
La disparition soudaine d’Éric Dane, l’inoubliable interprète du Dr Mark Sloan dans Grey’s Anatomy et figure marquante d’Euphoria, a secoué le monde du divertissement. À 53 ans, l’acteur a été emporté par la sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot, une affection rare à l’issue fatale. Mais qu’est ce qu’est la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ?
Lorsque l’annonce de la mort d’Eric Dane est tombée le 20 février 2026, l’émotion a rapidement dépassé le cercle des fans. L’acteur, révélé au grand public dans Grey’s Anatomy avant de s’imposer dans Euphoria, avait révélé un an plus tôt être atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot.
Pour beaucoup, cette maladie, incurable, reste abstraite. Certains l’associent même, à tort, à la sclérose en plaques, simplement parce que les deux noms se ressemblent. En réalité, ce sont deux affections très différentes, qui n’agissent ni sur les mêmes cellules, ni de la même façon.
La maladie de Charcot : une maladie neurodégénérative incurable
Une pathologie neurodégénérative rare et sévère
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative des motoneurones. Ces cellules nerveuses commandent l’ensemble des muscles volontaires : marcher, parler, sourire, respirer. Selon l’Inserm, la SLA touche environ 5 à 7 personnes pour 100 000 en France, ce qui en fait une maladie rare.
Les motoneurones dégénèrent progressivement, entraînant :
- une faiblesse musculaire qui s’étend,
- une fonte progressive des muscles (amyotrophie),
- des difficultés à articuler,
- des troubles de la déglutition,
- puis une atteinte des muscles respiratoires.
La gravité de la SLA réside dans sa progression. Elle conduit, en moyenne, au décès en trois à cinq ans, selon l’Institut du Cerveau (ICM, 2022), même si certaines formes évoluent plus lentement.
Maladie de Charcot : que signifient « sclérose », « latérale » et « amyotrophique » ?
Le nom de la maladie raconte déjà une partie de ce qui se joue dans l’organisme. Chaque terme renvoie à un mécanisme précis :
- « Amyotrophique » : les muscles s’affaiblissent et se réduisent, non pas parce qu’ils sont malades eux-mêmes, mais parce qu’ils ne reçoivent plus correctement les signaux des neurones moteurs.
- « Latérale » : la zone touchée se situe sur les côtés de la moelle épinière, là où passent les voies qui transmettent les ordres du cerveau vers les muscles.
- « Sclérose » : les fibres nerveuses atteintes se rigidifient et cicatrisent anormalement, signe de leur détérioration.
En somme, la SLA est une maladie qui perturbe l’exécution du mouvement, sans altérer directement la sensibilité ou les fonctions intellectuelles dans la majorité des cas. Une atteinte ciblée, mais aux conséquences majeures.
SLA et sclérose en plaques : deux maladies totalement différentes
La SEP, une maladie auto-immune du système nerveux central
La sclérose en plaques (SEP) est, à l’inverse de la SLA, une maladie inflammatoire auto-immune. Selon la Société Française de la Sclérose en Plaques (SFSEP, 2023), environ 120 000 personnes en France vivent avec une SEP.
Dans la SEP, le système immunitaire attaque la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière. Cette démyélinisation entraîne :
- des troubles visuels,
- des picotements et engourdissements,
- une fatigue extrême,
- des difficultés motrices,
- des troubles cognitifs parfois importants.
La maladie évolue souvent par poussées, alternant aggravations et rémissions, ce qui n’existe pas dans la SLA.
Deux maladies qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière
Dans la SLA, ce sont donc les motoneurones qui s’éteignent progressivement. Il n’y a pas d’inflammation, pas d’attaque du système immunitaire. Les signaux moteurs se perdent peu à peu, ce qui entraîne une faiblesse croissante puis une difficulté à effectuer les gestes les plus simples. La sensibilité reste en revanche intacte, et la maladie avance de manière continue, sans pause.
La sclérose en plaques, elle, fonctionne à l’inverse. C’est une maladie inflammatoire où le système immunitaire se trompe de cible et attaque la myéline, la gaine qui protège les fibres nerveuses. Cette inflammation crée des lésions visibles à l’IRM.
Ces deux maladies n’ont donc en commun que la ressemblance de leur nom. Le reste (mécanisme, évolution, symptômes, prise en charge) est profondément différent.
SLA ou SEP : quels symptômes doivent alerter ?
Les premiers signes de la maladie de Charcot (SLA))
Selon l’Institut du Cerveau (ICM, 2022), les premiers symptômes de la sclérose latérale amyotrophique apparaissent le plus souvent entre 50 et 70 ans. Ils sont souvent discrets au début, ce qui peut retarder le diagnostic. Les spécialistes décrivent généralement :
- une faiblesse musculaire localisée (main, pied, jambe),
- des crampes ou des fasciculations (petites contractions involontaires),
- des difficultés à articuler certains mots,
- ou, plus rarement au début, une gêne à avaler.
Ces signes ne sont pas spécifiques à la SLA, ce qui explique que la maladie soit parfois difficile à identifier rapidement. Concernant Eric Dane, les seules informations publiques confirment qu’il avait annoncé son diagnostic en 2025. Aucun détail n’a été communiqué sur les symptômes précis qui l’ont conduit à consulter.
Selon l’Agence Européenne du Médicament (EMA, 2024), aucun traitement curatif n’existe et les traitements disponibles ne permettent pour l’instant que de ralentir légèrement la progression de la maladie ; la prise en charge repose donc surtout sur une approche pluridisciplinaire associant kinésithérapie, orthophonie, assistance respiratoire, accompagnement nutritionnel et soutien psychologique.
Les signes précoces de la sclérose en plaques
Selon la Société Française de la Sclérose en Plaques, la sclérose en plaques débute le plus souvent chez l’adulte jeune, autour de 30 ans. Les premiers symptômes sont très hétérogènes, ce qui peut rendre le diagnostic difficile. Parmi les manifestations les plus fréquentes, on retrouve :
- une vision floue, douloureuse ou une baisse de vision, souvent liée à une inflammation du nerf optique ;
- des fourmillements, engourdissements ou picotements dans un membre ou sur une partie du corps ;
- une fatigue inhabituelle et persistante, qui ne s’explique pas par l’activité ou le manque de sommeil ;
- des troubles urinaires, comme des envies pressantes ou une difficulté à vider complètement la vessie ;
- une perte ou une modification de la sensibilité, pouvant toucher le tronc, les bras ou les jambes.
Plus de 15 traitements permettent aujourd’hui de réduire les poussées et l’inflammation dans la SEP, selon la SFSEP.
À SAVOIR
Selon l’Inserm, environ 10 % des cas de SLA sont d’origine familiale, liés à des mutations génétiques identifiées, tandis que la grande majorité (près de 90 %) survient de manière sporadique, sans cause clairement établie.







