Une jeune fille en pleine séance d'équithérapie.
Chaque séance d'équithérapie est unique et adaptée aux besoins du patient. © Depositphotos_tonodiaz

L’équithérapie est une thérapie à 3 : le thérapeute, le cheval, et son patient. Elle s’adresse aux enfants, adolescents ou adultes souffrant de troubles physiques, psychiques ou comportementaux. Et permet, entre autres, de travailler sur la confiance en soi ou la gestion des émotions. Guillemine Trégard, équithérapeute dans l’Ain, nous plonge dans un univers qui a fait ses preuves dans de nombreux domaines, de l’autisme à l’anxiété en passant par le handicap et les troubles de l’attention….

Elle murmure à l’oreille des chevaux, pour aider ses patients, petits et grands. Guillemine Trégard est équithérapeute*. Dans un grand pré de l’Ain, elle a fait de cet animal puissant, rassurant et intuitif un partenaire thérapeutique à part entière. Ses chevaux se partagent 4 hectares de prairie.

Il y a là Rêve, un poney d’une exquise gentillesse. Cadillac, jument aussi intelligente que curieuse. Avia, qui adore les enfants et se montre avec eux d’une patience et d’une douceur exemplaires. Et tous les autres.

Leurs points communs ? Être hypersensibles, émotifs, très réceptifs à leur environnement. Leurs sabots ancrés dans la terre, leur calme enveloppant, leur absence totale de jugement : tout chez eux apaise et sécurise. Autant de qualités qui expliquent le formidable potentiel guérisseur du cheval.

Autisme, anxiété, troubles de l’attention… En complément d’un parcours de soins plus classique, les séances d’équithérapie peuvent aider un très grand nombre d’enfants, d’adolescents et d’adultes.

À une seule condition, évidente : « avoir un attrait pour l’animal. Quel que soit le profil des bénéficiaires que j’accompagne, la motivation de la personne est indispensable », insiste Guillemine Trégard.

L’objectif n’est pas de faire de l’équitation, mais de créer un lien avec l’animal, pour travailler sur soi, et se sentir mieux. La séance débute souvent à pied. Dans un grand pré, le patient commence par aller à la rencontre de l’animal. Il l’observe, lui passe le licol, le brosse, fait quelques pas avec lui… Ce moment d’apprivoisement amorce le travail, sans contrainte ni pression.

« Ensuite, la personne pourra faire du portage, allongée ou assise sur le dos de l’animal. On y travaille l’équilibre, la posture, mais aussi la confiance corporelle. » Mais ce n’est pas obligatoire. « Parfois, la personne se contente de marcher à côté du cheval, en le guidant avec une longe, ou en totale liberté. A la fin, le patient donne une carotte à son cheval pour le féliciter. »

Chaque séance est unique, pensée pour s’adapter au rythme et aux besoins de la personne. Et les bienfaits, eux aussi, varient selon les troubles.

Autisme : créer un lien sans mots

« Le cheval permet aux jeunes atteints de troubles du spectre autistique (TSA) de s’intéresser à leur environnement. Le portage, grâce au balancement du cheval, a sur eux un effet très apaisant. »  Sa présence calme et rassurante aide l’enfant à sortir de sa bulle. Progressivement, des échanges non verbaux s’installent : un regard, un geste, une pression sur l’encolure…

Autant de victoires pour les jeunes. Ils gagnent aussi confiance en eux, en voyant qu’ils arrivent à nouer un lien affectif avec l’animal. « À condition de pratiquer régulièrement, de 2 à 4 fois par mois, les progrès sont souvent impressionnants. »

Anxiété : revenir à l’instant présent

Quand le mental s’emballe, le cheval impose une autre temporalité, qui « oblige » à ralentir. « Il vous ramène à l’instant présent. » L’espace d’une heure, on ralentit, pour être pleinement avec l’animal. Les projections anxiogènes sur l’avenir s’évaporent. Certains retrouvent un apaisement durable grâce à ces parenthèses où le monde s’arrête.

Handicap : renouer avec un corps malmené

À cheval, le handicap s’efface. L’équithérapie permet de retrouver une forme de mobilité, même temporaire, qui peut redonner un sentiment de liberté souvent perdu.

« J’ai accompagné une jeune fille paralysée. Le travail sur le cheval lui a permis de reprendre confiance en son corps. » Cette réappropriation corporelle a des effets profonds sur l’estime de soi et la relation au handicap.

TDAH : améliorer la concentration et la gestion des émotions

« Le cheval est très paisible, il n’aime pas l’agitation. » Pour bien interagir avec lui, il faut être concentré. De quoi pousser l’enfant à se canaliser. Non pas par obligation, mais par désir de créer un lien. « Le cheval ne juge pas. Si on se trompe, il ne se fâche pas. Il nous donne juste une nouvelle chance. » Une pédagogie silencieuse, mais redoutablement efficace.  

Aujourd’hui, l’équithérapie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, et la profession reste non réglementée. N’importe qui peut s’autoproclamer équithérapeute, sans aucune formation. Avant de s’engager, mieux vaut donc bien se renseigner.

Et une fois sur place, voir si les animaux sont bien traités. Certains chevaux sont sursollicités, ce qui peut se traduire, notamment, par de l’agressivité. Il est important de n’aller que dans des centres où ces animaux sont bien traités. Aussi bien que les enfants, les adolescents et les grands qu’ils aident à aller mieux… 

*Anim’Art-Equithérapie, à Misérieux. Tél. : 06 08 33 95 68

À SAVOIR

Comment écouter le cœur d’un poney, suivre la gestation d’une jument… Chaque année, le pôle santé d’Equita Lyon offre aux cavaliers, propriétaires et passionnés une occasion unique de s’informer sur la santé et le bien-être des chevaux. Outils de diagnostic révolutionnaires, techniques chirurgicales améliorées, nouveaux médicaments, prise en charge de la douleur et des blessures… Toutes les évolutions de la profession sont à explorer lors du large programme de conférences.

Du 29 octobre au 2 novembre 2025. www.equitalyon.com.

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Stéphanie Paicheler
Journaliste depuis 2001, l'expertise et la passion de Stéphanie Paicheler tournent autour de la santé. Curieuse, rigoureuse (notamment sur les délais et contraintes de formats), autonome, flexible, elle est toujours en quête d'informations décalées et originales, en lien avec l'actualité.

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