Adоlescent incliné devant un оrdinateur, adоptant une pоsture vоûtée qui pоurrait suggérer une dystrоphie rachidienne․
Une pоsture vоûtée maintenue lоngtemps, nоtamment devant les écrans, peut favоriser оu dissimuler une dystrоphie rachidienne chez l'adоlescent․ ©Freepik

Dоs vоûté, pоsture qui se détériоre, dоuleurs en fin de jоurnée․․․ Et si ce n’était pas simplement une mauvaise habitude ? Chez certains adоlescents, ces signes peuvent indiquer une dystrоphie rachidienne, également appelée maladie de Scheuermann․ Mais cоmment la détecter et faut-il s’en inquiéter ? Le pоint․

Au début du XXe siècle, dans les ateliers, certains adolescents voyaient leur dos s’arrondir à force de travailler. On parlait alors de « cyphose des apprentis », souvent perçue comme un simple manque de volonté.

En 1921, le médecin danois Holger Werfel Scheuermann démontre, grâce aux rayons X, qu’il s’agit en réalité d’une déformation des vertèbres pendant la croissance.

Un siècle plus tard, le constat reste similaire. À l’école, dans le sport ou devant les écrans, de nombreux adolescents adoptent des positions prolongées qui favorisent l’enroulement du dos et l’apparition de douleurs.

Chez certains, il ne s’agit pas seulement d’un défaut postural, mais d’une véritable pathologie : la maladie de Scheuermann aussi appelée dystrоphie rachidienne. Souvent banalisée au départ, elle peut pourtant modifier durablement la structure du rachis et entraîner des douleurs à l’âge adulte.

La dystrophie rachidienne, aussi appelée maladie de Scheuermann, est une pathologie de croissance qui touche les vertèbres, principalement au niveau du rachis dorsal. Elle apparaît le plus souvent entre 10 et 16 ans, une période où le squelette est en pleine transformation.

Elle se traduit par une accentuation de la cyphose dorsale, autrement dit un arrondi excessif du haut du dos, difficile à corriger volontairement.

Sur le plan anatomique, les corps vertébraux se développent de manière inégale. Leur partie antérieure se tasse légèrement, leur donnant une forme en coin.

Ce déséquilibre perturbe l’alignement du rachis et accentue la courbure dorsale. Il s’agit d’une atteinte de la croissance osseuse, parfois associée à des anomalies des disques intervertébraux, qui participent à la stabilité de la colonne.

La croissance rapide est le principal facteur. À l’adolescence, le développement osseux n’est pas toujours homogène, ce qui fragilise certaines zones de la colonne vertébrale.

Une posture prolongée, notamment en position assise, peut accentuer les contraintes exercées sur le rachis.

Des facteurs génétiques peuvent également intervenir, en influençant la structure des vertèbres. Enfin, un déséquilibre musculaire entre le dos et les abdominaux réduit le maintien global et favorise l’installation de la déformation.

La dystrophie rachidienne évolue souvent lentement et peut passer inaperçue pendant longtemps. Elle est parfois découverte par hasard.

Le signe le plus visible est une accentuation de la courbure du haut du dos, avec une difficulté à se redresser complètement.

Des douleurs peuvent apparaître, surtout en fin de journée ou après une position assise prolongée. Elles peuvent également se localiser au niveau lombaire.

Une sensation de raideur est fréquente, notamment lors des mouvements sollicitant l’extension de la colonne, comme se redresser, lever les bras ou effectuer des rotations.

Dans les formes plus marquées, les muscles compensent en permanence pour maintenir l’équilibre, ce qui entraîne une fatigue rapide et limite certaines activités physiques.

Même si la maladie reste souvent bénigne, son impact dépend de l’importance de la courbure et de son évolution au cours de la croissance.

Le diagnostic repose d’abord sur un examen clinique de la colonne vertébrale. Le médecin évalue la posture, la mobilité et la capacité du patient à se redresser. Il peut également demander une flexion vers l’avant afin d’identifier une éventuelle bosse rigide.

Des radiographies permettent ensuite de confirmer le diagnostic. Elles mettent en évidence les déformations vertébrales et mesurent l’angle de la cyphose.

Cette mesure est essentielle pour suivre l’évolution, car la courbure peut s’aggraver pendant la croissance si elle n’est pas prise en charge.

Dans certains cas, une IRM est réalisée afin d’analyser les disques intervertébraux et de rechercher d’éventuelles complications, comme une hernie discale ou une usure précoce.

La prise en charge repose principalement sur des mesures conservatrices visant à limiter l’aggravation et à soulager les douleurs.

Des séances de kinésithérapie aident à renfоrcer les muscles prоfоnds du dоs, et le kinésithérapeute peut recоmmander une sangle abdоminale pоur améliоrer la pоsture ainsi que la mоbilité․

Lorsque la déformation est plus importante et que la croissance n’est pas terminée, le port d’un corset peut être proposé afin de guider le développement de la colonne.

En cas de douleurs, des antalgiques comme le paracétamol peuvent être utilisés, complétés si nécessaire par des anti-inflammatoires lors des phases plus intenses.

La chirurgie reste exceptionnelle. Elle est réservée aux formes sévères, notamment lorsque la courbure dépasse un certain seuil ou entraîne des douleurs importantes. L’intervention consiste alors à corriger la déformation et à stabiliser la colonne.

La dystrophie rachidienne peut impressionner par l’aspect voûté qu’elle donne au dos, mais un diagnostic rapide associé à un suivi régulier permet, dans la majorité des cas, d’en limiter les conséquences.

Adopter des habitudes posturales adaptées, réduire la sédentarité et maintenir une activité physique stimulant le dos sont essentiels pour accompagner une colonne vertébrale en pleine croissance.

Ces ajustements ne relèvent pas uniquement de la prévention : ils permettent aussi de préserver durablement la fonction du rachis et d’éviter l’installation de douleurs chroniques à l’âge adulte.

À SAVOIR

Adоlescent, le danseur britannique Geоrge Sampsоn se vоit diagnоstiquer une défоrmatiоn de la cоlоnne vertébrale․ Les médecins lui recоmmandent alоrs d’arrêter le breakdance, une discipline particulièrement exigeante pоur le dоs․ Mais il refuse de renоncer․ Il renfоrce ses muscles, s’adapte et cоntinue sоn entraînement․ Résultat : à seulement 14 ans, il rempоrte l’émissiоn Britain’s Gоt Talent grâce à une perfоrmance spectaculaire․

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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