Un agent spécialisé participe à une opération de démoustication à Castres après la détection de deux cas importés de chikungunya.
La démoustication consiste à pulvériser un insecticide ciblé pour tuer les moustiques tigres adultes susceptibles de transmettre le virus. © Magnific

Deux personnes porteuses du chikungunya ont récemment été identifiées dans le Tarn, à Castres après un séjour dans une zone où le virus circule. Les autorités sanitaires ont immédiatement lancé des opérations de démoustication ciblées à Castres et dans les environs. Une intervention destinée à empêcher toute transmission locale du virus, alors que les cas importés se multiplient en France depuis le début de la surveillance renforcée le 1er mai.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 2026, des opérations de démoustication ciblées ont été menées dans plusieurs secteurs de Castres et de ses environs, dans le Tarn, à la demande de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie. Ces interventions font suite à la détection de deux cas importés de chikungunya chez des personnes ayant contracté le virus lors d’un séjour dans une zone où cette maladie tropicale circule activement avant leur retour en France. Si ces contaminations n’ont pas eu lieu sur le territoire français, elles ont immédiatement déclenché le dispositif de surveillance renforcée prévu pour les maladies transmises par le moustique tigre.

Car le risque n’est pas celui d’une épidémie importée, mais bien d’une transmission locale. Lorsqu’une personne infectée est piquée par un moustique tigre présent en métropole, celui-ci peut à son tour transmettre le virus à d’autres habitants. On parle alors de cas autochtone, c’est-à-dire d’une contamination survenue sans voyage dans une zone à risque. Pour éviter ce scénario, les autorités sanitaires ont choisi d’intervenir rapidement autour des lieux fréquentés par les malades afin de réduire au maximum la population de moustiques susceptibles d’avoir été en contact avec eux.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de surveillance renforcée à l’échelle nationale. Selon les derniers chiffres de Santé publique France, 34 cas importés de chikungunya ont déjà été recensés dans l’Hexagone entre le 1er mai et le 7 juin 2026, en plus de 145 cas importés de dengue et de deux cas de Zika. Aucun cas autochtone de chikungunya n’a toutefois été détecté à ce stade, signe que les mesures mises en place permettent pour l’instant d’éviter une circulation locale du virus.

Pour rappel, en 2025 la France métropolitaine a connu une circulation inédite du chikungunya avec plusieurs centaines de cas autochtones recensés, signe que le virus peut désormais s’installer ponctuellement lorsque les conditions sont réunies. En Occitanie, où le moustique tigre est implanté dans l’ensemble des départements, chaque nouveau cas importé fait donc l’objet d’une surveillance étroite. L’objectif est d’empêcher que ces deux infections détectées dans le Tarn ne deviennent le point de départ d’une nouvelle chaîne de transmission locale.

Les deux personnes concernées n’ont pas contracté la maladie dans le Tarn. Les deux personnes concernées n’ont pas contracté la maladie dans le Tarn. Elles ont été infectées lors d’un séjour dans une zone où le chikungunya circule activement avant de rentrer en France. On parle alors de cas importés.

Ces deux cas importés pourraient devenir problématiques si le virus parvenait à circuler localement. Le scénario que cherchent à éviter les autorités sanitaires est le suivant :

  • un moustique tigre pique une personne infectée ;
  • il devient porteur du virus ;
  • il transmet ensuite le chikungunya à d’autres habitants lors de nouvelles piqûres.

On parle alors de transmission autochtone, c’est-à-dire d’une contamination survenue en France chez une personne n’ayant pas voyagé dans une zone où le virus circule. C’est précisément ce scénario que les opérations de démoustication menées dans le Tarn cherchent à éviter.

Pourquoi les opérations de démoustication sont-elles réalisées si rapidement ?

Lorsqu’un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika est signalé, une véritable enquête sanitaire se met en place. Selon l’ARS Occitanie, les équipes recherchent d’abord la présence de moustiques tigres autour des lieux fréquentés par la personne malade. Si le risque est jugé réel, des traitements insecticides ciblés peuvent être déclenchés dans un périmètre restreint autour du domicile, du lieu de travail ou des endroits fréquentés durant la période de contagiosité.

À Castres, l’intervention a eu lieu dans la nuit du 10 au 11 juin afin de cibler les moustiques adultes au moment où les conditions sont les plus favorables au traitement. Des opérations complémentaires peuvent également être menées dans un rayon d’environ 150 mètres autour des lieux concernés. L’objectif n’est pas d’éradiquer tous les moustiques mais de casser au plus vite une éventuelle chaîne de transmission.

