
Un médicament largement prescrit pour prévenir les caillots sanguins fait l’objet d’un rappel national. En cause, une contamination croisée avec un autre traitement, utilisé en psychiatrie. Faut-il s’inquiéter ? Et surtout, faites-vous partie des patients bénéficiant de ce traitement ? Le point.
Le 25 mars 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé le rappel d’un lot du Rivaroxaban Viatris 20 mg, un anticoagulant largement prescrit en France.
Ce traitement appartient à une classe de médicaments qui empêchent la formation de caillots sanguins. Il est notamment indiqué chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque fréquent, ou après certaines interventions chirurgicales, pour prévenir des complications graves comme l’accident vasculaire cérébral ou l’embolie pulmonaire.
Mais cette fois, ce n’est pas son efficacité, ni ses effets secondaires qui sont en cause. Le signalement concerne un défaut de qualité sur un lot précis. Certains comprimés ont été contaminés par une autre substance médicamenteuse, la Quétiapine, utilisée en psychiatrie dans la prise en charge de troubles comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires.
Une situation rare, liée à ce que l’on appelle une contamination croisée lors de la fabrication.
Deux médicaments, deux usages… et des risques bien différents
Rivaroxaban Viatris : un anticoagulant essentiel pour prévenir des accidents graves
Le Rivaroxaban Viatris 20 mg appartient à la famille des anticoagulants, parfois appelés “fluidifiants sanguins”. Leur rôle est d’empêcher la formation de caillots dans le sang, qui peuvent obstruer des vaisseaux et provoquer des complications graves.
Il est notamment prescrit :
- en cas de fibrillation auriculaire (trouble du rythme cardiaque fréquent),
- après certaines chirurgies orthopédiques,
- ou pour traiter et prévenir les phlébites et embolies pulmonaires.
Ces médicaments sont indispensables dans la prise en charge de nombreux patients, mais ils ne sont pas anodins. Leur principal risque est le saignement, parfois grave, en particulier en cas de surdosage, d’interaction médicamenteuse ou de mauvaise observance.
Quétiapine : un antipsychotique aux effets… importants
La Quétiapine, elle, appartient à une toute autre catégorie : les antipsychotiques. Elle agit sur le système nerveux central et est utilisée dans le traitement de troubles psychiatriques comme :
- la schizophrénie,
- les troubles bipolaires,
- ou certains épisodes dépressifs.
Selon les données de référence du médicament, la quétiapine peut entraîner plusieurs effets indésirables, parmi lesquels :
- une somnolence marquée,
- des vertiges,
- une prise de poids,
- ou encore des troubles métaboliques à plus long terme.
Une contamination croisée, comment est-ce possible ?
La contamination croisée survient lorsqu’un médicament entre en contact accidentel avec un autre lors du processus de fabrication, généralement sur une même chaîne de production.
Selon l’ANSM, le lot concerné, identifié sous le numéro 8212020, avec une date de péremption 07/2028, contient des traces de quétiapine à hauteur de moins de 0,05 mg par comprimé.
Pour mettre ce chiffre en perspective, les doses thérapeutiques habituelles de quétiapine se situent entre 50 et 600 mg par jour. La quantité retrouvée est donc très faible, bien en dessous des doses utilisées en pratique clinique.
Quels sont les risques pour les patients ?
À ce stade, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. L’ANSM précise qu’aucun effet indésirable n’a été signalé en lien avec ce défaut de qualité.
De plus, aucune interaction médicamenteuse connue entre le rivaroxaban et la quétiapine n’a été identifiée dans ce contexte précis.
Mais prudence ne signifie pas panique. Car même à faible dose, la quétiapine peut provoquer certains effets secondaires, notamment chez des personnes sensibles ou fragiles.
Parmi les symptômes potentiels, les professionnels de santé évoquent :
- une somnolence inhabituelle
- des vertiges
- une bouche sèche
- des maux de tête
En pratique : que faire si vous prenez ce médicament ?
Attention, n’arrêtez pas votre traitement !
Le Rivaroxaban Viatris 20 mg est un médicament indispensable pour de nombreux patients. Son arrêt brutal peut entraîner un risque de formation de caillots, avec des conséquences potentiellement graves : accident vasculaire cérébral (AVC), embolie pulmonaire…
L’ANSM insiste donc clairement : il ne faut pas interrompre son traitement sans avis médical. Même en cas de doute sur le lot, la priorité reste de maintenir la protection anticoagulante.
Êtes-vous concerné ? Les éléments à vérifier
Le rappel ne concerne qu’un seul lot. Il ne s’agit donc pas d’un problème généralisé. Pour savoir si vous êtes concerné, il suffit de vérifier les informations figurant sur la boîte :
- Nom du médicament : Rivaroxaban Viatris 20 mg
- Numéro de lot : 8212020
- Date de péremption : 07/2028
Si ces éléments correspondent, rapporter la boîte à votre pharmacien, qui procédera à un échange. Les pharmaciens ont d’ailleurs été invités à contacter les patients concernés lorsque cela est possible.
Une distribution récente, un rappel rapide
Toujours selon l’ANSM (2026), le lot concerné a été mis sur le marché français à partir de fin janvier 2026. Sa distribution a été suspendue dès l’identification de l’anomalie.
Ce type de rappel s’inscrit dans un cadre encadré de pharmacovigilance et de contrôle qualité. En pratique, chaque signal,même jugé mineur, fait l’objet d’une analyse approfondie, d’une traçabilité précise et d’une communication aux professionnels de santé.
À SAVOIR
Les patients peuvent demander à leur pharmacien de vérifier directement dans leur historique de délivrance si une boîte issue du lot rappelé leur a été remise, notamment lorsque le doute persiste.







