L'actrice Isabelle Mergault, décédée aujourd'hui d'un cancer du poumon.
Une fausse rumeur de décès, diffusée la veille sur les réseaux sociaux, a semé la confusion lorsque sa mort a été réellement annoncée aujourd'hui. © Bernard Grychowski

L’actrice Isabelle Mergault est décédée aujourd’hui, à l’âge de 67 ans. Connue du grand public pour son franc-parler dans Les Grosses Têtes et pour le succès de son film Je vous trouve très beau, elle laisse derrière elle une carrière populaire et une vive émotion. Mais de quoi l’actrice est-elle décédée ?

La comédienne, réalisatrice et chroniqueuse Isabelle Mergault est décédée ce vendredi 20 mars, à l’âge de 67 ans. Figure populaire, connue pour son franc-parler et ses succès au cinéma comme à la radio, elle se battait depuis plusieurs mois contre la maladie.

Selon les informations concordantes, il s’agissait d’un cancer du poumon, une maladie particulièrement agressive, qui s’était étendue au foie sous forme de métastases. Ce cancer touche encore majoritairement les hommes, mais progresse chez les femmes depuis plusieurs années, en lien notamment avec l’évolution du tabagisme, selon l’Institut national du cancer (INCa).

Le cancer du poumon fait partie des cancers les plus fréquents et surtout les plus graves. Il se développe à partir des cellules des bronches ou du tissu pulmonaire, et peut évoluer pendant longtemps sans provoquer de symptômes évidents.

Selon l’Institut national du cancer (INCa, 2023), il est la première cause de décès par cancer chez l’homme et la deuxième chez la femme. Chaque année, il entraîne environ 33 000 décès.

Ce qui le rend particulièrement redoutable, c’est son caractère souvent silencieux. Les premiers signes du cancer du poumon peuvent sembler banals :

  • une toux persistante,
  • un essoufflement inhabituel,
  • une fatigue qui s’installe,
  • parfois des douleurs thoraciques.

Des symptômes qui, pris isolément, ne paraissent pas forcément alarmants, ce qui retarde souvent la consultation.

Dans la majorité des cas, le cancer du poumon est découvert tardivement. Selon l’INCa, près de 70 % des cancers du poumon sont diagnostiqués à un stade avancé. À ce moment-là, la maladie a souvent déjà commencé à se propager à d’autres organes, comme le foie, le cerveau ou les os.

On parle alors de métastases. Concrètement, cela signifie que les cellules cancéreuses ont quitté leur point d’origine pour coloniser d’autres parties du corps. Cette diffusion complique les traitements et réduit les chances de guérison.

Le rôle majeur du tabac

Le principal facteur de risque du cancer du poumon reste, de très loin, le tabac. Selon Santé publique France (2022), il est impliqué dans environ 80 % des cas. La fumée de cigarette contient plusieurs milliers de substances chimiques, dont certaines sont directement cancérigènes. Inhalées de manière répétée, elles agressent les cellules des bronches et du tissu pulmonaire. 

Au fil du temps, ces cellules peuvent se transformer et devenir cancéreuses. Le risque augmente avec la durée du tabagisme, le nombre de cigarettes fumées, mais aussi avec l’exposition au tabagisme passif. Même sans être fumeur, vivre ou travailler dans un environnement enfumé peut ainsi avoir un impact sur la santé pulmonaire.

La pollution de l’air

Autre facteur de plus en plus étudié, la pollution de l’air. Les particules fines, issues notamment du trafic routier, du chauffage ou de certaines activités industrielles, pénètrent profondément dans les poumons. 

À long terme, elles provoquent une inflammation chronique des voies respiratoires, qui peut favoriser l’apparition de cellules anormales. Selon Santé publique France, cette exposition prolongée constitue un facteur de risque réel, même s’il est moins important que le tabac. 

Les expositions professionnelles

Certaines activités professionnelles exposent également à des substances reconnues comme cancérigènes. C’est le cas de l’amiante, longtemps utilisé dans le bâtiment, mais aussi de certaines poussières, fumées ou produits chimiques présents dans l’industrie. 

Ces expositions peuvent passer inaperçues sur le moment, mais leurs effets apparaissent parfois plusieurs années, voire plusieurs décennies plus tard. Selon l’Institut national du cancer (INCa, 2023), ces facteurs professionnels restent une cause non négligeable de cancers du poumon, notamment chez des personnes qui n’ont jamais fumé.

On parle de cancer « métastasé » lorsque la maladie ne se limite plus au poumon et s’est étendue à d’autres organes.

Des cellules cancéreuses se détachent de la tumeur initiale, circulent dans le sang ou la lymphe, puis s’installent dans d’autres organes. On parle alors de métastases. Dans le cas d’Isabelle Mergault, ces cellules ont atteint le foie. Un scénario fréquent, car cet organe est très vascularisé, ce qui facilite l’implantation des cellules tumorales.

Selon l’INCa, la présence de métastases correspond aux stades les plus avancés du cancer.

Le cancer du poumon est réputé pour sa capacité à se propager rapidement. D’abord, les poumons sont riches en vaisseaux sanguins, ce qui favorise la diffusion des cellules cancéreuses dans l’organisme. Ensuite, certaines formes de tumeurs pulmonaires sont particulièrement agressives.

Enfin, et surtout, le diagnostic tardif laisse au cancer le temps de s’étendre. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), les métastases du cancer du poumon touchent fréquemment :

  • le foie
  • le cerveau
  • les os
  • les glandes surrénales

Une dissémination qui complique la prise en charge.

Ces dernières années, la médecine a fait des avancées importantes. Les traitements se sont diversifiés et personnalisés :

Ces approches permettent d’améliorer la survie et la qualité de vie de certains patients. Mais lorsque le cancer est diagnostiqué tardivement, comme c’est souvent le cas pour le poumon, les possibilités de guérison restent limitées. Les traitements visent alors surtout à ralentir la progression de la maladie.

À SAVOIR 

Le dépistage du cancer du poumon fait l’objet d’expérimentations en France. Contrairement à d’autres cancers (sein, colorectal), il n’existe pas encore de dépistage organisé à l’échelle nationale. Pourtant, des essais sont en cours. La HAS recommande depuis 2022 de tester un dépistage ciblé chez les personnes les plus à risque, notamment les fumeurs ou anciens fumeurs importants, à l’aide d’un scanner thoracique à faible dose.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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