Occitanie : une région particulièrement surveillée depuis l’explosion des cas en 2025

Si les autorités sanitaires interviennent aujourd’hui aussi rapidement autour du moindre cas de chikungunya, c’est parce que l’année 2025 a profondément changé la donne. Longtemps considérée comme un risque limité en métropole, la maladie a connu une progression sans précédent. Selon l’ARS Occitanie, la région a enregistré 89 cas autochtones de chikungunya en 2025, alors qu’aucun n’avait été recensé en 2024. Dans le même temps, le nombre de cas importés est passé de seulement trois à 113 en un an. 

La tendance a été observée dans toute la France. Selon Santé publique France, plus de 800 cas autochtones ont été recensés en métropole en 2025, un record historique. Une situation qui a rappelé que le chikungunya n’est plus seulement une maladie de voyageurs. Lorsque le moustique tigre est bien implanté et que des personnes infectées reviennent de zones touchées, le virus peut désormais circuler localement.

Cette flambée s’explique en partie par les importantes épidémies qui ont touché plusieurs territoires français d’outre-mer, notamment La Réunion et Mayotte, ainsi que d’autres régions tropicales du monde. Davantage de voyageurs sont ainsi revenus infectés, augmentant mécaniquement le risque d’introduction du virus en métropole. Dans ce contexte, chaque nouveau cas importé est désormais considéré comme un signal d’alerte nécessitant une réponse rapide des autorités sanitaires

Le moustique tigre est désormais installé dans la majorité des départements français

Si le chikungunya inquiète davantage aujourd’hui, c’est aussi parce que son principal vecteur, le moustique tigre, a largement gagné du terrain en France ces dernières années. Selon Santé publique France, il était implanté dans 83 des 96 départements métropolitains au 1er janvier 2026, contre seulement une vingtaine quinze ans plus tôt. Originaire d’Asie du Sud-Est, Aedes albopictus s’est progressivement adapté aux climats européens. Facilement reconnaissable à ses rayures noires et blanches, il se distingue également par son comportement. Contrairement aux moustiques que l’on entend bourdonner la nuit, il pique surtout en journée, avec une activité particulièrement marquée tôt le matin et en fin d’après-midi.

Mais ce qui préoccupe surtout les autorités sanitaires, c’est sa capacité à transmettre plusieurs maladies virales, notamment le chikungunya, la dengue et le virus Zika. Sa présence explique pourquoi chaque cas importé fait désormais l’objet d’une surveillance étroite. Pour autant, la présence du moustique tigre ne signifie pas qu’une épidémie va automatiquement se produire. Pour qu’une transmission locale apparaisse, plusieurs conditions doivent être réunies simultanément : 

  • un moustique tigre implanté dans la zone concernée, 
  • une personne infectée porteuse du virus,
  • des conditions météorologiques suffisamment favorables pour permettre au virus de se développer à l’intérieur de l’insecte. 

C’est lorsque ces différents éléments se combinent que des cas autochtones peuvent émerger, comme cela a été observé en France ces dernières années.

Le chikungunya est une maladie virale qui provoque généralement une forte fièvre d’apparition brutale. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • une fièvre élevée ;
  • d’importantes douleurs articulaires ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des maux de tête ;
  • une grande fatigue ;
  • parfois une éruption cutanée.

Selon les autorités sanitaires, la plupart des patients guérissent en quelques jours ou quelques semaines. Cependant, les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs mois chez certaines personnes, voire davantage dans les formes les plus sévères.

Face au moustique tigre, la lutte ne repose pas uniquement sur les traitements réalisés par les autorités. L’ARS rappelle que la majorité des gîtes larvaires se trouvent à proximité des habitations : 

  • soucoupes de pots de fleurs, 
  • récupérateurs d’eau, 
  • gouttières mal entretenues, 
  • seaux oubliés,
  • petits récipients laissés à l’extérieur.

Quelques millimètres d’eau suffisent pour permettre aux larves de se développer. C’est pourquoi les autorités sanitaires insistent chaque année sur l’élimination des eaux stagnantes autour des logements. Une mesure simple mais particulièrement efficace pour limiter la prolifération de cet insecte devenu l’un des principaux enjeux sanitaires de l’été.

À SAVOIR

Le moustique tigre ne parcourt généralement que de courtes distances. Selon les données utilisées par les opérateurs de lutte antivectorielle, il évolue le plus souvent dans un rayon d’une centaine de mètres autour de son lieu de naissance. C’est notamment pour cette raison que les opérations de démoustication sont réalisées dans des périmètres très ciblés autour des cas détectés.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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