homme addict au travail
Bien qu'étonnante pour certains, l'addiction au travail est bien réelle et n'est pas à prendre à la légère. ©Freepik

Vous êtes sur-investi dans votre travail ? Votre charge professionnelle devient votre priorité ? Attention, il n’y a parfois qu’un pas de l’implication excessive au travail à l’addiction. Oui, être accro au travail est une réalité, et c’est plus courant qu’on ne le suppose ! En effet, environ 8 % des professionnels sont touchés par cette addiction. Zoom sur les risques du “workaholisme”, ses conséquences et les solutions pour y remédier.

Dans un monde qui encourage l’ambition et la réussite professionnelle, l’obsession du travail peut souvent engendrer des répercussions sévères sur la santé mentale, la sphère personnelle et même sur la productivité. Se consacrer excessivement à son travail peut, il est vrai, ouvrir des portes vers l’évolution professionnelle, mais la question se pose : à quel prix pour sa santé ?

L’addiction au travail, ça existe !

Une addiction, quel que soit le domaine, n’est jamais bon signe. L’addiction est une pathologie qui repose sur la consommation répétée d’un produit ou la pratique anormalement excessive d’un comportement. Généralement ce mécanisme de dépendance conduit à une perte de contrôle du niveau de consommation/pratique, d’un isolement social, d’une modification de l’équilibre émotionnel et peut aller jusqu’à des troubles d’ordres médicaux. 

Il est important de noter que l’addiction n’est pas toujours synonyme de substances psychoactives (qui agit sur le système nerveux). En effet, une addiction peut être une addiction aux produits (tabac, alcool, drogue…) mais également une addiction sans produits. Dans ce cas, elle peut se manifester sous forme de comportements compulsifs, comme l’addiction aux jeux, à la nourriture, à la technologie, au sexe ou encore au travail.

Et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, l’addiction au travail existe. Aussi appelé workaholisme, cette addiction se caractérise par un temps de travail démesuré accompagné d’une satisfaction très faible. 

Workaholisme : revenons en au point de départ 

Comme pour toute addiction, les causes du workaholisme sont à trouver au niveau de l’environnement. C’est cet environnement, familial ou social, qui a favorisé le développement d’un rapport au travail plus ou moins stable. Dans les facteurs environnementaux ou autrement appelés “contexte professionnel”, nous retrouvons généralement : 

  • La culture de l’hyperperformance
  • Les heures supplémentaires favorisées
  • La culture managériale de la compétition (défis, récompenses) 
  • Les postes à responsabilité

La société moderne encourage souvent la surcharge de travail comme un signe de succès, poussant les professionnels à travailler excessivement pour répondre à certaines attentes : plus on travaille, plus on est bon.

Quels sont les facteurs aggravants ?

Le genre n’a pas de réelles incidences, les femmes (8,8%) et les hommes (7,8%) étant tout aussi concernés.

Les facteurs favorisant l’addiction au travail, en tout cas, peuvent être d’origine très personnelle. On les appelle les facteurs individuels : ce sont les traits psychologiques qui prédisposent une personne à devenir addict à quelque chose. Parmi eux : 

  • Une faible estime de soi
  • Le besoin de reconnaissance sociale
  • La crainte du jugement
  • L’hyperactivité
  • Un trait de caractère plutôt perfectionniste
  • Une grande ambition de carrière
  • Une exigence extrême envers soi-même
  • Le métier vécu comme une vocation

Pour certains, le travail excessif peut servir de refuge pour échapper à d’autres problèmes de la vie, tels que le stress, la solitude ou les conflits personnels.

À terme, la personne addicte n’arrivera plus à poser de limites, voudra toujours travailler davantage : la sphère professionnelle envahit progressivement la sphère privée.

Suis-je addict au travail ? 

