Un chercheur étudie en laboratoire un nouveau médicament contre le cancer du pancréas.
Développé par Revolution Medicines, le daraxonrasib est issu des recherches de cette biotech américaine spécialisée dans les cancers liés à certaines anomalies génétiques. © Freepik

Présentés le 21 avril 2026 par le laboratoire Revolution Medicines, les premiers résultats d’un essai clinique de phase 3 suscitent un vif intérêt en cancérologie. Chez des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique déjà traités auparavant, le daraxonrasib, une thérapie ciblée expérimentale, a presque doublé la survie médiane par rapport à la chimiothérapie standard. Une avancée encore à confirmer dans le détail, mais rare dans cette maladie au pronostic souvent sévère.

Le cancer du pancréas demeure l’un des cancers les plus meurtriers. Sa survie nette à cinq ans reste faible comparée à celle de nombreux autres cancers, notamment parce qu’il est souvent diagnostiqué à un stade avancé. 

Selon l’Institut national du cancer (INCa), environ 16 000 nouveaux cas sont recensés chaque année, contre près de deux fois moins au début des années 2000.  Son taux de survie nette à cinq ans n’est que de 11 % chez l’homme et de 14 % chez la femme, ce qui en fait l’un des cancers les plus meurtriers.

L’INCa souligne également une progression plus marquée de l’incidence chez les femmes au cours des dernières décennies.

Lorsque le cancer est diagnostiqué au stade métastatique, c’est-à-dire lorsqu’il s’est propagé à d’autres organes, les options thérapeutiques restent limitées. La chimiothérapie reste le traitement principal, avec des bénéfices parfois modestes et une tolérance parfois difficile. 

Mais les résultats annoncés le 21 avril 2026 autour du daraxonrasib viennent redonner un nouvel espoir aux patients. Selon le communiqué de Revolution Medicines, qui développe cette molécule, l’essai clinique de phase 3 mené chez des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique déjà traités montre une survie globale médiane de 13,2 mois, contre 6,7 mois avec la chimiothérapie standard.

Les données détaillées doivent être présentées lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), rendez-vous mondial majeur de cancérologie.

Daraxonrasib : de quoi parle-t-on exactement ?

Le daraxonrasib est un médicament en développement par l’entreprise biopharmaceutique américaine Revolution Medicines. Il ne s’agit pas d’une chimiothérapie classique, mais d’une thérapie ciblée.

Concrètement, ce type de traitement vise une anomalie moléculaire spécifique présente dans les cellules cancéreuses. Ici, la cible concerne la voie RAS, une famille de protéines impliquées dans la croissance cellulaire. Lorsque ces protéines sont mutées ou dérégulées, elles peuvent envoyer en continu des signaux de prolifération aux cellules tumorales.

Dans le cancer du pancréas, les mutations du gène KRAS sont particulièrement fréquentes. Il s’agit d’anomalies génétiques qui maintiennent en permanence activé un signal de croissance cellulaire, poussant la cellule cancéreuse à se multiplier sans contrôle. 

Selon de nombreuses publications scientifiques, elles concernent environ 90 % des adénocarcinomes pancréatiques, la forme la plus courante de la maladie. Longtemps considérée comme “intouchable” en pharmacologie, cette cible est devenue l’un des grands terrains de bataille de l’oncologie moderne.

Le daraxonrasib appartient à cette nouvelle génération de molécules cherchant à neutraliser ce mécanisme.

Des résultats encourageants chez des patients déjà traités

Les données communiquées concernent l’essai clinique de phase 3 RASolute 302. Une phase 3 correspond à une étape avancée du développement d’un médicament. Elle compare généralement un nouveau traitement à la prise en charge standard, sur un nombre important de patients.

Selon le communiqué de Revolution Medicines, l’étude a inclus des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique, déjà traités auparavant, donc en situation thérapeutique complexe.

Le résultat le plus commenté concerne la survie globale médiane, c’est-à-dire la durée au bout de laquelle la moitié des patients sont encore en vie :

  • 13,2 mois avec le daraxonrasib
  • 6,7 mois avec la chimiothérapie standard

Autrement dit, dans cette analyse intermédiaire, la survie médiane est presque doublée.

Qu’en est-il des effets indésirables ?

Comme tout traitement anticancéreux, une thérapie ciblée peut provoquer des effets secondaires. À ce stade, les informations publiques disponibles restent limitées.

On sait cependant que les traitements ciblant la voie RAS peuvent entraîner, selon les molécules, des 

L’enjeu sera donc double : efficacité, bien sûr, mais aussi tolérance.

À ce jour, le daraxonrasib n’est pas disponible en pratique courante en France. Comme tout traitement encore expérimental, son éventuelle arrivée passera par plusieurs étapes indispensables :

  • la présentation complète des résultats de l’essai,
  • une publication scientifique évaluée par les pairs,
  • l’examen du dossier par les autorités de santé,
  • une éventuelle autorisation de mise sur le marché,
  • puis l’évaluation de son remboursement et de son accès en France.

Dans l’intervalle, certains patients peuvent parfois bénéficier de ce type d’innovation dans le cadre d’essais cliniques, notamment au sein de centres experts en cancérologie.

L’Institut national du cancer (INCa) rappelle régulièrement que la participation aux essais thérapeutiques permet d’accéder plus tôt à de nouvelles options de traitement, tout en contribuant à faire avancer la recherche.

À SAVOIR 

Le pancréas ne mesure qu’environ 15 centimètres et pèse autour de 70 grammes chez l’adulte. Pourtant, il peut libérer jusqu’à 1,5 litre de suc pancréatique par jour, un liquide riche en enzymes indispensable à la digestion, selon le Manuel MSD et les références de physiologie digestive.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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