Une jeune femme qui souffre de reflux gastro-œsophagien et doit vivre avec des remontées acides fréquentes.
La remontée acide n’est pas un simple désagrément digestif sans cause. © Freepik

Brûlure derrière la poitrine, sensation acide qui remonte après les repas… La remontée acide est un trouble digestif fréquent, souvent minimisé. Pourtant, cet inconfort est un mécanisme digestif, appelé le reflux gastro-œsophagien ou RGO, peut, à long terme, devenir handicapant. Mais à quoi est-ce dû ? Comment y remédier ? Le point. 

Le reflux gastro-œsophagien correspond à une remontée du contenu acide de l’estomac jusque dans l’œsophage, un organe qui n’est pas protégé contre cette acidité. Avec à la clé de pénibles désagréments. Selon l’Assurance Maladie, ce reflux peut provoquer des brûlures derrière le sternum, des régurgitations acides, parfois une gêne dans la gorge, voire une toux persistante.

En France, près d’un adulte sur cinq présente des symptômes de remontée acide occasionnels, environ 10 % en souffrent quotidiennement. Et le reflux gastro-œsophagien est devenu un trouble courant, en lien étroit avec nos modes de vie modernes.

À la jonction entre l’œsophage et l’estomac se trouve le sphincter inférieur de l’œsophage. Il agit comme une valve anti-retour, s’ouvrant au passage des aliments, puis se refermant pour empêcher l’acide gastrique de remonter.

Dans le reflux gastro-œsophagien, cette valve perd de son efficacité. Elle se relâche trop souvent, trop longtemps, ou au mauvais moment. Et alors, l’acide gastrique s’invite là où il ne devrait jamais aller. C’est ce dysfonctionnement mécanique qui constitue la cause principale des remontées acides. 

Des repas trop lourds pour l’estomac

L’estomac n’aime pas être débordé. Les repas copieux, riches en graisses, augmentent la pression à l’intérieur de l’estomac. Cette pression pousse le contenu gastrique vers le haut, facilitant le passage de l’acide à travers un sphincter déjà fragilisé.

Les autorités sanitaires françaises insistent sur le fait que manger excessivement, trop vite ou trop tard le soir favorise nettement les remontées acides. Ce n’est pas tant un aliment « interdit » qu’une question de quantité et de rythme.

Le poids du ventre, au sens propre

Le surpoids, et plus particulièrement l’obésité abdominale, est aujourd’hui reconnu comme l’un des facteurs les plus importants du reflux gastro-œsophagien. L’excès de graisse au niveau de l’abdomen exerce une pression constante sur l’estomac, facilitant la remontée de l’acide vers l’œsophage.

La perte de poids fait partie des mesures les plus efficaces pour réduire durablement les symptômes de remontée acide chez les personnes concernées.

La hernie hiatale : un terrain favorable au reflux

Chez de nombreux patients, le reflux gastro-œsophagien est associé à une hernie hiatale. Il s’agit du passage d’une partie de l’estomac au-dessus du diaphragme, par l’orifice naturel qui laisse passer l’œsophage.

Cette modification anatomique perturbe l’efficacité du sphincter œsophagien et favorise les reflux, notamment en position allongée. La hernie hiatale est plus fréquente avec l’âge, ce qui explique en partie l’augmentation des remontées acides chez les personnes plus âgées.

Tabac et alcool : des facteurs aggravants bien documentés

Le tabac n’est pas seulement mauvais pour les poumons. Il agit aussi directement sur la digestion. Selon l’Assurance Maladie, il diminue la pression du sphincter inférieur de l’œsophage et irrite la muqueuse digestive, facilitant ainsi les remontées acides.

L’alcool, quant à lui, a un effet relaxant sur ce sphincter. Consommé régulièrement, notamment le soir, il favorise les reflux nocturnes, souvent plus intenses et plus gênants.

Grossesse : un reflux souvent temporaire, mais fréquent

Chez les femmes enceintes, les remontées acides sont particulièrement courantes. Les changements hormonaux relâchent les muscles digestifs, tandis que l’utérus exerce une pression croissante sur l’estomac.

Le reflux gastro-œsophagien observé pendant la grossesse est le plus souvent transitoire et tend à disparaître après l’accouchement, sans conséquence à long terme dans la majorité des cas.

Le RGO reste toutefois courant chez les nourrissons, chez qui la prise du biberon peut se transformer en véritable calvaire, pour le bébé comme pour les parents.

Des remontées acides occasionnelles après un excès alimentaire ne sont pas inquiétantes. En revanche, lorsque les symptômes deviennent fréquents, persistants ou nocturnes, ils peuvent traduire un RGO chronique.

À long terme, l’exposition répétée de l’œsophage à l’acide peut entraîner une inflammation appelée œsophagite, complication reconnue par la Haute Autorité de Santé. D’où l’importance de ne pas banaliser un reflux répété.

À SAVOIR

Le reflux gastro-œsophagien ne provoque pas toujours des brûlures digestives. Il peut aussi se manifester par une toux chronique, une irritation de la gorge ou un enrouement persistant. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

2 Commentaires

  1. Merci pour cet article 👍 ! J’ai eu des reflux gastrique très souvent. J’ai d’ailleurs changé mon alimentation, plus de repas léger le soir, je mange plus lentement, j’ai également plus de fibres et du fait maison dans mes repas quotidiens. Au fil du temps, je n’ai pratiquement plus de reflux gastrique, je dors mieux et surtout je me sens plus légère.

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