
Surpris dans son “sommeil”, le système de santé français a eu beaucoup de mal à faire face à la pandémie de Covid-19. Alors que les experts ne cachent pas leurs inquiétudes face aux épidémies à venir, nos hôpitaux ont-ils su tirer les leçons du passé ? C’est pour contribuer à mieux répondre à cet enjeu que les Hospices Civils de Lyon et l’Inserm viennent d’annoncer le lancement d’une plateforme nationale prête à être activée pour accélérer les essais cliniques relatifs aux traitements et à la prise en charge des patients en cas de nouvelle maladie infectieuse émergente.
Le désarroi des soignants confrontés à l’impensable, dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19, reste l’un des épisodes marquants de cette époque douloureuse, aux répercussions abyssales. Entre manque de moyens et options de traitement limitées, les équipes médicales ont fait ce qu’elles ont pu pour assurer la prise en charge des patients, dans un contexte qui a surtout révélé les limites de notre système de santé.
On sait que notre monde, c’est désormais inévitable, fera face à d’autres épidémies. Et tout l’enjeu réside dans ses capacités à anticiper et à mieux supporter une éventuelle pandémie, une ambition à laquelle les Hospices Civils de Lyon et l’Inserm ont choisi d’apporter une réponse commune.
Les hôpitaux lyonnais se sont en effet associés à l’ANRS Maladies Infectieuses Emergentes, une agence de l’Inserm, pour créer la plate-forme OPEN-ReMIE. Ce dispositif doit permettre la mobilisation express, en cas de nouvelle épidémie ou autre menace sanitaire, de toutes les ressources nécessaires en recherche clinique à l’hôpital, avec un objectif primaire : “renforcer la préparation du pays face aux risques de survenue d’une nouvelle crise sanitaire”.
Un “plan blanc” spécialement dédié à la recherche clinique
L’ambition concrète de ce réseau “OPEpérationnel National de REcherche clinique pour les Maladies Infectieuses Emergentes” est de favoriser une meilleure prise en charge des patients, à travers des traitements optimaux. “L’expérience de la pandémie de Covid-19 a démontré que la France bénéficiait d’un système hospitalier puissant et très résilient dans beaucoup de domaines dont la recherche, mais perfectible en cas de crise”, confirme le Pr Florence Ader, infectiologue aux HCL et co-responsable du dispositif. “OPEN-ReMIE, c’est un outil opérationnel né de cette expérience et de ce constat, qui doit nous permettre, collectivement, d’identifier rapidement la bonne option thérapeutique pour les patients hospitalisés dans un contexte de crise sanitaire”.
Ce réseau intègre des établissements de santé, des laboratoires de recherche et des acteurs institutionnels. Toutes ces composantes pourraient être activées et mobilisées à la demande : “inspiré du concept de gestion de crise, OPEN-ReMIE fonctionne comme un « plan blanc » de la recherche clinique thérapeutique, en permettant une mobilisation immédiate des ressources et des infrastructures en cas de crise sanitaire”, annoncent les HCL dans un communiqué.
À SAVOIR
Lancée en mars, la plateforme OPEN-ReMIE bénéficie d’un investissement de 10 millions d’euros assuré par l’Agence nationale de la recherche, dans le cadre du plan de relance France 2030. L’un des volets de ce plan national destiné à améliorer, en cinq ans, les compétitivité industrielle e technologique du pays, est une stratégie d’accélération “maladies infectieuses émergentes et menaces nucléaire,
radiologique, biologique et chimique”.







