Un homme qui traite sa calvitie avec le finastéride.
Selon l’IFOP, la calvitie touche environ 13 % des Français, soit près de 8,5 millions de personnes. © Freepik

À partir de 2026, les hommes traités par finastéride 1 mg contre la calvitie devront présenter, en plus de leur ordonnance, une attestation annuelle signée avec leur médecin. Mais pourquoi l’ordonnance en suffit pour avoir accès à ce traitement contre la calvitie ? 

Le finastéride 1 mg, prescrit dans l’alopécie androgénétique (calvitie dite “hormonale”), est utilisé depuis des années par des hommes souvent jeunes, soucieux de ralentir leur chute de cheveux.

Mais à partir du 16 avril 2026, il ne sera plus délivré aussi simplement. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé qu’une attestation annuelle d’information partagée, signée par le médecin prescripteur et le patient, devra désormais accompagner l’ordonnance pour toute première prescription de finastéride 1 mg.

Et pour les patients déjà traités, ils auront jusqu’au 16 juin 2026 pour se mettre à jour lors du renouvellement.

Les effets indésirables de la finastéride  

Le finastéride bloque une enzyme appelée 5-alpha-réductase, responsable de la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), hormone impliquée dans la miniaturisation du follicule pileux et donc dans la calvitie masculine.

En freinant cette transformation hormonale, le médicament peut ralentir la chute des cheveux et parfois favoriser une repousse partielle. Sur le papier, l’idée séduit. Dans la vraie vie, elle mérite parfois nuance.

Car depuis plusieurs années, des signalements d’effets indésirables s’accumulent, en particulier sur deux volets :

L’ANSM rappelle que certains de ces effets peuvent persister après l’arrêt du traitement chez certains patients.

Ce que disent les autorités européennes

En 2025, l’Agence européenne des médicaments (EMA), via son comité de pharmacovigilance (PRAC), a réévalué le rapport bénéfice-risque du finastéride à la demande notamment de la France.

Cette réévaluation a confirmé que des idées suicidaires avaient été rapportées chez des patients traités par finastéride, justifiant un renforcement de l’information et de la vigilance.

Autrement dit, le médicament reste autorisé, mais son utilisation doit être mieux encadrée.

C’est une logique classique en pharmacovigilance : quand un traitement conserve un intérêt thérapeutique mais expose à des risques potentiellement graves, on ne l’interdit pas nécessairement. On renforce les garde-fous.

Une attestation annuelle : concrètement, qu’est-ce que c’est ?

Le document mis en place par l’ANSM remplace la fiche d’information patient diffusée depuis 2019. Il devra être signé conjointement par le médecin et le patient après un échange sur :

  • les effets indésirables possibles ;
  • leur éventuelle persistance après arrêt ;
  • les signes d’alerte à surveiller ;
  • la conduite à tenir en cas de symptômes ;
  • la nécessité d’un suivi médical régulier ;
  • l’intérêt de prendre un temps de réflexion avant de débuter le traitement.

Le patient conservera un exemplaire, qu’il devra présenter au pharmacien avec son ordonnance. Sans ce document, la délivrance pourra être refusée.

Le formulaire sera valable un an, puis devra être renouvelé. Un détail administratif ? Pas seulement. Cette mesure vise surtout à formaliser un échange médical parfois trop rapide autour d’un médicament souvent perçu comme anodin.

Un traitement souvent banalisé car destiné à une pathologie non grave

Le finastéride 1 mg traite une situation fréquente, parfois mal vécue psychologiquement, mais qui n’est pas une maladie grave au sens vital du terme.

L’alopécie androgénétique touche une part importante des hommes avec l’âge. Selon la Société française de dermatologie, elle peut débuter dès la vingtaine chez certains patients.

Perdre ses cheveux peut être douloureux sur le plan de l’image de soi, de la confiance ou de la vie sociale. Cela mérite d’être entendu. Mais le traitement proposé doit être proportionné au bénéfice attendu.

Lorsqu’un médicament est prescrit pour améliorer une gêne esthétique ou psychologique, le niveau d’information sur les risques doit être particulièrement clair.

La mesure vise les médicaments oraux contenant du finastéride 1 mg, indiqués dans les stades peu évolués de l’alopécie androgénétique chez les hommes adultes, généralement entre 18 et 41 ans selon les conditions d’autorisation françaises rappelées par l’ANSM.

Elle ne concerne pas directement :

  • le finastéride 5 mg, utilisé dans certaines pathologies prostatiques ;
  • les formes topiques éventuelles selon leur statut ;
  • les autres traitements de la chute des cheveux.

Mais dans tous les cas, les risques et précautions doivent être discutés au cas par cas avec un professionnel de santé.

Les patients déjà traités disposent d’un délai jusqu’au 16 juin 2026 pour obtenir l’attestation lors d’une consultation de renouvellement.

L’occasion, aussi, de refaire le point :

  • le traitement est-il efficace ?
  • des effets secondaires sont-ils apparus ?
  • le bénéfice ressenti justifie-t-il la poursuite ?
  • existe-t-il des alternatives ?

Les autorités recommandent de consulter rapidement un médecin en cas de :

  • tristesse inhabituelle ;
  • anxiété marquée ;
  • idées noires ;
  • baisse importante de libido ;
  • troubles sexuels persistants ;
  • tout changement psychique notable survenu après l’introduction du traitement.

En cas de symptômes psychiatriques sévères, l’arrêt du médicament et une consultation urgente sont recommandés par l’ANSM.

À SAVOIR 

On entend souvent dire que la calvitie vient uniquement du côté du père. En réalité, c’est faux. Le gène le plus connu impliqué dans l’alopécie androgénétique se situe sur le chromosome X, transmis par la mère à son fils.

Mais attention, la calvitie n’est pas liée à un seul gène. Des dizaines de variants génétiques interviennent aussi, ainsi que l’âge et les hormones. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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