La capsulite rétractile entraîne une violente douleur à l'épaule
Lors de la phase initiale de la capsulite rétractile, l'épaule devient très douloureuse ©Stoccking

La capsulite rétractile de l’épaule — souvent appelée « épaule gelée » — est une pathologie inflammatoire fréquente, douloureuse et invalidante, qui affecte 2 à 5 % de la population adulte, essentiellement les femmes. Quelles sont les causes de cette affection évolutive ? Les facteurs de risques ? Comment traiter la capsulite pour retrouver une parfaite mobilité de l’épaule ? La réponse de nos experts. 

La capsulite rétractile, également nommée « épaule gelée », se caractérise par une inflammation et un épaississement de la capsule articulaire de l’épaule, responsable d’une douleur et d’une perte progressive de mobilité. Cette pathologie touche environ 2 à 5 % de la population adulte, surtout les femmes entre 40 et 65 ans. 

Dans la plupart des cas, le processus de guérison est long. Il passe par une phase de rééducation souvent fastidieuse mais nécessaire pour recouvrer toute sa mobilité au niveau de l’épaule.

Qui est le plus touché ?

La capsulite rétractile de l’épaule concerne 2 à 5 % de la population. Elle est plus fréquente chez les femmes (jusqu’à 70 % des cas) et survient classiquement entre 40 et 65 ans. 

De multiples causes 

Certains facteurs augmentent le risque de contracter une capsulite rétractile. Parmi les principales causes identifiées :

  • Diabète : 10 à 35 % des personnes diabétiques développent une capsulite. 
  • Affections endocriniennes : dysfonction thyroïdienne (hyper‑ ou hypothyroïdie). 
  • Troubles neurologiques : AVC, maladie de Parkinson, pathologies pulmonaires ou cardiaques (infarctus), etc.  
  • Médicaments : barbituriques, antiprotoéases (VIH), isoniazide (tuberculose). 
  • Immobilisation ou traumatisme au membre supérieur (chute, accident…). 
  • Facteurs psychologiques : stress, anxiété, choc émotionnel peuvent contribuer à la manifestation en activant un système de défense inflammatoire excessif. 

La phase de douleur

Dure entre 6 semaines et 9 mois (selon l’origine de la pathologie et l’âge du patient). Cette phase initiale se développe parfois sans cause précise ou en lien avec un événement déclencheur douloureux. Dans la plupart des cas, la douleur est intense, parfois constante, diurne comme nocturne, et limite progressivement les mouvements.

La phase d’enraidissement

Cette évolution suit la phase douloureuse. Elle dure généralement entre 4 et 12 mois. Il s’agit de la phase de l’« épaule gelée » proprement dite. Durant cette phase très invalidante, la mobilité est très réduite malgré une douleur parfois moindre.

Cette perte d’amplitude devient progressivement très gênante pour les activités du quotidien comme enfiler un pull ou attraper un objet en hauteur.

La phase de recouvrement

L’amplitude des mouvements revient lentement, généralement entre 6 mois et 2 ans après le début, voire jusqu’à 3 ans selon les cas. Ce retour progressif peut laisser des raideurs résiduelles chez certains patients. 

L’examen clinique préalable

Pour limiter les effets invalidants de la capsulite rétractile et engager une thérapie efficace, un diagnotic précoce est essentiel. Pour cela, le médecin interroge le patient (antécédents, facteurs de risque), examine la mobilité (rotation, élévation, abduction, rotations internes/externes) et recherche des limitations typiques de la capsulite. 

Imagerie et examens complémentaires pour confirmer

  • Radiographie : elle permet d’écarter l’arthrose ou d’autres anomalies. 
  • Échographie ou IRM : utiles pour vérifier une atteinte des tendons (coiffe des rotateurs, bursite…). 
  • Arthrographie : peut révéler un volume capsulaire réduit (souvent inférieur à 8 ml contre environ 30 ml normalement). 

Ces examens servent donc à confirmer la présence d’une capsulite rétractile mais aussi d’exclure d’autres diagnostics ou pathologies associées.

