
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a révélé avoir été traité pour un cancer de la prostate détecté à un stade précoce. Une annonce qui remet sous les projecteurs une maladie fréquente chez les hommes, souvent discrète à ses débuts. Alors, quels signes doivent vraiment alerter ? Et quand consulter ? Le point.
Ce vendredi 24 avril, Benjamin Netanyahu a révélé avoir été soigné pour un cancer de la prostate détecté tôt, après un suivi médical réalisé à la suite d’une précédente intervention urologique fin 2024. D’après les informations communiquées, la tumeur était petite, limitée à la prostate et aucune métastase n’aurait été repérée. Son traitement a été présenté comme un succès.
En France, selon Institut national du cancer (INCa), près de 59 885 nouveaux cas ont été estimés en 2023. L’âge médian au diagnostic est de 68 ans. En clair, cette maladie concerne majoritairement des hommes qui avancent en âge, souvent à un moment où l’on surveille davantage son cholestérol, ses articulations ou sa tension… que sa prostate.
Ce cancer peut évoluer longtemps sans bruit. Dans de nombreux cas, il ne provoque aucun symptôme au début et se découvre lors d’un bilan médical, d’un dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) ou d’examens réalisés pour une tout autre raison. D’où l’intérêt de connaître les signes qui, eux, doivent pousser à consulter.
Mais à quoi sert la prostate exactement ?
La prostate est une glande de la taille d’une châtaigne située sous la vessie, autour de l’urètre, le canal par lequel passe l’urine. Elle participe à la fabrication du liquide séminal. Un liquide qui sert à transporter et protéger les spermatozoïdes lors de l’éjaculation.
Avec l’âge, la prostate augmente souvent naturellement de volume. On parle alors d’hypertrophie bénigne de la prostate, un phénomène fréquent et sans lien avec un cancer. Ce grossissement peut toutefois provoquer des troubles urinaires.
Sans avis médical, il n’est pas toujours simple de savoir si les symptômes sont liés au vieillissement, à une infection ou à une maladie plus sérieuse.
Cancer de la prostate : quels sont les symptômes ?
Les signes urinaires
Avoir envie d’uriner plus souvent ne signifie pas automatiquement cancer. Heureusement. Mais certains symptômes doivent pousser à consulter, surtout s’ils persistent ou s’installent progressivement.
Selon Assurance Maladie et l’Institut national du cancer, plusieurs signes peuvent alerter :
- des envies fréquentes d’uriner, notamment la nuit ;
- des difficultés à commencer à uriner ;
- un jet urinaire faible ou interrompu ;
- la sensation de ne pas vider complètement la vessie ;
- des besoins urgents et répétés ;
- des brûlures ou douleurs en urinant ;
- du sang dans les urines, plus rare mais à faire vérifier rapidement.
Ces symptômes sont souvent liés à une hypertrophie bénigne de la prostate ou à une infection urinaire. Mais justement, seul un professionnel de santé peut faire la part des choses.
Quand la maladie se fait plus insistante
Un cancer de la prostate plus avancé peut entraîner d’autres manifestations. Elles ne sont pas spécifiques, mais méritent une évaluation médicale, surtout après 50 ans :
- douleurs osseuses persistantes (dos, bassin, hanches) ;
- fatigue inhabituelle ;
- perte de poids involontaire ;
- troubles urinaires qui s’aggravent nettement ;
- parfois troubles de l’érection.
Pourquoi des douleurs osseuses ? Parce que la prostate peut, à un stade avancé, donner des métastases osseuses. Cela reste précisément ce que l’on cherche à éviter grâce à une détection plus précoce.
L’absence totale de symptômes
De nombreux cancers de la prostate localisés ne provoquent aucun symptôme. On se sent bien et on vit normalement.
Selon la Haute Autorité de santé (HAS), c’est l’une des raisons pour lesquelles la question du dépistage est complexe. Certains cancers évoluent lentement et n’auraient jamais menacé la vie du patient, tandis que d’autres sont plus agressifs. L’enjeu consiste donc à repérer les formes nécessitant un traitement, sans surdiagnostiquer inutilement.
Cancer de la prostate : faut-il se faire dépister systématiquement ?
En France, il n’existe pas de dépistage organisé systématique du cancer de la prostate, contrairement au cancer du sein ou au cancer colorectal.
La HAS ne recommande pas un dépistage généralisé de tous les hommes sans discussion préalable. En revanche, elle insiste sur une décision partagée entre le patient et le médecin, après information sur les bénéfices et les limites du dosage PSA.
Le PSA est une protéine produite par la prostate. Un taux élevé peut être lié à un cancer, mais aussi à une hypertrophie bénigne, une inflammation, une infection ou même parfois un effort récent. Ce n’est donc pas un test “oui/non”.
Concrètement, un homme inquiet, symptomatique ou présentant des facteurs de risque peut en parler avec son médecin traitant.
Cancer de la prostate : l’importance du diagnostic précoce
Cancer de la prostate : qui doit être particulièrement vigilant ?
Certains profils justifient une attention renforcée :
- les hommes de plus de 50 ans ;
- ceux ayant un père, un frère ou plusieurs proches atteints d’un cancer de la prostate ;
- certains antécédents génétiques rares (mutations BRCA2 notamment) ;
- les hommes présentant des symptômes urinaires persistants.
Selon l’INCa, les antécédents familiaux augmentent le risque. Un dialogue précoce avec le médecin est alors recommandé.
Comment se déroule le diagnostic ?
Si des signes alertent ou si le PSA pose question, plusieurs examens peuvent être proposés :
- examen clinique, parfois toucher rectal ;
- prise de sang PSA ;
- IRM prostatique ;
- biopsies ciblées si nécessaire.
L’IRM a considérablement modifié la prise en charge ces dernières années. Elle permet de mieux repérer les zones suspectes et d’éviter certaines biopsies inutiles.
Et si un cancer est découvert ?
Tous les cancers de la prostate ne se ressemblent pas. Selon les recommandations de l’Association française d’urologie, plusieurs stratégies existent selon l’âge, l’état général, l’agressivité de la tumeur et son extension :
- surveillance active (sans traitement immédiat) ;
- chirurgie ;
- radiothérapie ;
- hormonothérapie ;
- parfois combinaisons de traitements.
Oui, surveillance active. Cela signifie suivre de près un cancer peu agressif, sans se précipiter sur une intervention. Une option parfois déroutante pour les patients, mais validée médicalement dans certaines situations.
À SAVOIR
Le cancer de la prostate est l’un des cancers pour lesquels la survie est aujourd’hui parmi les plus élevées lorsqu’il est détecté tôt. Selon l’Institut national du cancer, la survie nette à 5 ans dépasse 90 % en France.







