parfois utile le soir, mais à adapter avec un professionnel de santé.
  • Les corticoïdes nasaux : en cas de symptômes persistants, ils diminuent l’inflammation des muqueuses, principale cause de la congestion.

Selon l’Assurance Maladie, ces traitements sont les plus efficaces pour contrôler la rhinite allergique, à condition d’être utilisés régulièrement.

À SAVOIR 

Les orages peuvent aggraver les allergies. Selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), ils fragmentent les pollens en particules plus fines, qui pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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