Un hоmme présentant une asymétrie faciale avec une difficulté à mоbiliser la bоuche, suspectant des symptômes pоssibles d'une paralysie du nerf facial․
Au cоurs de la vie, la littérature scientifique internatiоnale (NCBI / PubMed) estime qu'envirоn une persоnne sur 65 cоnnaîtra un épisоde de paralysie faciale. ©cookie_studio / Freepik

Paralysie d’un cĂ´tĂ© du visage, difficultĂ© Ă  sĐľurire, Ĺ“il qui ne se ferme plus cĐľrrectement․․․ La paralysie faciale entraĂ®ne sĐľudainement un affaissement des muscles du visage et peut parfĐľis rĂ©vĂ©ler une atteinte du nerf facial, une infectiĐľn virale Đľu mĂŞme un AVC․ CĐľmment recĐľnnaĂ®tre les premiers symptĂ´mes ? Quelles sĐľnt les causes les plus frĂ©quentes ? Peut-Đľn rĂ©cupĂ©rer nĐľrmalement après une paralysie faciale ? ExplicatiĐľns․

La paralysie faciale provoque brutalement un affaissement d’un cĂ´tĂ© du visage, avec des difficultĂ©s Ă  sourire, fermer l’œil ou bouger la bouche. Lorsqu’un visage s’affaisse soudainement, la première crainte est souvent celle d’un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral. 

En effet, l’asymĂ©trie faciale est l’un des signaux d’alerte majeurs d’un AVC nĂ©cessitant une Ă©valuation mĂ©dicale immĂ©diate. La forme la plus frĂ©quente, appelĂ©e paralysie de Bell, survient souvent après une infection virale ou une inflammation du nerf facial.

Ce nerf contrôle les mouvements du visage, mais aussi certaines fonctions comme le goût, les larmes ou la salive. Lorsqu’il est inflammé ou comprimé, les muscles du visage répondent mal. Malgré l’inquiétude que provoque cette maladie, la majorité des patients récupèrent progressivement avec une prise en charge rapide.

La paralysie faciale correspond à une perte partielle ou complète de la motricité des muscles d’un côté du visage. Dans la majorité des cas, une seule moitié du visage est touchée.

Il existe deux grandes formes :

  • la paralysie faciale pĂ©riphĂ©rique, lorsque le nerf facial est atteint en dehors du cerveau ;
  • la paralysie faciale centrale, lorsqu’une zone du cerveau est touchĂ©e, notamment lors d’un AVC.

Dans la paralysie faciale périphérique, le visage paraît souvent affaissé du front jusqu’à la bouche. Les rides du front disparaissent, la paupière se ferme difficilement et la bouche se dévie vers le côté sain. Certaines personnes décrivent un visage “figé” ou “endormi”.

Dans la paralysie faciale centrale, le front reste souvent mobile car certaines commandes nerveuses continuent de fonctionner. En revanche, cette forme s’accompagne fréquemment d’autres signes neurologiques comme une faiblesse du bras, des troubles de la parole ou une paralysie d’un côté du corps.

Le nerf facial ne contrôle pas seulement les expressions du visage. Il intervient aussi dans la protection des yeux, le goût et certaines fonctions auditives. Lorsqu’il est atteint, les difficultés peuvent toucher plusieurs gestes du quotidien : parler, manger, boire, sourire ou fermer correctement les yeux.

La paralysie faciale apparaît souvent brutalement, parfois en quelques heures seulement. Le signe le plus visible est une asymétrie du visage : en souriant, un côté bouge normalement tandis que l’autre reste figé. Le coin de la bouche peut s’affaisser et entraîner un léger écoulement de salive.

L’œil du côté atteint se ferme difficilement. Cette mauvaise fermeture peut provoquer une sécheresse importante des yeux, des irritations et parfois des lésions de la cornée. Certaines personnes doivent même fermer leur paupière avec les doigts pendant le sommeil pour protéger l’œil.

Le front aide les médecins à différencier une paralysie faciale périphérique d’un AVC. Dans la forme périphérique, il devient impossible de froncer les sourcils ou de former les rides du front du côté paralysé.

D’autres symptômes peuvent aussi apparaître : douleurs derrière l’oreille, troubles du goût, gêne auditive, hypersensibilité aux sons, sensation de lourdeur ou tiraillement du visage.

Dans certains cas, notamment lors d’un zona auriculaire ou d’un syndrome de Ramsay Hunt, de petites cloques douloureuses peuvent apparaître dans ou autour de l’oreille.

