Métiers de la santé : trouvez votre voie !

le 21 septembre 2026 à 17h48
Des élèves infirmiers en apprentissage à l'IFSI d'Annemasse, en Haute-Savoie.
Des élèves infirmiers en apprentissage à l'IFSI d'Annemasse, en Haute-Savoie. © Région Auvergne-Rhône-Alpes
Infirmier, manipulateur radio, kinésithérapeute, sage-femme, pharmacien, médecin… Les métiers de la santé sont aussi nombreux que les parcours qui y mènent. En Auvergne-Rhône-Alpes, de multiples formations permettent avec le soutien de la Région d'accéder à ces professions, du diplôme d'État aux cursus universitaires, partout sur le territoire. Le témoignage d'Hervé Marquis, qui dirige un Institut de Formation en Soins Infirmiers à Vichy, dans l'Allier.
Sommaire

Hervé Marquis est directeur de l’IFSI, de l’IFAS et de l’IFAP du Centre hospitalier de Vichy, dans l’Allier. Infirmier de formation, il s’est spécialisé comme infirmier de bloc opératoire avant de devenir cadre de santé pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui, il occupe les fonctions de cadre supérieur de santé et de directeur de ces trois instituts de formation.

Retrouvez ici l’interview de Mickaël Paccaud, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, sur les grands enjeux en matière de formation en santé et de lutte contre la désertification médicale.

Infirmiers : des professionnels en première ligne

Combien accueillez-vous d’étudiants à l’IFSI de Vichy ?

Nous accueillons un peu plus de 400 étudiants. Ils viennent principalement de l’Allier, mais aussi du Puy-de-Dôme, Vichy bénéficiant d’une forte proximité avec Clermont-Ferrand. Cette situation géographique explique que nous formions également de nombreux étudiants issus du bassin clermontois.

Comment le métier d’infirmier a-t-il évolué ces dernières années ?

Hervé Marquis, directeur de l’IFSI de Vichy (Allier).
Hervé Marquis.

La crise sanitaire a rappelé le rôle essentiel des infirmiers dans notre système de santé. Plus que jamais, ils sont apparus comme des professionnels de première ligne, au plus près de la population, notamment dans les territoires où les médecins sont moins nombreux. Les infirmiers, et particulièrement les infirmiers libéraux, assurent un suivi régulier des patients atteints de maladies chroniques et constituent souvent leur principal interlocuteur.

Le Ségur de la santé a marqué une première étape importante avec des revalorisations salariales et une meilleure reconnaissance de la profession. Mais l’évolution la plus marquante est venue de la réforme du « métier socle » infirmier, qui élargit considérablement leurs compétences.

Les textes publiés en 2026 permettent désormais aux infirmiers d’assurer des consultations, de prescrire certains vaccins, examens biologiques, dispositifs médicaux ou traitements courants, mais aussi d’intervenir davantage dans les domaines de la prévention, de la santé sexuelle, de la cicatrisation ou encore du sevrage tabagique. Ces nouvelles responsabilités répondent à un enjeu majeur : améliorer l’accès aux soins dans un contexte où les médecins sont parfois difficiles à consulter.

Mesurez-vous déjà les effets de cette évolution ?

Il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences. Les textes d’application viennent seulement d’être publiés et ces nouvelles missions doivent désormais être déployées sur le terrain. Elles nécessitent également une adaptation de la formation des futurs infirmiers.

Je suis néanmoins convaincu qu’elles renforceront l’attractivité du métier dans les prochaines années, à mesure que le grand public prendra conscience de cette évolution.

Cela étant, la profession ne souffre déjà pas d’un manque d’attractivité. Depuis l’intégration des IFSI à Parcoursup, les formations infirmières figurent parmi les plus demandées. Quelques établissements situés dans des territoires plus isolés peuvent rencontrer davantage de difficultés, mais dans l’ensemble les promotions sont complètes.

La profession d’infirmier en pleine modernisation

Quels sont les autres leviers d’attractivité du métier ?

Le développement des infirmiers en pratique avancée (IPA) constitue une évolution majeure. Après un cursus universitaire, ces professionnels acquièrent des compétences renforcées qui leur permettent d’intervenir aux côtés des médecins dans des domaines spécialisés comme les urgences, la psychiatrie, les maladies chroniques ou la cancérologie.

