
Un mal de ventre à gauche, surtout si c’est dans le bas-ventre, ce n’est jamais bon. Si elle s’accompagne de douleurs abdominales persistantes, de ballonnements, d’un transit intestinal perturbé (ralenti ou bloqué), parfois de nausées ou de fièvre, vous souffrez peut-être de diverticulite. Cette maladie digestive affecte surtout les adultes de plus de 50 ans et nécessite une prise en charge appropriée pour prévenir les complications. Explications.
La diverticulite est une inflammation, parfois infectieuse, d’une zone de l’intestin, le plus souvent le côlon sigmoïde (dernière partie du côlon, en bas à gauche de l’abdomen).
Diverticulose et diverticulite : deux notions à ne pas confondre
On mélange deux mots qui se ressemblent mais qui sont différents. La diverticulose colique correspond à la présence de petits renflements appelés diverticules (petites poches qui se forment sur la paroi intestinale, comme une hernie sur un pneu usé).
Ces diverticules se forment avec l’âge, sous l’effet de la pression des selles sur le côlon, surtout si le transit est lent. La diverticulose est le plus souvent asymptomatique. On peut être porteur toute sa vie sans le savoir.
La diverticulite, elle, se produit lorsque l’un de ces diverticules s’enflamme ou s’infecte. Des restes de selles peuvent s’accumuler dans cette poche, irriter la paroi de l’intestin et provoquer une inflammation. C’est là que la douleur arrive.
Selon la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie, l’âge, la constipation chronique et une alimentation pauvre en fibres constituent des facteurs centraux de ce processus.
Pourquoi la douleur est-elle surtout à gauche ?
La douleur liée à la diverticulite se manifeste le plus souvent dans la fosse iliaque gauche, c’est-à-dire le bas de l’abdomen du côté gauche. Cette localisation s’explique simplement : le côlon sigmoïde, qui est la partie du côlon la plus fréquemment touchée, se situe précisément à cet endroit.
La douleur est vive, persistante, parfois comme un coup de poignard. Elle est exacerbée à la palpation et s’accompagne fréquemment d’une sensation de ventre dur.
Les médecins évoquent parfois une « appendicite à gauche », tant le tableau clinique peut être celui d’une appendicite classique, mais de l’autre côté de l’abdomen.
Les symptômes associés à ne pas ignorer
Au-delà de la douleur abdominale, d’autres signes peuvent alerter. Le transit devient irrégulier, avec une constipation ou une sensation de blocage. Les ballonnements sont également fréquents : ils traduisent une accumulation de gaz liée à un ralentissement du transit digestif.
La fièvre (souvent > 38 °C) témoigne de la réponse inflammatoire ou infectieuse. Des nausées peuvent survenir, parfois accompagnées de vomissements.
Plus rarement, on retrouve du sang dans les selles, signe de fragilité des petits vaisseaux de la paroi intestinale et qui nécessite une consultation rapide.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Si le médecin suspecte une diverticulite, l’examen à réaliser est le scanner abdomino-pelvien (ou tomodensitométrie, nom donné à l’examen d’imagerie qui utilise les rayons X pour voir les organes internes en détail). Cet examen permet de confirmer si il y a une inflammation, d’en apprécier l’intensité et de rechercher des complications.
La coloscopie (examen avec une caméra dans le côlon) n’est jamais faite en phase aiguë car elle risque de fragiliser davantage la paroi intestinale.
Elle est cependant généralement réalisée à distance de la crise, une fois l’inflammation apaisée, pour évaluer l’état du côlon et écarter d’autres pathologies.
Le repos digestif : une étape essentielle
En crise, le but est de reposer l’intestin. Moins le côlon travaille, plus l’inflammation a de chances de céder rapidement. Selon les médecins, les formes simples peuvent être traitées à domicile avec une diète liquide (eau, bouillons clairs, tisanes) pendant quelques jours.
Dans les formes plus sévères, une hospitalisation peut être nécessaire, avec hydratation par perfusion et antibiothérapie (traitement antibiotique pour lutter contre l’infection).
Des antispasmodiques (médicaments qui relâchent les muscles de l’intestin) peuvent être prescrits pour calmer les spasmes douloureux. Les probiotiques (bactéries favorables à la flore intestinale) peuvent être proposés en phase de convalescence pour aider le transit à se régulariser.
À noter : les anti-inflammatoires classiques (ibuprofène, aspirine…) sont contre-indiqués car ils favorisent la perforation intestinale et augmentent le risque d’hémorragie.
L’alimentation après la crise : un rôle clé dans la prévention
En phase aiguë, l’alimentation est très pauvre en résidus pour limiter le travail digestif. Une fois la douleur passée, le sujet des fibres alimentaires est au cœur du débat.
Contrairement à une croyance encore bien ancrée, il n’y a aucune raison scientifique d’écarter les noix, graines ou fruits à pépins. Au contraire, une alimentation riche en fibres augmente le volume des selles, accélère le transit et diminue la pression dans le côlon, ce qui diminue le risque de nouvelles inflammations.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Certaines situations demandent une prise en charge urgente. Une douleur qui devient forte et généralisée, un ventre « comme du bois », une forte fièvre qui ne cède pas ou un arrêt total du transit peuvent être le signe d’une complication grave : péritonite (infection de la membrane qui recouvre l’abdomen), occlusion intestinale (arrêt du passage des selles) ou hémorragie digestive. Dans ces cas, une opération chirurgicale est nécessaire.
La diverticulite nous rappelle qu’une douleur abdominale gauche ne doit jamais être prise à la légère, tant elle peut masquer une inflammation intestinale nécessitant une prise en charge rapide.
Bien diagnostiquée et traitée, son évolution est le plus souvent favorable, à condition de mettre en place sur le long terme une alimentation et une hygiène de vie adaptées pour éviter les récidives.
À SAVOIR
Véritable enjeu de santé publique dans les pays développés, la diverticulose est aujourd’hui la pathologie du côlon la plus fréquente. Sa prévalence augmente avec l’âge : elle touche environ 5 % des quadragénaires et près de deux tiers des personnes de 85 ans, hommes et femmes confondus.