Dans près de 75 % des cas, aucune cause prĂ©cise n’est retrouvĂ©e. Les mĂ©decins parlent alors de paralysie faciale idiopathique, aussi appelĂ©e paralysie faciale a frigore ou paralysie de Bell. Cette forme reprĂ©sente environ 72 % des paralysies faciales pĂ©riphĂ©riques et touche aussi bien les hommes que les femmes, surtout autour de 40 ans.

Les médecins pensent qu’elle pourrait être liée à la réactivation d’un virus du groupe des herpès, notamment celui responsable de l’herpès labial. Le virus provoquerait une inflammation brutale du nerf facial dans une zone osseuse étroite située derrière l’oreille. Le nerf se retrouve alors comprimé, ce qui perturbe les messages nerveux vers les muscles du visage.

D’autres causes plus rares peuvent également expliquer une paralysie faciale périphérique :

  • un traumatisme, comme une fracture de la base du crâne, une blessure près de la glande parotide ou certaines chirurgies de l’oreille ;
  • certaines infections, notamment le zona de l’oreille, des otites, la maladie de Lyme après une morsure de tique, ou plus rarement le VIH ;
  • des tumeurs bĂ©nignes ou cancĂ©reuses comprimant le nerf facial ;
  • certaines maladies neurologiques ou inflammatoires comme le diabète, la sclĂ©rose en plaques, le syndrome de Guillain-BarrĂ© ou la sarcoĂŻdose.

Chez le nouveau-né, un accouchement difficile peut aussi exceptionnellement provoquer une atteinte du nerf facial.

Le diagnostic d’une paralysie faciale repose d’abord sur un examen clinique précis. Le médecin demande au patient de sourire, lever les sourcils, gonfler les joues ou fermer les yeux afin d’évaluer la motricité faciale et l’importance de la paralysie.

L’analyse du front est un élément clé. Dans une paralysie faciale périphérique, le front est aussi touché : il devient impossible de froncer les sourcils ou de former les rides du côté paralysé. À l’inverse, lors d’un AVC ou d’une atteinte cérébrale, le front reste souvent mobile.

Le médecin recherche également d’autres signes neurologiques ou ORL pouvant orienter vers une cause précise. L’examen des oreilles, des yeux et de la bouche peut révéler une infection, un zona ou une inflammation.

Selon le contexte, des examens complémentaires peuvent être réalisés : IRM cérébrale, scanner, analyses sanguines ou examens ORL. Ils permettent de rechercher une infection, une inflammation, une tumeur comprimant le nerf facial ou une maladie neurologique plus grave. En cas de suspicion de maladie de Lyme, une sérologie spécifique peut être prescrite.

Dans certaines situations complexes, des examens électrophysiologiques peuvent aussi être utilisés pour mesurer l’activité du nerf facial et évaluer la gravité de l’atteinte nerveuse.

ĂŠtre pris en charge rapidement 

Le traitement de la paralysie faciale vise à réduire les symptômes, accélérer la récupération du nerf facial et éviter les complications, surtout au niveau de l’œil. Les médecins rappellent qu’une paralysie faciale brutale (soudaine) doit conduire à consulter rapidement. Plus le traitement est commencé tôt, idéalement dans les 72 premières heures, meilleures sont les chances de récupération.

Des traitements pour réduire l’inflammation

Dans la paralysie de Bell idiopathique (sans cause clairement identifiée), une corticothérapie orale (traitement à base de corticoïdes) est généralement prescrite pendant 7 à 10 jours afin de diminuer l’inflammation du nerf facial. Des antiviraux comme le valaciclovir ou l’aciclovir peuvent parfois être ajoutés lorsqu’une origine herpétique (liée au virus de l’herpès) est suspectée.

Dans la majorité des cas, les premiers signes d’amélioration apparaissent après une à deux semaines et la guérison survient souvent en moins de deux mois.

ProtĂ©ger son oeil 

Lorsque la paupière ne se ferme plus correctement, l’œil devient fragile. Des larmes artificielles, gels ophtalmiques (produits hydratants pour l’œil), pommades ou pansements nocturnes sont souvent nécessaires afin d’éviter une kératite (inflammation de la cornée) ou des lésions oculaires.

