Un homme placé sous surveillance après l’apparition de symptômes évoquant Ebola.
Le taux de létalité d’Ebola peut atteindre environ 50 % des personnes infectées, voire davantage dans certaines flambées. © Magnific

Deux hommes ont été placés à l’isolement au Brésil et un autre patient est surveillé en Italie après avoir présenté des symptômes compatibles avec Ebola. Ces signalements interviennent alors que l’OMS a déclenché, le 17 mai 2026, une urgence sanitaire internationale face à une nouvelle flambée du virus en Afrique centrale. Si aucun cas n’a pour l’instant été confirmé hors du continent africain, les autorités sanitaires restent extrêmement vigilantes.

Depuis plusieurs jours, plusieurs cas suspects d’Ebola détectés hors d’Afrique mobilisent les autorités sanitaires internationales. Au Brésil, deux hommes ont été placés à l’isolement après avoir présenté des symptômes compatibles avec le virus à leur retour d’Afrique. Le premier revenait d’Ouganda, le second de République démocratique du Congo (RDC), deux pays actuellement confrontés à une nouvelle flambée épidémique liée à la souche Bundibugyo d’Ebola. En Italie aussi, un patient revenu de RDC fait l’objet d’une surveillance renforcée en Sardaigne.

Pour l’heure, aucun de ces cas n’a été confirmé. Les premiers examens réalisés au Brésil ont même orienté les médecins vers d’autres diagnostics, notamment un paludisme et une méningite sévère. Mais ces signalements interviennent quelques semaines seulement après le déclenchement par l’OMS d’une urgence sanitaire internationale liée à la progression de cette épidémie en Afrique centrale.

Ebola : les premiers symptômes sont trompeurs 

Le premier patient isolé au Brésil présentait de la fièvre et des signes généraux d’infection après son retour d’Ouganda. Finalement, les analyses ont révélé un paludisme, une maladie parasitaire très fréquente dans certaines régions tropicales. Son test Ebola s’est révélé négatif. Le second patient, revenu de RDC, souffrait quant à lui d’une méningite sévère. Les investigations se poursuivent néanmoins afin d’exclure totalement Ebola.

Ce type de situation est fréquent dans les dispositifs de surveillance sanitaire. Car les premiers symptômes d’Ebola ressemblent à ceux de nombreuses autres maladies infectieuses tropicales : 

  • forte fièvre,
  • fatigue intense, 
  • douleurs musculaires, 
  • maux de tête,
  • troubles digestifs.

Selon l’Institut Pasteur, les signes les plus graves (hémorragies, défaillances organiques ou choc infectieux) apparaissent généralement dans un second temps, lorsque la maladie évolue sévèrement.

Une souche d’Ebola particulièrement surveillée

Ces cas suspects surviennent dans un contexte mondial tendu. Le 17 mai 2026, l’OMS a déclaré une urgence sanitaire internationale face à une épidémie d’Ebola touchant la RDC et l’Ouganda. Le virus en cause appartient à la souche Bundibugyo, une variante beaucoup plus rare que la célèbre souche Zaïre responsable des grandes épidémies passées.

Et c’est précisément ce qui inquiète les experts. Car contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle plusieurs outils existent désormais, la variante Bundibugyo ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement antiviral spécifique validé. Le vaccin Ervebo, utilisé ces dernières années lors de plusieurs flambées africaines, cible essentiellement la souche Zaïre. Selon l’OMS, son efficacité contre Bundibugyo n’a pas été démontrée.

Même constat pour les anticorps monoclonaux développés après les précédentes épidémies. Cela ne signifie pas que les patients sont sans soins. Les traitements reposent principalement sur une prise en charge intensive : 

  • hydratation, 
  • maintien des fonctions vitales, 
  • surveillance rapprochée,
  • isolement rapide.

Ebola : un virus mortel qui ne se transmet pas facilement

Découvert en 1976 près de la rivière Ebola, en actuelle République démocratique du Congo, ce virus reste l’un des plus dangereux connus chez l’humain. Selon l’OMS, certaines flambées ont affiché des taux de mortalité pouvant atteindre 50 %, voire davantage selon les conditions de prise en charge médicale.

L’épidémie d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 avait provoqué plus de 11 000 décès, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Pour autant, les spécialistes rappellent qu’Ebola ne se transmet pas aussi facilement qu’un virus respiratoire comme la grippe ou le Covid-19. Selon Santé publique France, la transmission nécessite généralement un contact direct avec les fluides biologiques d’une personne malade : 

  • sang, 
  • vomissements, 
  • sueur, 
  • salive,
  • selles.

Aussi, une personne infectée qui ne présente pas encore de symptômes n’est habituellement pas contagieuse.

Depuis la pandémie de Covid-19, les dispositifs internationaux de surveillance sanitaire ont considérablement évolué. Les autorités détectent désormais beaucoup plus vite les cas suspects liés à des maladies émergentes. Isolement immédiat, traçage des contacts, tests biologiques rapides, équipements de protection renforcés… Autant de mécanismes qui expliquent la rapidité de réaction observée au Brésil et en Italie.

Selon l’OMS, l’objectif actuel est surtout d’éviter une propagation silencieuse du virus en dehors des zones déjà touchées. En France aussi, des protocoles spécifiques existent en cas de suspicion d’Ebola. Certains établissements hospitaliers disposent d’unités hautement sécurisées capables de prendre en charge rapidement des patients suspects.

Dans les faits, plusieurs alertes ont déjà été déclenchées ces dernières années en Europe sans conduire à des contaminations massives. Dans la majorité des cas, les diagnostics finissent par révéler d’autres infections tropicales beaucoup plus fréquentes, comme le paludisme ou certaines méningites.

À ce stade, les autorités sanitaires françaises se veulent rassurantes. Aucun cas confirmé lié à cette nouvelle flambée d’Ebola n’a été détecté en France, et le risque de propagation sur le territoire reste considéré comme faible. Selon Santé publique France, le pays dispose de protocoles très stricts pour identifier rapidement les cas suspects, isoler les patients et éviter toute transmission.

Depuis les grandes épidémies des années 2010 et la pandémie de Covid-19, les systèmes de surveillance sanitaire ont été considérablement renforcés dans les aéroports, les hôpitaux et les laboratoires spécialisés. Les experts rappellent aussi qu’Ebola ne se transmet pas facilement : contrairement aux virus respiratoires comme la grippe ou le Covid, il nécessite généralement un contact direct avec les fluides biologiques d’une personne malade présentant déjà des symptômes. Les autorités appellent donc davantage à la vigilance qu’à l’inquiétude.

À SAVOIR 

Certaines personnes guéries d’Ebola peuvent conserver le virus dans certaines parties de leur corps pendant plusieurs mois après leur rétablissement. Selon l’OMS, le virus a notamment déjà été retrouvé dans le sperme, l’œil ou le système nerveux central de survivants. C’est pourquoi un suivi médical prolongé est souvent recommandé après la guérison, même lorsque les symptômes ont totalement disparu.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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