
Dans les couples, la baisse de la fréquence des rapports sexuels reste un sujet tabou. Pourtant, il s’agit d’un phénomène courant, documenté par de nombreuses études, et qui n’a rien d’anormal. En réalité, la seule question à se poser est : “Suis-je épanoui(e) dans ma vie sexuelle ?”.
Depuis plusieurs années, les enquêtes sur la sexualité des Français mettent en évidence une “récession sexuelle”, autrement dit une baisse globale de la fréquence des rapports.
Selon une étude Ifop/LELO publiée en février 2024, moins d’un Français sur deux (43 %) déclare avoir en moyenne un rapport sexuel par semaine, contre 58 % en 2009. Un recul significatif, qui traduit une évolution des pratiques mais aussi des attentes.
L’étude montre également que la proportion de Français n’ayant pas eu de rapport sexuel au cours des douze derniers mois augmente. 24 % en 2023 contre seulement 9 % en 2006. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes adultes. Près de 28 % des 18-24 ans, pourtant déjà sexuellement initiés, disent ne pas avoir eu de rapports dans l’année, alors qu’ils n’étaient que 5 % en 2006.
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Pourquoi cette baisse est normale
Contrairement aux idées reçues, une baisse de l’activité sexuelle dans un couple n’est pas le signe d’un désamour ou d’un problème insoluble. Tous les couples, même les plus passionnels, traversent au moins une période durant laquelle il rencontre une baisse de rapports selon les thérapeutes de couples.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution naturelle :
- Le temps et l’habitude : la passion des débuts laisse place à une intimité plus calme. Il est impossible, et même épuisant, de maintenir éternellement l’intensité initiale.
- La vie quotidienne : travail, charge mentale, enfants, fatigue ou problèmes de santé réduisent mécaniquement l’énergie consacrée à la sexualité.
- Les représentations sociales : la société valorise l’image du couple actif et passionné, mais derrière les portes, la réalité est souvent différente.
Parler de sexe reste aisé entre amis sous forme de plaisanteries, mais avouer que l’on ne fait plus l’amour relève toujours du tabou. On pourrait parfois croire que c’est le secret le mieux gardé du monde. Pourtant, il existe de nombreux couples qui ont peu ou pas de rapports sexuels et qui vont très bien.
Faire moins l’amour : quand faut-il s’interroger ?
Faire moins l’amour n’est pas un problème en soi, tant que chacun s’y retrouve. Le critère déterminant est l’épanouissement personnel et mutuel. La baisse devient une source de difficultés si :
- l’un des partenaires ressent de la frustration, du rejet ou un manque affectif ;
- la sexualité disparaît totalement sans que ce choix soit partagé ;
- le silence autour de la question entretient des tensions ou un malaise.
Dans ces cas, il est essentiel d’oser en parler. La sexualité ne se mesure pas en chiffres mais en bien-être partagé.
Faire l’amour : comment “retrouver le fil” ?
Pour les couples qui souhaitent renouer avec leur désir, plusieurs pistes existent. D’abord, le dialogue sincère est primordial. Il s’agit d’échanger sur ce qui a changé, sans accusation ni jugement. Ensuite, prendre du temps à deux, hors des obligations du quotidien, peut aider à recréer de la complicité.
Aussi, posez-vous régulièrement une question simple : “Qu’aurais-je fait de différent si c’était l’une de nos premières fois ?”. Cette approche permet de remettre un peu de nouveauté et de légèreté dans la relation. Enfin, prendre soin de soi individuellement, sur le plan physique et psychologique, est une clé importante. Une sexualité épanouie se nourrit aussi du bien-être personnel.
Une nouvelle norme : l’épanouissement avant la fréquence
Les études le rappellent qu’il n’existe aucune norme universelle en matière de sexualité si ce n’est les bienfaits pour la santé. La fréquence des rapports n’est pas un indicateur fiable de la solidité d’un couple. Ce n’est pas une vie sexuelle régulière qu’il faut retrouver, mais la vie sexuelle dont vous avez envie.
La véritable norme, aujourd’hui, c’est l’épanouissement. Que vous fassiez l’amour une fois par semaine, une fois par mois ou pas du tout, l’essentiel est que cela convienne aux deux partenaires.
À SAVOIR
Selon l’étude Ifop/LELO de décembre 2023-janvier 2024, lorsqu’on interroge les personnes de moins de 35 ans vivant en couple sous le même toit, un nombre non négligeable d’entre elles avouent avoir écarté un rapport sexuel parce qu’ils ou elles préféraient regarder une série, un film, ou passer du temps sur les écrans plutôt que d’avoir une intimité sexuelle à ce moment-là.







