Une jeune femme buvant une tasse de café trop chaud.
Boire un thé trop chaud, quand il fait froid, engendre un écart de température loin d'être anodin pour le corps. © Freepik

Thé, café, tisane : ces boissons chaudes nous réconfortent au cœur de l’hiver et ponctuent nos journées. Mais attention, chaleur ne rime pas toujours avec douceur.
Car consommées à des températures trop élevées, ces boissons brûlantes qu’on adore pourraient faire grimacer… nos cellules. De récentes études pointent un lien entre ingestion de liquides très chauds et risque accru de cancer de l’œsophage. Alors, faut-il laisser refroidir son mug avant de siroter ? Réponse avec quelques gorgées d’explications.

C’est un rituel quotidien pour des millions de personnes. Café du matin, thé de l’après-midi, tisane du soir… Rien de plus rassurant qu’une boisson bien chaude entre les mains. Elle réchauffe, apaise, recentre.

Mais sous ses airs inoffensifs, ce petit plaisir pourrait, à haute température, se transformer en mauvaise habitude. Car au-delà du goût et du réconfort, c’est la température de ces boissons brûlantes qui interroge les scientifiques.

Un réflexe courant… mais pas sans conséquence

Il fait froid, vous attrapez un thé bien chaud, presque fumant, et l’avalez en vitesse. Ce réflexe anodin est pourtant loin d’être sans impact. En 2016, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), dépendant de l’OMS, a classé la consommation de boissons très chaudes (au-delà de 65 °C) comme « probablement cancérogène pour l’homme » (groupe 2A). En cause ? Des brûlures chroniques infligées aux tissus de l’œsophage, qui pourraient favoriser le développement de cellules anormales.

À noter : Il ne s’agit pas du contenu de la boisson en elle-même, mais bien de la température à laquelle elle est consommée.

Que nous disent les études?

Plusieurs travaux scientifiques l’ont confirmé. Une étude menée en Iran sur plus de 50 000 personnes a montré que les amateurs de thé consommé à très haute température (plus de 70 °C) avaient un risque de cancer de l’œsophage multiplié par deux par rapport à ceux qui le buvaient tiède.

Autre exemple avec une étude publiée dans International Journal of Cancer en 2019, celle-ci menée auprès de buveurs de thé au Golestan (région du nord-est de l’Iran), a renforcé ce constat. Ceux qui consommaient plus de 700 ml de thé par jour à plus de 60 °C présentaient un risque augmenté de 90 %.

Concrètement, pourquoi ça pose problème ?

Le mécanisme est simple : une chaleur excessive et répétée peut endommager la muqueuse de l’œsophage. Cette agression chronique entraîne des inflammations, qui à long terme favorisent les mutations cellulaires. Et c’est là que le risque cancéreux apparaît.

D’autant plus que la combinaison “boisson brûlante + tabac ou alcool” serait encore plus néfaste, ces facteurs agissant en synergie sur les tissus.

Pas de panique : la clé, c’est la modération

Faut-il pour autant bannir son thé ou son espresso matinal ? Bien sûr que non. Toutefois, quelques précautions s’imposent :

  • Laissez refroidir votre boisson quelques minutes. Attendez qu’elle descende en dessous de 60 °C.
  • Préférez siroter que boire d’un trait, surtout si elle est encore fumante.
  • Faites attention aux tisanes thermos, qui conservent la chaleur longtemps.

À SAVOIR

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe les boissons consommées à plus de 65 °C comme « probablement cancérogènes » (OMS, 2016). Une étude de 2019 publiée dans l’International Journal of Cancer a confirmé un lien entre consommation de boissons très chaudes et risque accru de cancer de l’œsophage. Cette zone fragile peut subir des micro-lésions répétées, invisibles mais propices à des mutations cellulaires.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentLe sommeil polyphasique peut-il vraiment booster la productivité sans risque ?
Article suivantCancer de l’ovaire : la maladie silencieuse qui guette les femmes après 60 ans

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici