
Vertiges soudains, vision floue, impression de chute imminente… Ces symptômes peuvent annoncer une syncope qui peut révéler une anomalie cardiaque ou neurologique. Comment l’identifier ? Quelles sont les causes ? Comment repérer les signes d’alerte pour agir efficacement ? Explications.
Chaque année, des milliers de personnes se rendent aux urgences après un malaise soudain, survenu dans la rue, au travail ou simplement en se levant trop rapidement.
D’après les prоfessiоnnels de santé, envirоn une perte de cоnnaissance brève sur cinq pоurrait prоvenir d’une cause cardiaque․
Derrière ce phénomène qu’est l’évanouissement, on observe une diminution du débit sanguin vers le cerveau. Si certaines syncopes sont bénignes, d’autres peuvent révéler une pathologie cardiovasculaire ou neurologique plus grave.
Qu’est-ce qu’une syncope ?
Une syncope désigne une perte de connaissance soudaine, brève et réversible, due à une diminution temporaire de l’oxygénation du cerveau (manque passager d’oxygène cérébral). Lorsque le cerveau est privé d’un apport sanguin suffisant pendant quelques secondes, il « se met en pause ».
Le cоrps s’effоndre alоrs, puis la cоnscience revient généralement rapidement, sans laisser de séquelles. Sur le plan médical, il s’agit d’une hypoxie cérébrale aiguë (baisse rapide de l’oxygène dans le cerveau) liée à un arrêt circulatoire transitoire (ralentissement ou interruption momentanée de la circulation sanguine).
Ce phénomène peut durer de quelques secondes à quelques minutes, mais reste en général inférieur à trois minutes. Il est souvent précédé par des symptômes annonciateurs : vertiges, sueurs, pâleur, sensation de chaleur, vision trouble, bourdonnements d’oreille ou palpitations.
Le cœur joue un rôle central grâce à son activité électrique (impulsions qui déclenchent les battements) et ses contractions. Si la fréquence cardiaque ralentit trop (bradycardie) ou s’accélère anormalement (tachycardie), le débit cardiaque (volume de sang pompé par le cœur) diminue, provoquant cette perte de connaissance.
Quelles sont les différentes formes de syncopes ?
La syncope vagale, la plus fréquente
C’est la forme la plus légère. Elle résulte d’une réaction excessive du système nerveux parasympathique (la partie du système nerveux qui ralentit le cœur), en particulier via le nerf vague (le plus long nerf du corps humain).
Cela entraîne un ralentissement du rythme cardiaque ainsi qu’une dilatation des vaisseaux sanguins (élargissement des artères), ce qui provoque une baisse de la pression artérielle.
Ce phénomène se manifeste souvent lors d’une douleur intense, d’un stress émotionnel, d’une chaleur excessive ou après être resté debout longtemps.
Les symptômes apparaissent progressivement : malaise, nausées, sueurs, vision floue. La personne peut généralement anticiper ces signes et s’allonger pour éviter de s’évanouir.
La syncope cardiaque
Elle est associée à un trouble du rythme cardiaque (arythmie, c’est-à-dire un rythme irrégulier du cœur) ou à une maladie cardiaque sous-jacente telle qu’une cardiomyopathie (atteinte du muscle cardiaque), une sténose aortique (rétrécissement d’une valve cardiaque) ou un infarctus du myocarde (crise cardiaque).
Dans ces cas, la syncope survient souvent de manière soudaine, sans signes précurseurs.
Elle peut apparaître aussi bien à l’effort qu’au repos. Le cœur n’arrive plus à assurer une circulation sanguine efficace, ce qui peut parfois annoncer un risque d’arrêt cardiaque.
La syncope orthostatique
Elle se produit lorsque l’on passe rapidement de la position allongée à la position debout. La pression artérielle chute soudainement, en raison d’une mauvaise adaptation du système vasculaire (le réseau des vaisseaux sanguins).
Ce phénomène est courant chez les personnes âgées, celles qui sont déshydratées ou sous certains traitements comme les antihypertenseurs (médicaments contre l’hypertension).
Le principal symptôme est une sensation de vertige, parfois suivie d’un évanouissement.
Les syncopes d’origine neurologique ou métabolique
Plus rares, elles peuvent être associées à des troubles du système nerveux central tels qu’un accident vasculaire cérébral (AVC, interruption de la circulation sanguine dans le cerveau) ou une crise d’épilepsie (activité électrique anormale du cerveau).
Parfois, une hypoglycémie (taux de sucre trop bas dans le sang) ou une anémie (déficit en globules rouges transporteurs d’oxygène) peuvent aussi entraîner une perte de conscience.
Contrairement aux syncopes classiques, la récupération peut être plus lente et s’accompagner de confusion.
Quelles sоnt les causes d’une syncоpe ?
Les syncopes peuvent être le signe de diverses pathologies. Du côté cardiaque, on observe notamment des troubles du rythme (comme la fibrillation auriculaire ou la tachycardie ventriculaire), des maladies du muscle cardiaque, des anomalies valvulaires ou encore une insuffisance cardiaque.
Certaines conditions graves, telles qu’une embolie pulmonaire (caillot dans les poumons), un infarctus du myocarde ou une cardiopathie, peuvent également en être la cause.
Par ailleurs, d’autres facteurs plus courants existent : hypotension orthostatique (baisse de tension en se levant), déshydratation, fatigue, stress intense, choc émotionnel ou encore la prise de certains médicaments (comme les diurétiques ou vasodilatateurs qui influent sur la circulation sanguine).
Quels gestes faut-il adоpter en cas de syncоpe ?
La priorité est de sécuriser la personne. Il faut immédiatement l’allonger, sur le dos, avec les jambes légèrement surélevées pour favoriser le retour sanguin vers le cerveau.
Si la personne est inconsciente mais respire, il est recommandé de la placer en position latérale de sécurité (position sur le côté pour éviter les complications respiratoires) et de surveiller son état. En cas de doute, il faut contacter les urgences.
Après un épisode, il est conseillé de rester au repos, de bien s’hydrater et d’éviter de se relever trop vite. La reprise de conscience est généralement rapide.
Quels examens faut-il réaliser en cas de syncope ?
Même si la récupération est rapide, il est recommandé de consulter un médecin après une syncope, surtout en cas de récidive ou de survenue brutale.
Le médecin réalise un interrogatoire (questions sur les circonstances), un examen clinique et peut prescrire des examens complémentaires. L’électrocardiogramme (ECG, enregistrement de l’activité électrique du cœur) permet de détecter un trouble du rythme.
D’autres examens peuvent être nécessaires : holter (enregistrement du cœur sur 24 à 48 heures), échographie cardiaque (visualisation du cœur), test d’inclinaison ou tilt-test (évaluation de la réaction du corps au passage debout), bilan sanguin (analyse du sang), électroencéphalogramme (analyse de l’activité cérébrale) ou encore scanner cérébral.
Une oxymétrie (mesure du taux d’oxygène dans le sang) peut aussi être réalisée pour vérifier l’oxygénation.
Quels traitements sont recommandés en fonction du type de syncope ?
Des gestes et des sоins au quоtidien
Le traitement dépend du type de syncope, de sa cause et de sa gravité. Dans les formes les plus fréquentes et bénignes, comme les malaises vagaux, la prise en charge repose surtout sur des mesures simples : bien s’hydrater, éviter les situations déclenchantes et se lever progressivement pour limiter les chutes de tension.
- Bas de contention : ils favorisent la circulation du sang vers le cœur et peuvent aider à limiter les malaises chez les personnes ;
- Médicaments antiarythmiques : ils sont prescrits en cas de trouble du rythme cardiaque afin de réguler les battements du cœur.
- Stimulateur cardiaque (pacemaker) : cet appareil est implanté pour corriger un rythme cardiaque trop lent et assurer des battements réguliers.
- Défibrillateur implantable : il permet de détecter et corriger automatiquement certains troubles graves du rythme en délivrant un choc électrique si nécessaire.
Sоins hоspitaliers
Dans les situations les plus graves, une prise en charge en urgence peut être nécessaire.
- Réanimation cardiorespiratoire : ensemble de techniques visant à relancer le cœur et la respiration ;
- Électrostimulation : utilisation d’un courant électrique pour stimuler le cœur en cas de défaillance ;
Au quotidien, certaines habitudes permettent de réduire le risque de récidive de syncope : maintenir une bonne hydratation, éviter de rester debout trop longtemps, se lever lentement et adapter certains traitements si besoin.
À SAVOIR
Ces images font régulièrement le tour des réseaux sociaux : lors des grandes cérémonies au Royaume-Uni, comme le “Trooping the Colour”, des gardes en uniforme rouge et coiffés de leur célèbre bonnet en poil d’ours s’effondrent soudainement, face contre terre. En réalité, ils sont victimes de syncopes orthostatiques. En restant immobiles pendant de longues périodes, souvent les genoux verrouillés, le sang s’accumule dans les jambes sous l’effet de la gravité. Privé de la “pompe” musculaire qui aide normalement à faire remonter le sang vers le cœur, le cerveau est temporairement moins irrigué, provoquant la perte de connaissance. Mais, le plus surprenant reste le règlement militaire : ces malaises sont connus et anticipés, au point que les soldats sont formés à la manière de s’évanouir. S’ils sentent le malaise arriver, ils doivent tomber d’un seul bloc, sans se rattraper, en gardant les bras le long du corps et leur posture intacte, une règle destinée à préserver l’alignement parfait de la formation.







