Une petite fille qui a des troubles de la vision.
Trop de délai chez l'ophtalmo ? Depuis juin 2023, les orthoptistes, peuvent également pratiquer des dépistages chez les enfants sans prescription médicale préalable. © Freepik

Alors que des millions de jeunes ont repris le chemin de l’école ce matin, une alerte vient rappeler une évidence trop souvent oubliée : bien voir est une condition essentielle pour bien apprendre. Pourtant, en France, le dépistage visuel des enfants est en net recul, selon le dernier baromètre de l’AsnaV (Association nationale pour l’amélioration de la Vue).

Les chiffres sont préoccupants. 27 % des parents déclarent n’avoir jamais fait tester la vue de leurs enfants, révèle l’AsnaV dans son communiqué du 1er septembre 2025. Or, un défaut visuel non corrigé peut impacter durablement la scolarité, l’attention et la confiance de l’enfant.

Plus inquiétant encore, parmi les familles qui ont déjà bénéficié d’un dépistage positif, 16 % n’ont pas consulté d’ophtalmologiste par la suite, soit 8 points de plus qu’en 2023. Les raisons ? Pour un quart des parents, l’absence de plainte de l’enfant justifie l’inaction. Problème, un enfant, surtout en bas âge, ne peut pas se rendre compte de ce qu’il ne voit pas.

Des dépistages insuffisants malgré des droits élargis

Depuis juin 2023, les orthoptistes peuvent dépister sans ordonnance (Assurance Maladie), une avancée censée fluidifier le parcours de soins. Mais dans les faits, l’impact reste très limité. En 2024, seuls 2 % des enfants de 9 à 15 mois et 0,6 % des enfants de 2,5 à 5 ans ont bénéficié d’un dépistage visuel, selon l’AsnaV.

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants qu’après l’âge de 6 ans, certaines carences visuelles peuvent se transformer en handicap définitif. C’est ce que rappellent les recommandations de la Haute Autorité de Santé et de la Société Française d’Ophtalmologie.  

Des tests en conditions réelles qui inquiètent

Au premier semestre 2025, la société Novacel a mené des tests de dépistage auprès d’enfants âgés de 5 à 19 ans. Le résultat : 46 % présentent une acuité insuffisante. Dans certaines classes, ce chiffre grimpe jusqu’à 75 %. Autrement dit, près d’un élève sur deux pourrait rencontrer des difficultés pour suivre correctement les cours.

Pour Véronique Morin, vice-présidente de l’AsnaV, le constat est sans appel : « Un enfant ne se plaindra presque jamais de troubles visuels, car il n’en a pas conscience ».

L’impact concret en classe

Les enseignants constatent qu’un élève qui peine à lire le tableau, qui se frotte souvent les yeux ou qui se déconcentre rapidement peut souffrir d’un défaut visuel. Ces signaux d’alerte doivent être pris au sérieux et relayés aux familles.

Un défaut visuel non corrigé ne se limite pas à l’inconfort. Il peut peser lourdement sur la réussite scolaire, mais aussi sur l’estime de soi de l’enfant. Apprendre à lire, écrire, participer en classe : toutes ces étapes reposent sur une bonne vision.

Des lunettes adaptées, pas un détail

Lorsqu’une correction est nécessaire, le choix de la monture et des verres est crucial. L’AsnaV rappelle qu’une monture enfant doit être adaptée à la morphologie (plus haute, couvrant tout le champ visuel), de préférence en plastique, et équipée de verres résistants comme le trivex ou le polycarbonate. Le verre organique classique (CR39), trop fragile, est à éviter.

  • Prendre rendez-vous : avec un ophtalmologiste (idéal) ou un orthoptiste (sans ordonnance).
  • Observer les signes d’alerte : baisse de concentration, difficultés à suivre le tableau, maux de tête, clignements répétés.
  • Impliquer l’école : enseignants et parents doivent coopérer pour détecter rapidement tout trouble.
  • Équiper correctement l’enfant : monture adaptée, verres résistants et confortables.

L’AsnaV appelle à une mobilisation nationale : parents, enseignants, professionnels de santé. Son slogan, « À l’école, la vue c’est l’avenir® », résume bien l’enjeu. Sans dépistage précoce, des milliers d’enfants risquent de se retrouver en difficulté scolaire pour une raison évitable. En cette rentrée 2025, vérifier la vue de son enfant devrait être un réflexe au même titre que remplir son cartable ou acheter de nouvelles chaussures.

À SAVOIR

Selon des données établies, environ 20 % des enfants de moins de 6 ans présentent un trouble visuel, dont 70 % sont liés à un trouble de la réfraction (comme myopie, hypermétropie, astigmatisme) et 30 % à un strabisme ou une amblyopie. Même si la majorité de ces troubles est corrigible, leur dépistage précoce est essentiel pour éviter des séquelles persistantes.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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