Un rat retrouvé mort à bord du navire potentiellement infecté par le hantavirus.
Le hantavirus, transmis par les rongeurs, est très létal mais peu contagieux. © DepositPhotos

Au large du Cap-Vert, le navire d’expédition MV Hondius est immobilisé après l’apparition d’un foyer suspect de hantavirus. Sur les 149 personnes à bord, trois sont décédées et plusieurs autres présentent des symptômes. Si quelques cas sont confirmés, d’autres restent en cours d’analyse. Les autorités sanitaires privilégient la piste d’une contamination environnementale liée à des rongeurs.

Le navire d’expédition MV Hondius a été contraint d’interrompre sa navigation au large du Cap-Vert, alors qu’un foyer suspect de hantavirus a été détecté à bord parmi ses 149 passagers et membres d’équipage, issus de 23 nationalités, dont cinq Français.

À bord, 149 personnes, passagers et membres d’équipage, vivent sous surveillance sanitaire étroite depuis hier. « Au 4 mai 2026, depuis le 1er avril, date à laquelle le navire a pris la mer, sept cas de hantavirus (dont deux confirmés et cinq suspects) ont été signalés, dont trois décès. » a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, sur le réseau social X.

D’autres analyses sont encore en cours pour établir avec certitude l’origine des symptômes observés. Face à cette situation, les autorités sanitaires internationales ont rapidement qualifié l’événement de « cluster », c’est-à-dire un regroupement de cas dans un lieu et une période donnée.

À ce stade, les investigations privilégient une exposition commune à une source contaminée, probablement liée à des rongeurs porteurs du hantavirus. Les passagers auraient été exposés au virus dans un même environnement (lors d’une escale, via du matériel ou dans certaines zones du navire) plutôt que contaminés les uns par les autres.

Contrairement à des virus comme le SARS-CoV-2, les hantavirus se transmettent très rarement d’une personne à une autre.

En attendant d’en savoir plus, le navire est immobilisé et les passagers font l’objet d’une surveillance médicale étroite, certains étant isolés par précaution.

Un virus potentiellement grave 

Le hantavirus appartient à une famille de virus présents un peu partout dans le monde, et principalement transmis à l’être humain par des rongeurs.

Selon l’OMS, les hantavirus se transmettent le plus souvent par inhalation de particules contaminées, issues des urines, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés. Concrètement, cela peut arriver en respirant de la poussière dans un lieu fermé où des rongeurs ont circulé.

Chez l’humain, l’infection peut prendre deux formes principales :

  • En Europe et en Asie, on retrouve surtout des virus comme Puumala virus ou Hantaan virus. Ils provoquent majoritairement une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (atteinte des reins).
  • Sur le continent américain, circulent d’autres souches comme le Sin Nombre virus ou le Andes virus. Celles-ci ciblent davantage les poumons, entraînant le syndrome pulmonaire à hantavirus, souvent plus grave.

Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), ce syndrome pulmonaire peut être grave, avec un taux de mortalité avoisinant 30 à 40 % chez les patients symptomatiques.

Des symptômes qui peuvent évoluer rapidement

Dans les premiers jours, la maladie peut ressembler à une grippe classique :

Puis, dans certains cas, la situation peut s’aggraver rapidement avec des difficultés respiratoires, liées à une accumulation de liquide dans les poumons.

Selon l’Institut Pasteur, cette évolution rapide nécessite une prise en charge médicale urgente, même si tous les patients ne développent pas de formes graves.

Face à l’incertitude, les autorités sanitaires ont opté pour la prudence. Le navire a été immobilisé au large du Cap Vert et et attend actuellement un port pour pouvoir débarquer ses passagers. « Il a été demandé aux passagers de rester dans leurs cabines et de limiter les risques tandis que des mesures de désinfection notamment sont prises », indique l’OMS. Plus précisément :

  • surveillance médicale quotidienne des passagers,
  • isolement des personnes symptomatiques,
  • limitation des contacts,
  • investigations environnementales à bord.

Ces mesures visent à identifier précisément l’origine de la contamination et à éviter toute propagation, même si le risque reste jugé faible.

À ce stade, rien n’indique un risque de diffusion à grande échelle. Les autorités sanitaires considèrent que le foyer est circonscrit. Plusieurs éléments vont dans ce sens :

  • le mode de transmission principalement environnemental,
  • l’absence de contagiosité élevée entre humains,
  • le confinement du foyer dans un espace identifié.

« Sur la base des informations actuelles, l’OMS évalue le risque pour la population mondiale comme faible et continuera de suivre et de mettre à jour la situation », a ainsi partagé le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X.

En France, certains hantavirus circulent déjà, notamment chez les campagnols. Chaque année, des cas humains sont recensés, principalement dans le quart nord-est du pays.

Selon Santé publique France, ces infections restent rares et généralement bénignes, mais elles existent.

Les gestes de prévention sont simples, notamment dans des lieux potentiellement exposés :

  • aérer avant de nettoyer un espace fermé,
  • éviter de soulever de la poussière,
  • porter des protections en cas de nettoyage de zones infestées,
  • limiter les contacts avec les rongeurs.

À SAVOIR 

La France a déjà été confrontée à des cas de hantavirus, notamment dans l’Est du pays en 2005 et en Guyane en 2010. Lors de cet épisode, un homme de 58 ans avait succombé à l’infection.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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