Fibrillation auriculaire : ce rythme du coeur irrégulier doit-il inquiéter ?

le 19 septembre 2026 à 13h26
Homme âgé portant une main à sa poitrine, suspectant une fibrillation auriculaire après des palpitations.
Des palpitations irrégulières peuvent révéler une fibrillation auriculaire. ©dimaberlinphotos / Canva
La fibrillation auriculaire peut faire battre le cœur très vite et de façon irrégulière. Parfois silencieuse, cette arythmie augmente surtout le risque de formation d’un caillot et d’AVC. Quels signes doivent alerter ? Comment confirmer le diagnostic et quels traitements permettent de la contrôler ? Nos réponses.
Sommaire

Connaissez-vous la fibrillation auriculaire ? Éric Chelle, 48 ans, oui ! Le cœur de cet ancien footballeur s’est brusquement emballé au moment où il allait se coucher. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le sélectionneur franco-malien du Nigeria témoignait récemment avoir passé cette nuit là, alors en pleine préparation de la Coupe d’Afrique des Nations, avec une fréquence cardiaque proche de 200 battements par minute.

Le cardiologue présent le lendemain pour réaliser les examens des joueurs lui diagnostique alors une fibrillation auriculaire aussi appelée atriale. Éric Chelle explique avoir reçu un traitement destiné à ralentir son rythme cardiaque et à « fluidifier le sang ». Il poursuit la compétition malgré une fréquence restant, selon ses propos, autour de 100 à 110 battements par minute et la survenue de quelques malaises.

À son retour en France, il est opéré du cœur à l’Hôpital Nord de Marseille et indique aller mieux. La nature exacte de l’intervention n’est pas précisée dans la vidéo. Son témoignage décrit une manifestation particulièrement marquée de cette arythmie.

La fibrillation auriculaire ne provoque cependant pas toujours une telle accélération : elle peut se traduire par des palpitations, un essoufflement, une fatigue ou des étourdissements, mais aussi passer totalement inaperçue jusqu’à sa découverte sur un électrocardiogramme. Derrière ce cœur qui bat irrégulièrement, le principal danger est la formation d’un caillot susceptible de provoquer un accident vasculaire cérébral.

Quand les oreillettes perdent leur rythme

Au repos, le cœur bat généralement entre 60 et 100 fois par minute. Une impulsion électrique naît dans l’oreillette droite, traverse les oreillettes, puis atteint les ventricules. Cette activité coordonnée permet aux quatre cavités cardiaques de se contracter dans le bon ordre.

En cas de fibrillation auriculaire, l’activité électrique des oreillettes devient très rapide et désorganisée. Celles-ci ne se contractent plus efficacement, mais frémissent. Toutes les impulsions n’atteignent heureusement pas les ventricules : le pouls reste donc bien inférieur aux 400 à 600 signaux pouvant parcourir les oreillettes chaque minute.

Le rythme perçu au poignet devient généralement irrégulier. Il peut être rapide, normal ou parfois lent selon la personne et les médicaments pris. L’irrégularité constitue donc un indice plus évocateur que la fréquence elle-même.

La maladie peut survenir par crises et disparaître spontanément, persister jusqu’à l’intervention d’un traitement ou devenir permanente.

Des symptômes parfois difficiles à reconnaître

La fibrillation auriculaire se traduit souvent par des palpitations rapides et irrégulières. La personne peut ressentir des battements puissants, des ratés, des vibrations ou l’impression que son cœur s’emballe.

Un essoufflement, une fatigue inhabituelle, une baisse des capacités physiques, des étourdissements, un malaise ou une douleur thoracique peuvent aussi apparaître. Ces signes ne sont toutefois pas spécifiques : le stress, la caféine, la fièvre, l’anémie ou d’autres arythmies peuvent provoquer des sensations comparables.

L’absence de palpitations n’écarte pas le diagnostic. La maladie peut passer inaperçue pendant plusieurs mois et être découverte lors d’une consultation ou d’un examen réalisé pour une autre raison.

