Pull, parapluie, feuilles mortes ? Pas tout de suite. À quelques jours de l’équinoxe d’automne, prévu le 23 septembre, les températures s’apprêtent une nouvelle fois à remonter. Après les fortes chaleurs observées en début de semaine et la baisse des températures amorcée mercredi 16 septembre, le thermomètre doit progressivement repartir à la hausse. Dans son bulletin publié le 16 septembre, Météo-France indique que l’anticyclone des Açores pourrait de nouveau se renforcer en fin de semaine, avec à la clé un temps plus sec, largement ensoleillé et surtout une remontée des températures à partir de dimanche 20 septembre.
La tendance pourrait se poursuivre durant la semaine suivante. Plusieurs scénarios météorologiques envisagent des températures dépassant à nouveau les 30 °C et pouvant approcher localement les 35 °C dans le sud de la France. À cette échéance, la localisation et l’intensité exactes de la chaleur restent toutefois à affiner.
Septembre 2026 : le mois de tous les records !
Plus de 30 °C alors que l’automne a déjà commencé
Contrairement à l’automne astronomique, qui débute cette année avec l’équinoxe du 23 septembre, l’automne météorologique commence systématiquement le 1er septembre. Cela n’empêche évidemment pas le thermomètre d’afficher des températures estivales. Les épisodes de chaleur durant la première quinzaine de septembre ne sont d’ailleurs pas exceptionnels en France. Météo-France rappelle que des pics de chaleur peuvent également se produire après le 15 septembre.
Ce qui interpelle davantage, c’est leur intensité. La France vient justement d’en avoir une démonstration assez spectaculaire. Du 3 au 8 septembre 2026, le pays a connu un épisode de fortes chaleurs qualifié de « remarquable » pour la saison par Météo-France. Les températures moyennes se situaient alors 4 à 5 °C au-dessus des normales, avec des maximales dépassant régulièrement les 35 °C sur la moitié sud. Certains thermomètres sont même allés beaucoup plus loin.
40,3 °C début septembre, un record en France
Le 6 septembre, 40,3 °C ont été mesurés à Lavaur, dans le Tarn. Selon Météo-France, il s’agit d’un nouveau record national de température pour un mois de septembre, dépassant les 40,2 °C enregistrés à Pissos, dans les Landes, le 12 septembre 2022. D’autres records mensuels sont tombés dans des stations disposant parfois de plusieurs décennies de mesures. Météo-France a notamment relevé 39,4 °C à Perpignan, 39,2 °C à Albi, 38,2 °C à Nîmes-Courbessac ou encore 37,9 °C à Toulouse. Même en altitude, la chaleur s’est fait remarquer avec 31,5 °C enregistrés à Chamonix, à plus de 1 000 mètres.
Et après une accalmie, la chaleur est rapidement revenue. Mardi 15 septembre, les températures ont encore atteint 35 à 36 °C entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie, tandis que les 30 °C remontaient jusqu’à l’Île-de-France, la Picardie et la Champagne, selon Météo-France. La hausse attendue à partir du 20 septembre s’inscrit donc dans un mois déjà particulièrement chaud.
35 °C fin septembre, est-ce vraiment exceptionnel ?
L’histoire météorologique française compte déjà plusieurs épisodes de chaleur tardive. En septembre 2020, par exemple, un épisode particulièrement tardif avait concerné la France du 11 au 19 septembre. Le 14 septembre, la température maximale moyenne calculée à partir de l’indicateur thermique national avait atteint 33,4 °C. En septembre 2023, la France avait également connu un épisode exceptionnel du 3 au 11 septembre. Le mois était finalement devenu le mois de septembre le plus chaud enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, avec une anomalie de température de +3,6 °C.
Le problème n’est donc pas qu’il puisse faire chaud en septembre. C’est plutôt la fréquence et l’intensité des températures élevées qui évoluent. Météo-France souligne que les épisodes de chaleur estivale tardifs observés ces dernières années présentent des températures amplifiées par le réchauffement climatique. En 2026, un autre facteur vient renforcer le phénomène, la sécheresse particulièrement marquée des sols superficiels. Quand les sols contiennent peu d’eau, une part plus importante de l’énergie solaire disponible sert à réchauffer l’air plutôt qu’à évaporer l’humidité présente dans le sol. Résultat, toutes choses égales par ailleurs, l’atmosphère peut se réchauffer davantage.
Les vagues de chaleur débordent de plus en plus de l’été
Selon Météo-France, 54 vagues de chaleur ont été recensées en France depuis 1947 et plus de la moitié sont survenues depuis 2010. L’organisme constate également qu’elles peuvent désormais se produire plus tôt et plus tard dans l’année.
Et ce décalage pourrait encore s’accentuer avec le réchauffement climatique. Dans les projections de Météo-France pour une France à environ +2,7 °C par rapport à l’ère préindustrielle, des vagues de chaleur pourraient se prolonger jusqu’à la mi-septembre. Dans une France à +4 °C, leur période potentielle d’apparition pourrait s’étendre de la mi-mai jusqu’à la fin septembre.
Canicules à répétition : un été éprouvant pour les organismes
Même en septembre, la chaleur peut peser sur la santé
Que l’on soit en juillet ou fin septembre, notre corps réagit de la même façon lorsqu’il fait très chaud. Pour maintenir sa température autour de 37 °C, il transpire davantage et augmente l’afflux de sang vers la peau afin d’évacuer la chaleur. Mais lorsque ce système ne suffit plus, déshydratation, malaise ou coup de chaleur peuvent survenir rapidement.
Selon Santé publique France, les personnes âgées et les nourrissons sont particulièrement vulnérables. Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, celles qui prennent certains médicaments, les travailleurs en extérieur ou encore les sportifs exposés à la chaleur doivent également être vigilants.
Plus de 800 décès en excès lors de la canicule de l’été 2026
La chaleur n’est pas sans conséquences. Lors de la canicule du 27 juillet au 20 août 2026, 79 départements et 89 % de la population de l’Hexagone ont été concernés. Santé publique France estime provisoirement au moins 817 décès toutes causes en excès pendant les journées de canicule dans les départements touchés. Les 75 ans et plus ont été de loin les plus concernés, avec au moins 751 décès supplémentaires estimés.
Une chaleur tardive n’est pas forcément une canicule. Mais si le thermomètre reste élevé plusieurs jours, notamment la nuit, les risques pour la santé ne disparaissent pas simplement parce que l’été est terminé. Bref, attendez quelques jours avant de ressortir les pulls du placard !
À SAVOIR
Selon Météo-France, 45 % du territoire français a enregistré au moins une température supérieure ou égale à 40 °C durant l’été 2026, et 90 % du territoire a dépassé au moins une fois les 35 °C. Le seuil des 40 °C a même été franchi 178 fois dans les principales stations météo, un record en France.




