Le soleil orangé et l’atmosphère écrasée de chaleur témoignent de cette canicule exceptionnellement précoce qui frappe la France en plein mois de mai.
Plus de 350 records de chaleurs ont été battus ou égalés hier (lundi 25 mai) et au moins huits morts ont été enregistrés en lien avec la canicule selon Météo-France. © Magnific

Pour la première fois de son histoire moderne, la France étouffe sous une chaleur quasi caniculaire… en plein mois de mai. Ce mardi 26 mai 2026, Météo-France a placé plusieurs départements de l’ouest et du centre du pays en vigilance jaune et orange pour fortes chaleurs, dans un épisode jugé totalement inédit par de nombreux observateurs météo.

Normalement, fin mai, les Français parlent encore de printemps. Cette année, c’est déjà une ambiance de plein mois de juillet. “Il s’agit d’un nouveau cap de franchi dans notre nouveau climat où l’été dure désormais 4 mois en France !”, partage Lyon Météo sur Facebook.  

Dans plusieurs régions, les températures dépassent déjà les 30 °C. Les nuits deviennent lourdes, les appartements surchauffent et les organismes commencent à fatiguer. 

Selon Météo-France, plusieurs départements de l’ouest et du centre du pays ont été placés en vigilance jaune ou orange pour fortes chaleurs. Dans l’Est, avec le Rhône et la métropole de Lyon, ainsi que l’Isère, et surtout dans l’Ouest où la Loire-Atlantique, la Vendée, le Maine-et-Loire, les Deux-Sèvres, la Vienne ou encore l’Indre-et-Loire sont concernés.

“C’est la 1ère fois que la France connait une canicule au printemps, et non en été ! Le précédent record de précocité datait du 15 juin 2022 !”, indique le site Lyon Météo.

Depuis plusieurs années, Météo-France observe une multiplication des vagues de chaleur en France. Les épisodes deviennent plus fréquents, plus longs et plus intenses. Et pour beaucoup de spécialistes, ce type d’événement pourrait devenir de moins en moins exceptionnel.

Selon la carte de vigilance publiée par Météo-France, c’est donc actuellement toute la façade ouest qui subit les températures les plus anormales pour une fin mai. Plusieurs départements des Pays de la Loire, du Poitou et du centre-ouest ont été placés en vigilance jaune ou orange pour fortes chaleurs, notamment la Loire-Atlantique, la Vendée, le Maine-et-Loire, les Deux-Sèvres, la Vienne ou encore l’Indre-et-Loire.

Dans certaines villes de l’ouest, les températures dépassent déjà les 30 à 32 °C en pleine journée, avec des pointes locales pouvant atteindre 35 °C. Des valeurs habituellement observées en plein cœur de l’été, et non à quelques jours du mois de juin. Selon Météo-France, les températures se situent parfois entre +10 et +15 °C au-dessus des normales de saison.

Une situation plus qu’inhabituelle pour ces régions atlantiques, généralement tempérées au printemps grâce à l’influence océanique. Si bien que “de nombreux records de chaleur ont déjà été battus et vont continuer à l’être ces prochains jours”, indique Météo-France. En attendant, jamais des départements n’avaient été placés en vigilance orange si tôt dans la saison…

Dans la région lyonnaise, la situation devient encore plus compliquée. Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, un épisode de pollution à l’ozone est actuellement en cours, favorisé par les températures élevées et le fort ensoleillement.

L’ozone est un polluant particulièrement agressif pour les voies respiratoires. Il peut provoquer irritation des bronches, toux, essoufflement, sensation d’étouffement et aggravation des crises d’asthme, notamment chez les personnes fragiles. Mais ce n’est pas tout.

Les pollens de graminées circulent aussi fortement en ce moment. Selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), le risque allergique reste élevé dans plusieurs régions françaises. Chaleur, ozone et pollens se combinent désormais dans une sorte de “triple peine” respiratoire pour les habitants. 

Certaines personnes ressentent déjà :

  • une respiration plus difficile ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des crises d’allergies plus fortes ;
  • des irritations des yeux et de la gorge.

Les médecins redoutent particulièrement les complications chez les personnes âgées, les asthmatiques, les enfants et les personnes souffrant de maladies cardiaques ou pulmonaires.

Le problème, c’est qu’en mai, les organismes ne sont pas encore acclimatés. En plein été, le corps finit généralement par s’adapter un peu à la chaleur. Mais au printemps, cette adaptation n’a pas encore eu lieu. La fatigue arrive donc plus vite, la déshydratation aussi.

Selon Santé publique France, les fortes chaleurs peuvent provoquer :

  • des malaises ;
  • des maux de tête ;
  • des vertiges ;
  • une aggravation des maladies cardiaques ou respiratoires ;
  • des coups de chaleur parfois graves.

Les personnes âgées, les nourrissons, les malades chroniques et les travailleurs en extérieur sont les plus exposés.

Aussi, les nuits restent parfois anormalement chaudes. Et quand le corps ne récupère plus correctement pendant la nuit, la fatigue s’accumule très vite.

Selon Météo-France, cet épisode de chaleur exceptionnel devrait encore durer plusieurs jours. La chaleur pourrait se maintenir au moins jusqu’à vendredi sur une large partie de l’ouest et du sud-ouest du pays, avec des températures toujours largement au-dessus des normales de saison.

“Cet épisode est lié à la présence d’un puissant anticyclone étendu du Maghreb jusqu’aux îles britanniques en passant par la France, avec la formation d’un dôme de chaleur”, indique Météo-France. 

Pour l’instant, la fin exacte de cet épisode reste encore incertaine. “La fin de cet épisode reste encore à préciser”, souligne Météo-France.

À SAVOIR 

Selon Météo-France, cette vague de chaleur pourrait localement dépasser l’épisode historique de fin mai 1922, longtemps considéré comme l’un des plus précoces jamais observés en France. À l’époque déjà, certaines villes de l’ouest avaient atteint jusqu’à 34 à 36 °C dès le mois de mai, un phénomène exceptionnel pour le XXe siècle.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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