Une jeune femme heureuse de rejoindre une équipe de médecins.
Le salariat doit faciliter l'accueil de nouveaux médecins dans les zones en manque d'attractivité. ©Freepik

La Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a fait de la lutte contre la désertification médicale l’une de ses priorités, mise sur un nouveau dispositif destiné à favoriser l’accès aux soins : salarier directement des médecins sur de courtes périodes dans des centres de santé. Deux départements particulièrement concernés par le manque de médecins ont été ciblés dans un premier temps : le Cantal et l’Ardèche.

Le nombre de médecins généralistes, dans le Cantal, a chuté de 16,4% entre 2010 et 2021, selon le Conseil National de l’Ordre. Un indicateur plutôt révélateur d’une situation particulièrement inquiétante, la moyenne nationale de la baisse s’établissant plutôt autour des 9%.

Ce n’est donc pas un hasard si la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a érigé la lutte contre les déserts médicaux en priorité, a choisi le Cantal pour le lancement de son nouveau dispositif. Le département auvergnat est des plus touchés par le phénomène de désertification médicale en Auvergne-Rhône-Alpes. Tout comme l’Ardèche, l’autre territoire retenu par l’expérimentation.

« De nombreux territoires sont aujourd’hui à la recherche de praticiens, notamment pour pallier les départs en retraite », explique la Région dans un communiqué de presse. « Des recherches qui sont souvent très compliquées pour nos communes. Pour y remédier, la Région a lancé la création d’un GIP pour salarier directement des médecins dans des zones sous-dotées ».

Des médecins généralistes recrutés pour au moins deux ans

Le GIP, ou Groupement d’Intérêt Public, est le cadre juridique permettant à la Région de devenir l’employeur de ces professionnels de santé. La première assemblée générale de ce GIP s’est déroulée le lundi 3 avril, permettant de définir les contours de ce dispositif. « Ce GIP permettra de créer des centres de santé (…) qui pourront salarier directement des médecins. (…) À terme, il pourra permettre aussi le salariat de médecins spécialistes en fonction des besoins territoriaux. Les médecins sont recrutés en contrat à durée déterminée pour 2 ans, 3 ans exceptionnellement, renouvelable 1 fois ».

Le recrutement de ces médecins généralistes doit permettre l’ouverture de cinq premiers centres de santé avant 2024. Dans le Cantal, les communes de Chaudes-Aigues et du Rouger-Pers ont ainsi été priorisés, ainsi que ceux de Condat-Allanches et de Lafeuilllade-en-Vézie. En Ardèche, les implantations pourraient concerner les secteurs de Saint-Marcel d’Ardèche, Coucouron, Saint-Julien-Saint-Alban, Saint-Sauveur-de-Montagut ou encre de Ardoix/Tournon-sur-Rhône.

Ces territoires se situent tous en zones prioritaires en matière d’accès aux soins. Tous peinent à attirer des praticiens. « Le salariat des médecins permet de favoriser l’attractivité des territoires : il est garant d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, il assure une stabilité de la rémunération, il facilite l’installation et le quotidien des praticiens ». Une dynamique vertueuse : l’expérience a en effet démontré que de nombreux praticiens venus s’établir de manière provisoire dans un territoire finissait par s’y installer définitivement.

À SAVOIR

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a adopté en 2022 un plan d’investissement de 100 millions d’euros pour soutenir l’offre de soins de proximité. L’un des axes de ce plan est justement de favoriser l’attraction de médecins dans les territoires les plus touchés par la désertification médicale.

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