Deux jeunes enfants sédentaires assis sur un canapé devant des écrans, exposés à des maladies de vieux.
Des adolescents de plus en plus sédentaires, exposés à un risque accru d'obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. © Magnific

En France, de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes développent des maladies autrefois surtout associées au vieillissement, comme le diabète de type 2, l’obésité, l’hypertension ou certains troubles cardiovasculaires. Les médecins s’inquiètent d’une génération qui bouge de moins en moins, passe toujours plus de temps assise et voit sa santé se dégrader bien plus tôt qu’auparavant.

Pendant longtemps, certaines maladies semblaient appartenir à un autre âge de la vie. Le diabète de type 2, une pathologie de quinquagénaire. L’hypertension, une affaire de retraités stressés. Les infarctus précoces, des cas rares, presque exceptionnels chez les jeunes. Mais depuis plusieurs années, les médecins voient arriver dans leurs cabinets des patients de plus en plus jeunes avec des problèmes de santé autrefois associés au vieillissement. Et ce glissement commence sérieusement à inquiéter les spécialistes.

Début juin 2026, plusieurs médecins français ont tiré la sonnette d’alarme sur cette progression de « maladies de vieux » chez les adolescents et jeunes adultes. Ces jeunes générations bougent de moins en moins, avec des conséquences déjà visibles sur leur organisme. Selon l’OMS, l’inactivité physique constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque de mortalité dans le monde. L’organisation estime que cette sédentarité est responsable de plusieurs millions de décès chaque année. Et la France n’échappe pas au phénomène.

Une jeunesse de plus en plus sédentaire

À l’école, devant les écrans, dans les transports ou à la maison… Les enfants, adolescents et jeunes adultes passent une partie croissante de leurs journées assis. Selon Santé publique France, seuls 59 % des garçons et 37 % des filles âgés de 6 à 17 ans atteignent les recommandations d’activité physique de l’OMS, qui préconise au moins 60 minutes d’activité physique par jour chez les jeunes.

Chez les adultes, la situation n’est guère meilleure. Dans un rapport publié en 2022, l’Anses estimait que plus de 95 % des adultes français présentent un risque de détérioration de la santé lié au manque d’activité physique ou à un temps excessif passé assis. Le problème, expliquent les spécialistes, n’est pas seulement l’absence de sport. C’est surtout l’accumulation quotidienne d’heures de sédentarité. On peut très bien pratiquer une activité physique une ou deux fois par semaine… et rester malgré tout trop sédentaire le reste du temps. Concrètement, le corps humain n’est pas conçu pour passer dix heures par jour immobile.

Quand le corps commence à « vieillir » plus tôt

Ce manque de mouvement finit par produire des effets très concrets dans l’organisme. Le muscle, par exemple, joue un rôle essentiel dans la régulation du sucre sanguin. Lorsqu’il est peu sollicité, il utilise moins efficacement le glucose. Le corps devient DONC progressivement moins sensible à l’insuline, l’hormone chargée de faire entrer le sucre dans les cellules. C’est ce qu’on appelle l’insulinorésistance, l’un des premiers mécanismes du diabète de type 2.

Or, ce diabète autrefois principalement diagnostiqué après 50 ans apparaît désormais chez des patients beaucoup plus jeunes. Selon la Fédération française des diabétiques, cette progression chez les adolescents et jeunes adultes préoccupe fortement les endocrinologues depuis plusieurs années, notamment en lien avec l’obésité infantile. 

Même logique pour les maladies cardiovasculaires. Le manque d’activité physique favorise progressivement plusieurs facteurs de risque :

  • la prise de poids ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • l’augmentation du cholestérol ;
  • les troubles du métabolisme ;
  • l’inflammation chronique.

À long terme, ces mécanismes accélèrent le vieillissement des artères. Le corps garde une mémoire du mode de vie selon les cardiologues. Autrement dit, les habitudes prises à 15 ou 20 ans peuvent déjà influencer la santé cardiovasculaire de demain.

Des douleurs physiques dès l’adolescence

Les conséquences ne sont d’ailleurs pas uniquement visibles dans plusieurs décennies. Elles apparaissent parfois très tôt. De nombreux médecins observent une hausse des douleurs musculosquelettiques chez les jeunes : 

  • maux de dos, 
  • douleurs cervicales, 
  • fatigue physique, 
  • perte de condition musculaire, 
  • troubles posturaux.

Selon l’Inserm, la sédentarité prolongée agit directement sur les muscles, les articulations et la condition cardio-respiratoire. Chez certains adolescents, le manque d’activité physique entraîne même un véritable déconditionnement physique, c’est-à-dire une baisse importante des capacités du corps à l’effort. Et les écrans jouent un rôle central dans cette transformation des modes de vie. Téléphone, réseaux sociaux, jeux vidéo, plateformes de streaming… Le temps d’écran quotidien explose chez les adolescents. Or, ces heures passées assis remplacent souvent des moments auparavant consacrés aux déplacements, aux jeux extérieurs ou au sport.

Une santé mentale également touchée

Le problème ne concerne pas seulement le corps. La santé mentale semble elle aussi affectée par cette sédentarité grandissante. Selon l’OMS, l’activité physique régulière contribue à réduire les symptômes anxieux, le stress et certains troubles dépressifs. À l’inverse, un mode de vie très sédentaire est associé à une moins bonne santé psychique.

Plusieurs études scientifiques ont également montré qu’une activité physique régulière améliore le sommeil, la concentration et certaines capacités cognitives chez les adolescents. Or, beaucoup de jeunes cumulent aujourd’hui plusieurs facteurs défavorables : sommeil insuffisant, écrans tardifs, stress scolaire, alimentation déséquilibrée et manque d’activité physique. Petit à petit, le corps et le cerveau finissent par s’épuiser.

Pour plusieurs spécialistes, la pandémie de Covid-19 a probablement accéléré certaines tendances déjà présentes. Les confinements successifs ont profondément modifié les habitudes de nombreux adolescents : 

  • baisse des déplacements, 
  • fermeture des clubs sportifs, 
  • augmentation du temps d’écran,
  • isolement social.

Selon Santé publique France, les niveaux d’activité physique des jeunes ont nettement chuté pendant cette période, tandis que le temps passé assis augmentait fortement. Même si la situation sanitaire est revenue à la normale, certaines habitudes semblent avoir persisté.

Le corps réagit souvent rapidement lorsque l’activité physique reprend. Pas besoin de devenir marathonien du jour au lendemain. Les spécialistes rappellent qu’une activité régulière et modérée apporte déjà des bénéfices importants.

Marcher davantage, limiter les longues périodes assises, reprendre une activité physique progressive ou simplement bouger un peu plus au quotidien peut déjà améliorer plusieurs paramètres de santé. L’objectif n’est pas de culpabiliser les jeunes, mais de comprendre à quel point notre mode de vie moderne transforme silencieusement notre organisme. Et parfois, beaucoup plus tôt qu’on ne l’imagine.

À SAVOIR 

Selon la Fédération française de cardiologie, les adolescents français ont perdu environ 25 % de leurs capacités cardio-respiratoires en quarante ans. Concrètement, les collégiens d’aujourd’hui courent moins vite et moins longtemps que ceux des années 1970-1980. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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