Cette nouvelle filière complète les spécialisations historiques du métier et offre de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle. Elle participe pleinement à la modernisation et à l’enrichissement de la profession.

Comment s’organisent les spécialisations ?

Après le diplôme d’État, plusieurs parcours permettent de se spécialiser. Les trois spécialisations historiques sont celles d’infirmier de bloc opératoire, d’infirmier anesthésiste et d’infirmier puériculteur. Elles sont dispensées dans des écoles spécialisées, généralement rattachées à un CHU, comme celui de Clermont-Ferrand pour notre territoire.

Les infirmiers peuvent également devenir cadres de santé après plusieurs années d’expérience. Cette formation est aujourd’hui très souvent associée à un master universitaire. D’autres cursus peuvent être complétés par des diplômes universitaires, notamment en hygiène hospitalière ou dans la prise en charge de la douleur.

L’ensemble de ces formations s’inscrit désormais pleinement dans le paysage universitaire.

Comment se déroule la formation infirmière ?

La formation repose sur le diplôme d’État d’infirmier, préparé en trois ans. Elle alterne enseignements théoriques et stages cliniques selon un équilibre quasiment équivalent, avec une part de pratique qui augmente progressivement jusqu’à la troisième année.

Les enseignements sont assurés par les cadres formateurs de l’institut, mais aussi par de nombreux professionnels de santé : médecins, infirmiers, psychologues ou spécialistes hospitaliers. Certains cours prennent également la forme de ressources numériques produites par des universitaires.

Les cadres formateurs jouent un rôle central puisqu’ils assurent non seulement les cours et les travaux pratiques, mais également l’accompagnement pédagogique individuel des étudiants tout au long de leur cursus.

La nouvelle réforme constitue une avancée majeur pour le métier

Comment évolue ensuite le parcours professionnel ?

Une fois diplômé, l’infirmier peut exercer dans tous les secteurs de soins : médecine, chirurgie, psychiatrie, EHPAD ou encore structures médico-sociales.

Certaines modalités d’exercice, comme le libéral ou l’intérim, nécessitent toutefois une première expérience professionnelle. Les spécialisations interviennent ensuite à différents moments de la carrière. Certaines, comme la puériculture ou le bloc opératoire, peuvent être préparées rapidement après le diplôme, même si une expérience reste souvent préférable. D’autres imposent plusieurs années d’exercice, comme l’anesthésie, le métier de cadre ou encore les infirmiers en pratique avancée, qui s’adressent généralement à des professionnels souhaitant élargir leurs compétences après plusieurs années de terrain.

Quelles sont les dernières évolutions de la formation ?

La réforme entrée en vigueur à la rentrée 2026 constitue une évolution majeure. Elle répond d’abord aux standards européens du système Licence-Master-Doctorat en intégrant 400 heures supplémentaires réparties entre cours et stages.

Mais son principal objectif est de renforcer l’universitarisation de la formation. Le diplôme sera désormais délivré directement par l’université et le référentiel pourra être adapté aux besoins de chaque territoire tout en conservant un socle national commun.

De nouveaux enseignements feront leur apparition, notamment autour du numérique en santé, de la santé environnementale, du leadership et de la coordination des parcours de soins, afin de préparer les futurs infirmiers aux nouvelles responsabilités prévues par la réforme du métier.

Enfin, cette évolution facilite la poursuite d’études vers le master puis le doctorat en sciences infirmières. Désormais reconnues comme une discipline universitaire à part entière, les sciences infirmières ouvrent de nouvelles perspectives en matière de recherche, d’enseignement et d’évolution professionnelle.

À SAVOIR

Fruit d’un partenariat entre le Centre Hospitalier Alpes-Léman et Annemasse Agglo, et le Département de la Haute-Savoie, le nouvel Institut de Formation des Professions de Santé* a été ouvert en février au cœur du campus de l’Étoile, à Ambilly (Haute-Savoie). Ce projet est venu répondre à un double enjeu : offrir aux étudiants des conditions d’enseignement optimales et satisfaire au besoin de formation de professionnels de santé sur un territoire soumis à une demande de plus en plus forte.
*IFSI / IFSA (Instituts de Formation en Soins Infirmiers et Aides-Soignants)

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