Mickaël Paccaud est maire de Mions depuis 2024 et conseiller régional depuis 2021. Après avoir été conseiller délégué à l’excellence éducative, où il œuvrait à améliorer concrètement les conditions de vie dans les lycées, il est depuis le 25 juin vice-président délégué à la santé et à la lutte contre la désertification médicale. Sapeur-pompier professionnel à la caserne de Saint-Priest (Rhône), avec le grade d’adjudant-chef, il est également président de l’Agence régionale de l’orientation.
“Chaque habitant doit pouvoir accéder à des soins de qualité”
Vous avez été nommé en juin vice-président délégué à la santé et à la lutte contre les déserts médicaux. Quels sont les grands défis des prochaines années en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Mickaël Paccaud : La santé est aujourd’hui l’une des premières préoccupations des Français. Notre défi, comme il a été défini par Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke*, est de garantir un accès aux soins le plus équitable possible sur l’ensemble du territoire, qu’il s’agisse des grandes métropoles, des villes moyennes ou des espaces ruraux. Les difficultés ne concernent plus uniquement les campagnes : les déserts médicaux progressent aussi dans les secteurs urbains et périurbains.

Nous devons accompagner les professionnels de santé, répondre au vieillissement de la démographie médicale, lutter contre la disparition de certaines spécialités et renforcer la prévention. Derrière ces grands enjeux, il y a une conviction simple : chaque habitant doit pouvoir accéder à des soins de qualité, quel que soit son lieu de résidence.
*Ancien et actuel présidents de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Vous apportez un regard neuf sur ces enjeux. Comment allez-vous porter cette stratégie et quelles seront vos priorités ?
Je suis avant tout un élu de terrain. Je suis maire, mais aussi sapeur-pompier professionnel, activité qui me permet de rester au contact des réalités quotidiennes. Je connais les difficultés d’accès aux soins, les services d’urgence saturés, les délais pour obtenir un rendez-vous ou encore les tensions dans certains établissements.
Ma méthode, fidèle à celle incarnée par la Région, sera donc d’écouter le terrain avant d’agir. Nous continuerons à déployer le Plan régional de santé autour de plusieurs priorités : améliorer l’accès aux soins, accompagner la démographie médicale, soutenir les établissements hospitaliers, développer la prévention et investir dans la formation des professionnels de santé. Nous voulons agir avec pragmatisme, en partenariat avec l’ensemble des acteurs de santé, sans jamais détourner le regard lorsqu’un territoire rencontre des difficultés.
“Le premier levier est l’innovation”
Comment la Région contribue-t-elle concrètement à améliorer la santé des Auverhônalpins ?
Même si la santé ne relève pas directement des compétences obligatoires des Régions, nous avons choisi d’agir. Nous accompagnons financièrement les maisons de santé, les hôpitaux de proximité, les équipements médicaux et les projets qui facilitent l’accès aux soins.
Aujourd’hui, près de 400 maisons de santé ont été soutenues en Auvergne-Rhône-Alpes. Nous intervenons également pour moderniser les établissements, financer des équipements ou répondre rapidement à des situations exceptionnelles, comme nous l’avons fait récemment avec le plan d’urgence consacré à la climatisation des hôpitaux.
Notre force réside dans notre capacité d’action. Nous travaillons en complémentarité avec l’Agence régionale de santé, les collectivités, les professionnels et les établissements. Dans un domaine aussi complexe, personne ne réussit seul.
Sur quels leviers la politique régionale en santé peut-elle s’appuyer ?
Le premier levier est l’innovation. Les attentes des jeunes médecins évoluent : ils souhaitent davantage travailler en équipe, bénéficier d’outils modernes et exercer dans des structures adaptées. Les maisons de santé répondent à cette évolution.
Nous devons également simplifier leur installation. Aujourd’hui, un jeune médecin ne peut plus être à la fois praticien, chef d’entreprise, gestionnaire et employeur. Notre rôle est de lever ces freins pour qu’il puisse consacrer son temps à soigner.
Enfin, nous devons adapter nos réponses à chaque territoire. Les besoins ne sont pas les mêmes dans le Cantal, en Haute-Savoie ou dans la métropole lyonnaise. Cette connaissance fine du terrain constitue l’une des grandes forces de la Région.
“Favoriser l’installation dans les territoires qui en ont le plus besoin”
La formation est-elle l’un des leviers prioritaires pour renforcer l’attractivité médicale et lutter contre la désertification médicale ?
Oui, sans aucun doute. Tout commence par l’orientation, puis par la formation. Nous consacrons 140 millions d’euros au fonctionnement des formations sanitaires et sociales, notamment pour les infirmiers, les aides-soignants et de nombreux autres métiers indispensables au système de santé.
Former est un investissement de long terme. Nous devons anticiper les besoins des territoires et adapter notre offre de formation en conséquence. Nous savons aussi qu’il existe un lien très fort entre le lieu de formation et le lieu d’installation. Plus un étudiant découvre un territoire pendant ses études, plus il est susceptible d’y exercer ensuite.
Notre objectif est donc clair : former davantage de professionnels de santé et favoriser leur installation en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment dans les territoires qui en ont le plus besoin.
Comment cette stratégie se décline-t-elle concrètement sur le terrain ?
Notre stratégie repose sur trois piliers : orientation, formation et installation. Concrètement, nous développons les formations au plus près des territoires en tension, nous soutenons les bourses destinées aux étudiants qui s’engagent à exercer dans les zones sous-dotées, nous accompagnons la délocalisation de la première année de médecine, notamment à Aubenas et à Bourg-en-Bresse, et nous favorisons l’accueil d’internes grâce aux centres de santé portés par le GIP.
Nous travaillons également avec l’Agence régionale de l’orientation pour mieux faire connaître les métiers de la santé auprès des jeunes, à travers le Mondial des Métiers, et nous investissons dans des établissements plus modernes afin d’améliorer les conditions d’exercice.
Notre ambition est d’agir dans l’anticipation, avec pragmatisme et au plus près des territoires. Les besoins évoluent sans cesse ; notre politique de santé devra continuer à évoluer avec eux.
À SAVOIR
Vous êtes attirés par une carrière dans le secteur médico-social ? Vous souhaitez en savoir plus sur les formations proposées en Auvergne-Rhône-Alpes, les parcours et les débouchés pour chaque profession ? Rendez-vous sur le stand Santé-Social de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le plus visité du Mondial des Métiers organisé chaque année à Lyon. Outre des informations sur les différentes filières, vous pourrez y rencontrer des experts de la formation et des professionnels du secteur sanitaire et social issus de tous les territoires de la Région.
Du 10 au 13 décembre 2026 à Lyon-Eurexpo
www.mondial-metiers.com