L’ECG confirme le diagnostic

Prendre son pouls pendant une minute peut révéler des pulsations irrégulières, mais cette vérification ne suffit pas à diagnostiquer une fibrillation auriculaire. Les montres connectées peuvent signaler une anomalie, sans pour autant établir un diagnostic.

Seul un électrocardiogramme (ECG) confirme l’arythmie. Quand les crises sont intermittentes, l’examen peut rester normal entre deux épisodes. Un Holter enregistre alors le rythme cardiaque sur 24 heures ou plus.

Le bilan peut inclure une prise de sang pour détecter une anémie, un trouble thyroïdien ou un déséquilibre du potassium. Une échographie examine les cavités, les valves et le fonctionnement global du cœur.

Pourquoi cette arythmie apparaît-elle ?

L’âge constitue le principal facteur de risque. La fibrillation auriculaire est également favorisée par l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, les maladies des valves, le diabète, l’obésité ou l’apnée du sommeil.

Une hyperthyroïdie, une maladie rénale, une affection pulmonaire, une opération ou un épisode fébrile peuvent aussi intervenir. L’alcool, notamment lorsqu’il est consommé en grande quantité sur une courte période, représente un déclencheur bien identifié. Il arrive néanmoins qu’aucune cause précise ne soit retrouvée.

Un risque d’AVC parfois silencieux

Quand l’oreillette gauche ne se contracte plus correctement, le sang peut y stagner et former un caillot. Si ce caillot rejoint une artère cérébrale, il peut provoquer un AVC ischémique. La fibrillation auriculaire est en cause dans 20 à 30 % des AVC.

Le risque dépend de plusieurs facteurs : l’âge, l’hypertension, le diabète, l’insuffisance cardiaque et les antécédents vasculaires. L’intensité des palpitations ne permet pas de l’évaluer. Une forme silencieuse ou intermittente expose tout autant à un accident thromboembolique.

Des traitements adaptés à chaque situation

La prise en charge vise trois objectifs : prévenir les caillots, contrôler la fréquence cardiaque et, le cas échéant, restaurer un rythme régulier.

Un anticoagulant peut être prescrit pour réduire le risque d’AVC. Ce traitement ne supprime pas l’arythmie et ne doit jamais être interrompu sans avis médical. Certains médicaments, dont plusieurs bêtabloquants, ralentissent le cœur et atténuent les symptômes.

Une cardioversion, médicamenteuse ou électrique, peut rétablir un rythme régulier. Si les crises persistent malgré le traitement, une ablation par cathéter est envisageable pour neutraliser les zones générant les signaux anormaux.

Le contrôle de la tension artérielle, du diabète et de l’apnée du sommeil, la réduction de l’alcool, l’arrêt du tabac et une activité physique adaptée complètent l’ensemble.

Quand faut-il appeler les secours ?

Des palpitations inhabituelles ou répétées, même si elles ont cessé, doivent conduire à une consultation. Notez leur heure d’apparition, leur durée et les symptômes qui les accompagnent. Une douleur thoracique, un essoufflement intense, une perte de connaissance ou une faiblesse brutale nécessitent d’appeler le 15 ou le 112. De même, si le visage se déforme, si un bras ne peut plus se lever, ou si une difficulté soudaine à parler ou à voir survient, ces signes peuvent annoncer un AVC.

À SAVOIR

De l’Antiquité à la Renaissance, les médecins décrivent ce pouls totalement irrégulier sous le nom de delirium cordis, ou « délire du cœur ». Au XVIIᵉ siècle, William Harvey compare les contractions désordonnées des oreillettes à un « sac de vers grouillants ». Un nouveau cap est franchi en 1906, lorsque l’électrocardiographe de Willem Einthoven permet d’enregistrer cette arythmie. Thomas Lewis établit ensuite qu’elle résulte d’une activité électrique désorganisée du cœur et contribue à la faire connaître sous le nom de « fibrillation auriculaire ».

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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