Dans les formes sĂ©vères, une intervention appelĂ©e tarsorraphie (intervention chirurgicale ophtalmologique qui consiste Ă  coudre (suturer) ensemble le bord des paupières supĂ©rieure et infĂ©rieure d’un Ĺ“il), peut ĂŞtre rĂ©alisĂ©e afin de rapprocher partiellement les paupières et protĂ©ger l’œil.

Rééduquer son visage 

La rééducation faciale joue un rôle important dans la récupération. Les séances de kinésithérapie, les massages et les exercices devant un miroir permettent de stimuler les muscles du visage et favoriser la récupération nerveuse.

Lorsque la paralysie est liée à une autre maladie, le traitement dépend directement de la cause : antibiotiques dans la maladie de Lyme, antiviraux en cas de zona ou chirurgie en cas de tumeur ou de traumatisme.

Des séquelles parfois persistantes

Dans environ 5 à 10 % des cas, certaines séquelles (conséquences persistantes) peuvent rester présentes. Des mouvements involontaires appelés syncinésies peuvent apparaître. Par exemple, gonfler la joue peut entraîner involontairement la fermeture de l’œil.

Certaines personnes développent aussi un hémispasme facial post-paralytique, correspondant à des contractions répétées des muscles du visage. Des injections de toxine botulique peuvent alors être proposées afin de diminuer l’hyperactivité musculaire.

Plus rarement, un syndrome des “larmes de crocodile” peut apparaître : des larmes surviennent involontairement pendant les repas à cause d’une mauvaise récupération nerveuse.

Des examens et, dans certains cas, un recĐľurs Ă  la chirurgie

Si la paralysie reste sévère plusieurs semaines après le début des symptômes, un électroneuromyogramme (examen étudiant l’activité des nerfs et des muscles) peut être réalisé afin d’évaluer l’atteinte nerveuse.

Enfin, lorsqu’une déformation persistante du visage entraîne un retentissement psychologique (impact sur le moral) ou social important, une chirurgie réparatrice ou esthétique peut parfois être envisagée.

Un suivi médical régulier reste essentiel pour surveiller l’évolution de la paralysie faciale et limiter les séquelles.

Au quotidien, cette atteinte peut rendre difficiles des gestes simples comme manger, boire, parler ou avaler. Certaines personnes présentent des morsures involontaires de la joue, des écoulements de salive ou des fausses routes alimentaires. L’entourage joue souvent un rôle important pour accompagner et rassurer le patient.

Chez certains patients, des séquelles persistent malgré la récupération du nerf facial. Une rééducation prolongée peut alors être nécessaire.

Dans les formes les plus sévères, des chirurgies de réinnervation peuvent être réalisées afin de reconnecter les nerfs, grâce à une greffe nerveuse, une suture ou un raccordement avec un autre nerf sain. D’autres interventions permettent parfois d’améliorer la symétrie du visage, notamment au niveau des paupières ou de la bouche.

Enfin, lorsque des contractions musculaires involontaires persistent après la guérison, des injections de toxine botulique peuvent être utilisées pour réduire l’hyperactivité de certains muscles du visage.

Une paralysie faciale brutale doit toujours conduire à consulter rapidement. Même si la cause est souvent bénigne, il est essentiel d’écarter un AVC ou une atteinte neurologique sévère.

Une prise en charge en urgence est particulièrement nécessaire en cas de troubles de la parole, difficultés à marcher, perte de sensibilité, forte douleur, fièvre importante, baisse de l’audition ou traumatisme crânien récent.

Les médecins rappellent qu’un traitement commencé précocement améliore nettement les chances de récupération du nerf facial.

Ă€ SAVOIR

En 1946, lors de sa naissance Ă  New York, Sylvester Stallone subit une complication obstĂ©tricale ayant entraĂ®nĂ© une atteinte partielle du nerf facial. Pour faciliter l’accouchement, les mĂ©decins utilisent des forceps. Au cours de la manĹ“uvre, une compression du nerf facial gauche provoque une paralysie partielle touchant notamment une partie de la lèvre infĂ©rieure, du menton et de la langue. Cette atteinte neurologique explique l’asymĂ©trie caractĂ©ristique de son visage ainsi que son Ă©locution particulière, devenues au fil du temps des Ă©lĂ©ments emblĂ©matiques de son image publique et de personnages comme Rocky Balboa. Ce cas est souvent citĂ© pour illustrer la vulnĂ©rabilitĂ© du nerf facial Ă  sa sortie du crâne, notamment lors de traumatismes ou de complications obstĂ©tricales.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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