Identifier l’addiction au travail est essentiel pour prévenir son impact. Les signes clés à surveiller incluent :

  • Obsession constante pour le travail : les individus addictifs au travail sont constamment préoccupés par leur emploi, même en dehors du bureau.
  • Négligence de la santé et des relations : l’addiction au travail peut entraîner un déséquilibre majeur, avec une négligence de la santé physique et des relations personnelles.
  • Incapacité à déconnecter : les personnes affectées ont souvent du mal à prendre des pauses ou à se détendre, même lorsque c’est nécessaire.

Il peut être complexe de définir clairement la limite entre l’engagement, le surinvestissement, la passion et l’addiction, car elle varie d’une personne à l’autre et est parfois influencée par le contexte professionnel. Pour certaines personnes, un engagement intense au travail est perçu comme une source d’accomplissement personnel. En revanche, pour d’autres, il peut être difficile de reconnaître que leur surinvestissement révèle une détresse psychologique et compromet leur équilibre déjà fragile.

Passion, addiction : une ligne étroite

Votre travail prend de plus en plus de place (trop de place), et vous vous demander si ce n’est pas en train de devenir une addiction ? Voici comment distinguer la passion d’une addiction : 

  • Passion : Vous travaillez beaucoup, mais vous avez des loisirs à côté.
  • Addiction : Le travail occupe l’entièreté de votre temps.
  • Passion : Vous êtes généralement satisfait de votre travail et des résultats qui en découlent.
  • Addiction : Vous n’êtes jamais satisfait de votre travail.
  • Passion : Vous parlez parfois de votre travail avec vos proches quand l’occasion s’y perte, positivement et négativement.
  • Addiction : Vous parlez tout le temps de votre travail à vos proches.
  • Passion : Vous savez et aimez travailler aussi bien seul qu’en équipe.
  • Addiction : Travailler en équipe vous pose de plus en plus de problèmes.

Addiction au travail : quelles conséquences ?

Les personnes workaholiques sont en moyenne en moins bonne santé et plus fragiles que les autres professionnels. Leur tendance irrationnelle et compulsive à travailler les expose, entre autres, à des niveaux de stress particulièrement élevés. L’addiction au travail peut entraîner des conséquences difficile à gérer, notamment :

  • Le burn-out : le travail excessif peut mener à l’épuisement professionnel, déclenchant un cycle destructeur de stress et de fatigue.
  • L’isolement social : la priorité accordée au travail peut entraîner une détérioration des relations personnelles, entraînant un isolement social.
  • Une baisse de la productivité à long terme : paradoxalement, l’addiction au travail peut finalement entraîner une diminution de la productivité, car l’épuisement et le stress prennent le dessus.

La personne atteinte de workaholisme perd progressivement sa volonté de participer à des interactions sociales. Elle s’isole de ses amis et délaisse ses loisirs, car elle ne parvient plus à trouver d’intérêt dans des activités autre que son travail.

Pour essayer de tenir le rythme qu’ils s’imposent, nombreux sont les workaholiques qui se tournent vers la consommation de substances illégales. Ainsi, ils développent de nouvelles addictions qui contribuent petit à petit à la détérioration de leur santé.

Mieux vaut prévenir que guérir…

Il est évidemment possible de prévenir l’addiction au travail en adoptant des stratégies telles que :

  • L’établissement de limites : fixez des heures de travail claires et respectez-les. Prenez régulièrement des pauses pour vous ressourcer.
  • Un équilibre de vie : consacrez du temps à des loisirs et à des activités qui vous passionnent en dehors du travail pour équilibrer votre vie.
  • La recherche d’aide professionnelle : si l’addiction au travail devient un problème sérieux, consultez un professionnel de la santé mentale ou un coach de vie pour obtenir un soutien approprié. Le médecin du travail ou le psychologue peuvent également être de précieux conseils.

L’addiction au travail est un souci à ne pas prendre à la légère. N’hésitez pas à en parler. 

À SAVOIR 

Le terme “workaholic” est est un mot-valise construit à partir des mots work (travail) et alcoholic (alcoolique).

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