Une famille qui se retrouve tous les matins, à heure fixe, pour prendre le petit déjeuner ensemble.
Prendre son petit-déjeuner tôt est associé à une meilleure santé et une plus grande longévité.

L’heure à laquelle nous prenons notre petit-déjeuner ne serait pas qu’une question d’habitude : selon plusieurs études récentes, elle pourrait révéler beaucoup sur notre santé et même sur notre espérance de vie. Explications.

En France, près de 9 Français sur 10 prennent un petit-déjeuner au moins cinq fois par semaine, selon les enquêtes du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, 2023). Longtemps présenté comme « le repas le plus important de la journée », le petit-déjeuner concentre aujourd’hui l’attention des chercheurs… non pas tant sur ce que l’on mange, mais sur l’heure à laquelle on mange.

Une vaste étude publiée début septembre 2025 dans la revue Communications Medicine vient de jeter un pavé dans la mare : prendre son petit-déjeuner plus tard pourrait être un signe précoce de déclin de santé, notamment chez les seniors.

Des chercheurs britanniques ont suivi près de 3 000 personnes âgées de 42 à 94 ans pendant plus de vingt ans. Plus les participants retardaient leur premier repas, plus ils présentaient de risques accrus de mortalité et de morbidité (maladies chroniques, troubles physiques ou psychologiques).

  • Chaque heure de retard du petit-déjeuner était associée à 8 à 11 % de risque supplémentaire de décès.
  • À dix ans, le taux de survie était de 89,5 % chez les « petits-déjeuneurs matinaux », contre 86,7 % chez ceux qui mangeaient tard.

Ces résultats confirment une intuition déjà exprimée par plusieurs équipes : l’heure des repas, et pas seulement leur composition, influence notre santé à long terme.

Pourquoi l’heure du repas joue-t-elle un rôle ?

L’explication se trouve du côté de la chrononutrition, une discipline qui étudie l’impact des rythmes biologiques sur la manière dont nous métabolisons les aliments.

Notre organisme est réglé par une horloge interne (le rythme circadien) qui dicte les moments où nous digérons, stockons ou dépensons le mieux l’énergie. Le matin, notre métabolisme est plus actif. Nous brûlons plus facilement les calories et régulons mieux la glycémie. À l’inverse, manger tard le matin ou le soir perturbe cet équilibre, ce qui peut favoriser à terme des problèmes métaboliques (prise de poids, diabète, troubles cardiovasculaires).

Un indicateur de santé plus qu’une cause directe

Attention toutefois : les chercheurs insistent sur un point essentiel. Le fait de prendre son petit-déjeuner tard n’est pas forcément la cause des maladies. Il pourrait surtout être le révélateur de fragilités déjà présentes.

Chez les personnes âgées, un décalage des repas peut être lié à :

Il n’existe pas d’heure universelle parfaite, mais la plupart des spécialistes recommandent de prendre son premier repas dans les deux heures après le réveil. En pratique, cela signifie souvent entre 7 h et 9 h du matin, selon son rythme de vie.

Ce timing permet :

  • d’apporter l’énergie nécessaire pour la matinée,
  • de stabiliser la glycémie,
  • et de respecter la cohérence avec notre horloge biologique.

En revanche, sauter le petit-déjeuner ou le repousser vers 10 h-11 h pourrait, selon les études, être moins favorable, surtout avec l’âge. Avec le vieillissement de la population française, selon l’Insee, la France comptera environ 20 millions de personnes âgées de plus de 60 ans en 2030. Alors, surveiller les horaires des repas pourrait devenir un outil de prévention simple et accessible.

À SAVOIR 

Selon l’Inserm, prendre un petit-déjeuner régulier (au moins 5 fois par semaine) réduit le risque de surpoids et aide à mieux contrôler l’appétit.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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