Cancers : l’OMS alerte sur une explosion des cas d’ici à 2050

le 9 juillet 2026 à 11h41
Une jeune enfant en thérapie pour lutter contre le cancer.
Chez les enfants aussi, le nombre de cancers pourrait augmenter d’ici à 2050. © Magnific
Près de 35 millions de nouveaux cancers pourraient être diagnostiqués chaque année dans le monde d'ici à 2050 si rien ne change. C'est l'avertissement lancé le 8 juillet 2026 par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui appellent les États à renforcer de toute urgence la prévention, le dépistage et l'accès aux soins.
Sommaire

Le cancer pourrait devenir encore plus fréquent qu’il ne l’est aujourd’hui. Dans un rapport publié le 8 juillet 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC),  estiment que le nombre annuel de nouveaux cas pourrait passer de 20,6 millions aujourd’hui à près de 35 millions en 2050. Une hausse d’environ 70 %, portée en grande partie par le vieillissement et la croissance de la population, mais aussi par des facteurs de risque évitables qui restent très présents. Face à cette perspective, les deux organisations appellent les États à agir sans tarder. Une part importante de cette augmentation peut encore être limitée grâce à des politiques de prévention plus ambitieuses, un meilleur accès au dépistage et des traitements plus équitables.

Augmentation des cas de cancers : l’OMS appelle à agir d’urgence

Pourquoi le nombre de cancers va-t-il autant augmenter ?

La population mondiale continue de croître et, surtout, elle vieillit. Or, le risque de développer un cancer augmente fortement avec l’âge. Les cellules accumulent progressivement des anomalies génétiques au fil des années, ce qui favorise l’apparition de tumeurs. Plus une population compte de personnes âgées, plus le nombre de cancers diagnostiqués augmente mécaniquement. Mais ce n’est pas la seule explication. Selon le CIRC, plusieurs facteurs de risque évitables continuent de progresser ou restent très répandus dans de nombreux pays :

  • le tabagisme ;
  • la consommation d’alcool ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • la sédentarité ;
  • certaines infections, comme le papillomavirus humain (HPV) ou les virus des hépatites B et C ;
  • certaines expositions environnementales et professionnelles.

Le rapport rappelle qu’environ quatre cancers sur dix sont associés à des facteurs de risque évitables, ce qui laisse une importante marge de prévention.

Tous les pays ne sont pas confrontés aux mêmes difficultés

Tous les pays ne sont pas confrontés au cancer avec les mêmes moyens. Si les projections de l’OMS concernent l’ensemble de la planète, leurs conséquences risquent d’être particulièrement lourdes dans les pays où les systèmes de santé sont les plus fragiles. Dans les pays à revenu élevé, les programmes de dépistage, les examens diagnostiques, les traitements innovants et les soins spécialisés permettent souvent de détecter la maladie plus tôt et d’améliorer les chances de survie. À l’inverse, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, les patients sont encore diagnostiqués à un stade avancé, lorsque les possibilités de traitement sont plus limitées. En cause, un accès insuffisant au dépistage, au diagnostic, aux médicaments anticancéreux ou encore aux professionnels spécialisés.

Le rapport souligne également que ces inégalités ne s’arrêtent pas au traitement. Dans de nombreuses régions du monde, les personnes atteintes d’un cancer avancé n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs adaptés, destinés à soulager la douleur et à préserver la qualité de vie. Pour l’OMS, l’enjeu dépasse donc largement la hausse attendue du nombre de cancers. Il s’agit aussi de garantir à chaque patient, quel que soit son pays de résidence, un accès équitable à des soins de qualité tout au long de la maladie.

L’OMS appelle à agir avant que la situation ne s’aggrave

Face à ces projections, l’OMS appelle les gouvernements à investir davantage dans la lutte contre le cancer. L’organisation insiste notamment sur plusieurs priorités :

  • renforcer les politiques de prévention ;
  • réduire le tabagisme et la consommation nocive d’alcool ;
  • lutter contre l’obésité et promouvoir l’activité physique ;
  • développer la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et contre l’hépatite B ;
  • améliorer les programmes de dépistage ;
  • garantir un accès plus équitable aux traitements.

Pour les experts, intervenir en amont reste de loin la stratégie la plus efficace. Prévenir un cancer évite non seulement des souffrances humaines, mais limite aussi les coûts considérables supportés par les systèmes de santé.

Augmentation des cas de cancers : où en est la France ?

En France, le cancer demeure la première cause de décès chez les hommes et la deuxième chez les femmes, selon Santé publique France et l’Institut national du cancer (INCa). Chaque année, environ 433 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le pays, d’après les estimations publiées par l’INCa. Les cancers les plus fréquents restent ceux du sein, de la prostate, du poumon et du côlon-rectum.

Ces dernières années, plusieurs progrès ont permis d’améliorer la survie de nombreux patients grâce à des traitements plus ciblés, à une meilleure prise en charge et à un diagnostic plus précoce. Mais les autorités sanitaires françaises rappellent régulièrement que la prévention reste encore insuffisante. Le tabac demeure, à lui seul, le premier facteur de risque évitable de cancer en France. Selon Santé publique France, il est responsable d’environ 68 000 décès prématurés chaque année. L’alcool constitue également un facteur majeur, tout comme le surpoids, la sédentarité et certaines infections.

Cancer : comment limiter votre risque ?

Toutes les causes de cancer ne peuvent pas être évitées. L’âge, les prédispositions génétiques ou certains facteurs environnementaux échappent en partie à notre contrôle. Mais selon l’OMS, près de quatre cancers sur dix sont associés à des facteurs de risque évitables. Autrement dit, plusieurs habitudes de vie peuvent réduire le risque de développer la maladie. Les principaux leviers identifiés par les experts sont les suivants :

  • Ne pas fumer ou arrêter le tabac, qui reste de loin le premier facteur de risque évitable de cancer.
  • Limiter sa consommation d’alcool, même à faible dose, car plusieurs cancers lui sont attribuables.
  • Pratiquer une activité physique régulière et éviter la sédentarité.
  • Maintenir un poids favorable à la santé grâce à une alimentation équilibrée et variée.
  • Participer aux dépistages organisés, notamment pour les cancers du sein, du côlon-rectum et du col de l’utérus, afin de détecter la maladie avant l’apparition des symptômes.
  • Se faire vacciner contre le papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B, deux infections responsables de plusieurs types de cancers.

Pour l’OMS, ces mesures individuelles doivent toutefois s’accompagner de politiques publiques ambitieuses. Renforcer la prévention, améliorer la couverture vaccinale, développer le dépistage et garantir un accès rapide aux traitements constituent les principaux leviers pour limiter l’augmentation du nombre de cancers attendue dans les prochaines décennies.

À SAVOIR 

Avant de devenir un cancer, une cellule doit accumuler plusieurs anomalies génétiques qui lui permettent d’échapper aux mécanismes de contrôle de l’organisme. Dans la grande majorité des cas, ces cellules anormales sont réparées ou éliminées naturellement par le corps, notamment grâce au système immunitaire, avant de pouvoir se multiplier.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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