Une priorité, soulager la douleur

Dans un premier temps, il est important de soulager la douleur du patient atteint d’une capsulite rétractile. Pour cela, le corps médical a plusieurs options à sa disposition :

  • Antalgiques et anti‑inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour calmer la douleur et l’inflammation. 
  • Infiltrations de corticoïdes dans l’articulation, souvent au début, pour atténuer la douleur et faciliter ensuite la rééducation.
  • Dans certains cas, des anxiolytiques sont prescrits si l’anxiété est source d’aggravation ou de maintien du cercle douloureux‑stress.

La rééducation (kinésithérapie)

La phase de recouvrement passe par une prise en charge d’un spécialiste, dans la plupart des cas un kinésithérapeute. Cette rééducation passe par des exercices doux, réguliers, « infra-douloureux », visant à restaurer progressivement l’amplitude de l’épaule.

La prise en charge est plus efficace lorsqu’elle est encadrée, mais l’auto‑rééducation peut aussi produire des résultats (de nombreux tutos sont disponibles sur le web). 

Quid des médecines douces et du soutien psychologique ?

Outre la rééducation traditionnelle, diverses techniques telles que la relaxation, l’hypnose et autres médecines douces peuvent aider à réduire le stress et favoriser la récupération. 

Un accompagnement par un psychologue ou par un médecin de la douleur peut aussi améliorer le parcours de soins, notamment dans les phases les plus douloureuses.

La chirurgie… en dernier recours !

La chirurgie est rarement nécessaire et souvent contre-indiquée dans les phases actives à cause du risque de réactivation de l’inflammation. 

Dans les faits, une libération capsulaire chirurgicale peut être envisagée uniquement dans des cas chroniques très invalidants et résistants aux traitements conservateurs.

Des complications possibles

Environ 90 % des patients guérissent en 2 ans ou moins, même si la capsulite peut durer jusqu’à 3 ans. 

Cela dit, des séquelles peuvent subsister beaucoup plus longtemps. Ainsi, des raideurs résiduelles ou des gênes fonctionnelles peuvent persister chez jusqu’à 10 ans. 

A la fois douloureuse et handicapante au quotidien, la capsulite rétractile ne doit pas être prise à la légère, sous peine de « traîner » cette pathologie durant des mois, voire des années. 

Pour écarter ce risque d’installation de la pathologie à long terme, quelques pratiques sont à privilégier :

  • Comprendre la maladie, accompagner la douleur, éviter la peur du mouvement.
  • Appliquer une rééducation régulière et adaptée, même si les résultats sont lents.
  • Gérer le stress, pratiquer des techniques relaxantes.
  • Maintenir un suivi médical, avec son médecin traitant, un rhumatologue et/ou un kinésithérapeute.
  • Vigilance vis-à-vis des « gestes répétitifs » au travail : en cas de suspicion de lien, déclaration en maladie professionnelle peut être envisagée (1

En résumé, si la capsulite rétractile de l’épaule ou « épaule gelée » est une affliction longue et parfois éprouvante, elle ne présente pas de caractère dramatique. Avec une prise en charge adaptée, combinant une gestion de la douleur, une rééducation douce, un accompagnement psychologique et parfois des infiltrations, la majorité des patients retrouve progressivement une mobilité satisfaisante. 

(1) L’arrêt de travail peut varier de quelques jours à quelques semaines, voire plusieurs mois en fonction de la gravité de la capsulite. Par ailleurs, lorsqu’elle est secondaire à une autre pathologie ou à une immobilisation, la capsulite peut être reconnue comme maladie professionnelle

À SAVOIR

L’épaule est sans doute l’articulation la plus complexe du corps humain. Dans le cas de la capsulite rétractile, l’inflammation affecte l’entourage fibreux de l’articulation scapulo‑humérale, suivi d’un épaississement et d’une rétraction de cette capsule, limitant fortement les mouvements. Sous l’effet de l’inflammation de la synoviale (la membrane lubrifiante de la capsule), celle-ci s’épaissit, les replis adhèrent entre eux, ce qui produit un gelage articulaire : c’est l’épaule gelée.

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Enfant des radios locales, aujourd'hui homme de médias, il fait partager son expertise de la santé sur les supports print, web et TV du groupe Ma Santé AuRA.

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