
Annoncé en 2023, attendu en 2024, repoussé… puis enfin confirmé pour 2026. Le remboursement des protections périodiques réutilisables devrait entrer en vigueur à la rentrée universitaire pour les moins de 26 ans. Une mesure très attendue contre la précarité menstruelle. Mais concrètement, qui y aura droit ? Quels produits seront concernés ? Et comment cela devrait fonctionner ? Eléments de réponses.
Souvenez vous… En mars 2023, le gouvernement annonçait le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les jeunes de 25 ans et moins. La mesure avait ensuite été intégrée à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, promulguée fin décembre 2023.
Malheureusement, faute de textes d’application, le dispositif n’a jamais démarré en 2024. Ni en 2025 ! Il aura donc fallu attendre 2026 pour une mise en œuvre désormais annoncée à la rentrée universitaire. Un calendrier tardif, mais accueilli comme une avancée concrète par les associations mobilisées sur la précarité menstruelle.
Protection hygiénique : quels produits seront remboursés ?
Une précision tout d’abord. Le dispositif concerne uniquement les protections périodiques réutilisables, c’est-à-dire des alternatives lavables ou durables, utilisables plusieurs mois ou plusieurs années.
Trois grandes catégories sont régulièrement citées :
- les culottes menstruelles, qui remplacent ou complètent une protection classique ;
- les coupes menstruelles (cups), dispositifs souples insérés dans le vagin pour recueillir le flux ;
- les serviettes lavables, en tissu absorbant, réutilisables après lavage.
En revanche, les protections jetables (tampons, serviettes à usage unique, protège-slips jetables) ne sont pas concernées par ce remboursement.
L’idée est d’alléger le budget menstruel des jeunes, tout en favorisant des produits durables.
Qui sera concerné par ce remboursement ?
À ce stade, le périmètre confirmé par les annonces gouvernementales vise les moins de 26 ans. Ce seuil d’âge cible une population souvent plus exposée aux difficultés financières :
- étudiantes,
- jeunes en insertion,
- apprenties,
- jeunes salariées précaires,
- personnes en début de vie active.
Lors de la présentation initiale de la mesure fin 2023, les sites publics indiquaient aussi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) seraient concernés. Cette aide permet aux personnes à faibles ressources de bénéficier d’une couverture santé renforcée.
En pratique, il faudra attendre les textes définitifs de 2026 pour confirmer précisément les publics éligibles, mais deux grands groupes se dessinent :
- les personnes menstruées de moins de 26 ans ;
- les personnes bénéficiant de la C2S, quel que soit l’âge si le dispositif initial est maintenu.
Comment le remboursement devrait-il fonctionner ?
Les modalités exactes doivent encore être précisées, mais les annonces officielles de 2023 donnaient déjà une idée assez claire de la chose.
Le parcours envisagé passe par les pharmacies, avec un remboursement par l’Assurance maladie selon le profil de la personne. Les taux évoqués sont les suivants :
- 100 % pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ;
- 60 % pour les moins de 26 ans, avec un reste à charge potentiellement pris en charge par la complémentaire santé.
Si ce schéma est conservé, une jeune femme de 23 ans achetant une cup ou une culotte menstruelle référencée pourrait être remboursée en grande partie, voire totalement selon sa mutuelle.
Pourquoi cette mesure est-elle importante ?
Les règles ont un coût. Et ce coût pèse davantage quand le budget est serré. Selon l’association Règles Élémentaires, près de 4 millions de personnes en France seraient confrontées à la précarité menstruelle, c’est-à-dire des difficultés à se procurer les protections nécessaires.
- garder une protection trop longtemps ;
- utiliser du papier toilette, des chaussettes ou des tissus faute de mieux ;
- renoncer à sortir, à aller en cours ou au travail ;
- choisir entre protections et courses alimentaires.
Garder une protection trop longtemps peut favoriser irritations, inconfort ou infections. Manquer les cours ou le travail peut accentuer l’isolement et fragiliser un parcours scolaire ou professionnel.
À cela s’ajoute une charge mentale persistante : anticiper ses règles, compter ses protections restantes, chercher des solutions de dépannage, cacher la difficulté. En ce sens, la précarité menstruelle touche à la fois la santé, la dignité, l’égalité des chances et la vie sociale.
Protection hygiénique : pourquoi miser sur le réutilisable ?
Vu depuis la caisse d’un supermarché, les protections jetables semblent gagnantes. Quelques euros pour un paquet de serviettes ou une boîte de tampons, et l’affaire paraît réglée. À raison de 5 à 12 euros par mois selon les besoins et les marques, cela représente 60 à 140 euros par an, soit 300 à 700 euros sur cinq ans.
Et encore, sans compter les achats d’appoint, les imprévus ou les périodes de règles plus abondantes. Avec le réutilisable, la note est plus salée au départ, mais elle s’étale dans le temps.
- Compter 20 à 40 euros pour une culotte menstruelle, sachant que plusieurs modèles sont souvent nécessaires pour tourner sereinement,
- 15 à 30 euros pour une coupe menstruelle pouvant durer plusieurs années.
De plus, les annonces gouvernementales prévoyaient une sélection de produits répondant à des critères sanitaires et environnementaux. Des éléments encore à préciser dans les textes attendus. Bref, l’affaire avance… mais lentement !
À SAVOIR
Plusieurs associations de lutte contre la précarité menstruelle défendent une approche plus large, estimant que les protections jetables restent, dans la réalité, les plus utilisées et parfois les seules adaptées à certaines situations absence de machine à laver, d’hébergement précaire, de vie étudiante en résidence, de déplacements fréquents, de contre-indications médicales ou de simple préférence personnelle.







