
Une douleur brutale et très intense dans le bas du dos, parfois accompagnée de nausées ? Une envie fréquente d’uriner ? Du sang dans les urines ? Ces symptômes sont ceux de la colique néphrétique, provoquée par un calcul rénal qui bloque l’écoulement de l’urine dans les voies urinaires et qui se caractérise par des crises très difficiles à supporter. Quelles sont les causes et les facteurs d’une colique néphrétique ? Pourquoi fait-elle si mal ? Comment établir le diagnostic et traiter le problème, pour soulager la douleur ? Le point.
Les calculs rénaux, responsables de la majorité des coliques néphrétiques, frappent chaque année des millions de personnes (lire à savoir). Toutes les victimes témoignent de douleurs difficilement supportables, parmi les pires qui soient, et d’une expérience particulièrement pénible.
Les calculs rénaux se forment lorsque certains sels minéraux présents dans l’urine, comme le calcium, l’oxalate ou l’acide urique, se cristallisent et s’agrègent pour former de petits dépôts solides dans les reins.
La plupart de ces calculs urinaires ne mesurent que quelques millimètres, ce qui facilite leur évacuation naturelle dans les urines. Mais lorsqu’un calcul plus important quitte le rein et se bloque dans l’uretère, le conduit qui relie le rein à la vessie, l’écoulement de l’urine devient difficile.
Cette obstruction entraîne une augmentation brutale de la pression dans les voies urinaires, ce qui provoque cette douleur très intense, appelée colique néphrétique.
Pourquoi un calcul rénal provoque une douleur aussi intense ?
Contrairement aux douleurs lombaires d’origine musculaire ou vertébrale, la douleur rénale apparaît souvent de manière soudaine et profonde. Elle se situe généralement dans la région des fosses lombaires, sous les côtes, et peut irradier vers l’abdomen, le bas du ventre ou les organes génitaux.
Cette douleur est souvent décrite comme violente et difficile à calmer. Contrairement à un lumbago, aucune position ne parvient réellement à soulager le patient, qui peut ressentir un besoin constant de bouger pour tenter d’atténuer la crise.
Ce phénomène s’explique par le blocage du calcul dans l’uretère (canaux entre les reins et la vessie, à ne pas confondre avec l’urètre, canal reliant la vessie à l’extérieur du corps). Les reins continuent de produire de l’urine, qui s’accumule derrière l’obstacle et provoque une mise sous tension des cavités rénales et des voies urinaires. Cette tension stimule les fibres nerveuses qui entourent le rein et déclenche la douleur caractéristique de la colique néphrétique.
Cоmme le détaillent les experts des Hоspices Civils de Lyоn, la dоuleur survient lоrsque le calcul оbstrue l’uretère : l’urine cоntinue d’être prоduite par le rein, ce qui fait augmenter la pressiоn et prоvоque la crise de cоlique néphrétique․
Colique néphrétique : les symptômes qui peuvent accompagner la douleur
La douleur de la colique néphrétique évolue souvent par vagues, en raison des contractions de l’uretère qui tente d’expulser le calcul.
Elle peut s’accompagner de plusieurs symptômes :
- nausées et vomissements, fréquents lors des crises douloureuses
- agitation importante, le patient ne parvenant pas à trouver de position confortable
- brûlures urinaires lors de la miction
- présence de sang dans les urines, appelée hématurie, parfois visible sous forme d’urines rosées ou foncées
Dans certains cas, une évaluation médicale rapide est nécessaire afin d’identifier la cause de l’obstruction et d’éviter des complications.
Échographie, scanner : les examens pour visualiser un calcul rénal
Pour confirmer le diagnostic, les médecins utilisent des examens d’imagerie médicale, notamment l’échographie ou le scanner. Ces examens permettent de visualiser les calculs rénaux et de détecter une éventuelle dilatation des voies urinaires, provoquée par l’accumulation d’urine derrière l’obstacle.
Une analyse d’urine peut également révéler la présence de globules rouges, de cristaux ou d’une infection urinaire.
Une prise de sang est parfois réalisée afin d’évaluer la fonction rénale, notamment en mesurant les taux de créatinine et d’urée. Ces examens permettent aussi d’écarter d’autres pathologies pouvant provoquer des douleurs similaires, comme une infection rénale ou certaines anomalies des voies urinaires.
Les médicaments utilisés pour soulager une colique néphrétique
La prise en charge d’une colique néphrétique aiguë vise d’abord à  calmer la douleur. Les médecins prescrivent généralement des anti-inflammatoires, très efficaces pour réduire l’inflammation autour du calcul, parfois associés à des antalgiques puissants.
Dans certaines situations, les médicaments peuvent être administrés par voie intraveineuse, notamment lors d’une hospitalisation.
Lorsque le calcul est de petite taille, il peut être éliminé naturellement dans les urines. Pendant la crise, les médecins recommandent souvent de limiter les apports en boissons, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein. Une fois la douleur contrôlée, une bonne hydratation devient importante pour favoriser l’élimination du calcul.
Si le calcul reste bloqué dans l’uretère, un urologue peut proposer un traitement spécifique. La lithotritie extracorporelle, par exemple, utilise des ondes de choc pour fragmenter les calculs rénaux et faciliter leur évacuation.
Dans les cas plus complexes, une intervention chirurgicale ou la mise en place d’une sonde urétérale peut être nécessaire pour lever l’obstruction et protéger la fonction rénale.
Déshydratation et alimentation : des facteurs qui favorisent les calculs
La formation de calculs dépend souvent de la composition chimique de l’urine. Une hydratation insuffisante peut favoriser la concentration des sels minéraux et leur cristallisation dans les voies urinaires.
Certaines habitudes alimentaires peuvent également augmenter le risque, notamment une consommation excessive de protéines animales, de sel ou d’aliments riches en oxalates.
D’autres facteurs peuvent intervenir, comme :
- certaines maladies rénales
- des troubles métaboliques
- une hypertension artérielle
- un diabète
- des antécédents familiaux de calculs rénaux
Chez certaines personnes, la composition de l’urine favorise particulièrement la formation de calculs d’oxalate de calcium, les plus fréquents.
Maintenir une hydratation régulière, surveiller son alimentation et consulter un spécialiste en cas de récidive permet souvent de réduire le risque de nouvelles lithiases rénales.
La colique néphrétique illustre la grande sensibilité du système urinaire. Un calcul de quelques millimètres peut suffire à perturber l’écoulement de l’urine et provoquer une crise douloureuse particulièrement intense.
Cette douleur agit souvent comme un signal d’alerte indiquant que les voies urinaires sont temporairement bloquées. Une prise en charge rapide permet généralement de soulager la crise et de restaurer le fonctionnement normal des reins.
À SAVOIR
Environ une personne sur huit développera des calculs rénaux au cours de sa vie. Ces épisodes surviennent le plus souvent après l’âge de 30 ans. En revanche, lorsque des calculs apparaissent avant 25 ans, les médecins recommandent généralement de rechercher une cause métabolique ou génétique.







