Une jeune femme victime de maux de tête, premiers symptômes du chikungunya.
De violents maux de tête font partie des premiers symptômes d'une infection par le virus du chikungunya. © Drazen Zigic / Freepik

Un premier cas autochtone de chikungunya avait été détecté le 11 juin à La Crau, dans le Var, et confirmé par l’ARS PACA ce vendredi 13 juin. Un autre cas, sans lien avec le premier, a aussi été recensé le 16 juin, ans l’Hérault cette fois-ci. Les personnes contaminées n’avaient pas voyagé dans une zone touchée par le virus, confirmant une transmission locale via le moustique tigre. Ce scénario, devenu plausible avec la recrudescence des cas importés et le réchauffement climatique, rappelle l’importance des mesures de prévention. Si aucun foyer secondaire n’est identifié à ce stade, les autorités sanitaires ont déclenché un plan d’action immédiat pour contenir le risque.

Le scénario était plus que probable, au vu de l’épidémie qui a frappé la Réunion. Après que de nombreux cas de chikungunya concernant des voyageurs rentrant de zones touchées par le virus ont déjà été signalés, un premier cas dit “autochtone”, soit sans lien avec un voyage dans la zone infestée, a été annoncé ce vendredi 13 juin par l’Agence Régionale de Santé Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Dans son communiqué, l’ARA PACA précise que ce premier cas de chikungunya sur le sol métropolitain a été détecté le mercredi 11 juin, sur la commune de La Crau, dans le Var.

La personne concernée n’avait pas voyagé dans une zone infectée (comme La Réunion, où circulent des cas importés) dans les 15 jours avant l’apparition des symptômes. La contamination est donc survenue sur place par piqûre de moustique-tigre infecté.

Le 16 juin, c’est l’ARS Occitanie qui signalait à son tour un cas dans l’Hérault, dans la commune de Prades-le-Lez : “l’état de santé de la personne malade n’inspire pas d’inquiétude”.

Ce type de transmission, qui pourrait bien être la donne dans les prochaines années en raison du réchauffement climatique, est encore rare. Un seul cas similaire a été recensé en 2024, en Île‑de‑France, et aucun en 2023. Au total, une trentaine de cas autochtones ont été confirmés en France métropolitaine depuis 2010, avec des foyers localisés, notamment dans le Var, où la forte progression du moustique-tigre (Aedes albopictus) dans le sud-est du pays accroît ce risque.

“Des mesures immédiates sont mises en œuvre pour limiter tout risque de propagation”, a annoncé l’ARS PACA. L’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID‑Med), mandatée par l’ARS Paca, est immédiatement intervenue autour du foyer, en ciblant voiries, jardins et habitations afin d’éliminer gîtes larvaires et moustiques adultes.

Des équipes de l’ARS Paca et de Santé publique France vont aussi mener une enquête de proximité dans le quartier concerné. Objectifs ? Identifier d’éventuels symptômes, sensibiliser la population et renforcer la prévention locale, à savoir supprimer toute eau stagnante, porter des vêtements couvrants en matinée et en soirée, appliquer un répulsif adapté (DEET, IR3535…), consulter un médecin en signalant tout voyage en cas de fièvre, douleurs articulaires et éruption, déclarer les cas suspects afin d’aider les services de santé publique.

“Les hôpitaux, les médecins libéraux et les laboratoires d’analyse médicale du secteur sont également mobilisés pour prendre en charge, dépister et rappeler les mesures de prévention aux personnes qui pourraient présenter les symptômes du chikungunya”, précise l’ARS PACA.

Même réactivité du côté de l’Hérault, selon l’ARS Occitanie : “Pour éviter la propagation du virus localement, des actions préventives sont déployées sur les lieux fréquentés et les lieux de contamination présumés à Prades-le-Lez. Pour éviter une éventuelle propagation du virus, des mesures renforcées de prévention sont mises en oeuvre dans la zone fréquentée par la personne malade. Elles mobilisent les services de l’Etat, de l’ARS Occitanie, de l’Agence Nationale de Santé Publique (ANSP/SPF), ainsi que les professionnels de santé du secteur et l’opérateur de démoustication”

Pour l’instant, aucun foyer secondaire n’a été signalé. Cette détection de premiers cas autochtone de chikungunya en France métropolitaine doit toutefois être prise au sérieux. Même si le risque d’épidémie à grande échelle reste limité, elle confirme la présence active d’un cycle de transmission local.

À SAVOIR

Le chikungunya se manifeste typiquement par une forte fièvre, des douleurs articulaires intenses, des céphalées et une éruption cutanée. Une phase chronique arthritique peut durer plusieurs mois, impactant la qualité de vie. L’évolution est généralement favorable, avec rares complications graves. Les personnes âgées, immunodéprimées ou atteintes de comorbidités (diabète, insuffisance cardiaque…) peuvent développer des formes sévères, nécessitant parfois une hospitalisation.

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Journaliste expert santé / Rédacteur en chef adjoint du Groupe Ma Santé. Journaliste depuis 25 ans, Philippe Frieh a évolué dans la presse quotidienne régionale avant de rejoindre la presse magazine pour mettre son savoir-faire éditorial au service de l'un de ses domaines de prédilection, la santé, forme et bien-être. Très attaché à la rigueur éditoriale, à la pertinence de l'investigation et au respect de la langue française, il façonne des écrits aux vertus résolument préventives et pédagogiques, accessibles à tous les lecteurs.

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