En pleine course, un adolescent s’arrête net à cause d’une douleur au genou, évoquant une possible maladie d’Osgood-Schlatter.
La maladie d’Osgood-Schlatter touche principalement les adolescents en pleine croissance, notamment ceux qui pratiquent un sport intensif. ©kittichai-boonpongs-images / Canva

Dоuleur sоus le genоu après un entraînement, gêne lоrs de la cоurse оu des sauts․․․ Faut-il s’en préоccuper ? Cоurante chez les adоlescents spоrtifs, la maladie d’Osgооd-Schlatter peut étоnner par ses symptômes et sa bоsse visible․ Mais de quоi s’agit-il exactement ? Pоurquоi survient-elle pendant la crоissance et cоmment l’identifier ? Le pоint․

Lors de la Draft NHL aux États-Unis à l’été 2023, une simple rumeur médicale a suffi à affoler recruteurs, médias et supporters. Le jeune prodige David Reinbacher était annoncé atteint d’une “maladie chronique et incurable au genou”.

Un scénario inquiétant… rapidement démenti : il s’agissait en réalité d’un Osgood-Schlatter, une douleur de croissance fréquente et bénigne chez les adolescents sportifs.

Cette confusion en dit long. Derrière un nom médical impressionnant (lire À savoir), se cache souvent une réalité bien moins alarmante. Chaque semaine, sur les terrains de sport, des jeunes s’arrêtent en pleine course, la main posée sous le genou, grimaçant de douleur. Faut-il s’inquiéter ?

Dans la grande majorité des cas, cette gêne correspond à ce que les spécialistes préfèrent désormais appeler un syndrome d’Osgood-Schlatter : un trouble transitoire lié à la croissance, et non une maladie grave. Une nuance essentielle, qui change tout dans la perception… des parents comme du monde du sport.

La maladie d’Osgood-Schlatter est une pathologie osseuse et inflammatoire qui touche le genou, plus précisément la tubérosité tibiale antérieure, située juste sous la rotule. C’est à cet endroit que s’insère le tendon rotulien, relié au muscle quadriceps.

Chez l’adolescent, cette zone correspond à un cartilage de croissance encore fragile. Sous l’effet des tractions répétées du quadriceps, notamment lors des activités sportives, elle peut s’irriter, voire subir de petites lésions.

Les médecins parlent d’une forme d’ostéochondrose (une anomalie de l’os et du cartilage) liée à la croissance.

Cette irritation peut entraîner l’apparition d’une bosse osseuse visible sur le genou. Dans la grande majorité des cas, la maladie reste bénigne et disparaît spontanément une fois la croissance terminée.

D’autres pathologies de croissance existent, comme la maladie de Sever, qui touche le talon, et reposent sur des mécanismes similaires de sursollicitation. Ces troubles s’inscrivent dans une tendance plus globale d’augmentation des blessures chez les jeunes sportifs.

La maladie est avant tout liée à la croissance. Pendant l’adolescence, les os grandissent rapidement, parfois plus vite que les muscles et les tendons. Ce décalage crée une tension importante au niveau des zones d’insertion, notamment sur le tibia.

À cela s’ajoute la répétition des efforts. Les sports avec des courses, des sauts ou des changements d’appuis rapides comme le football, le basket ou l’athlétisme augmentent les contraintes sur le tendon rotulien.

Certains spécialistes évoquent également un déséquilibre musculaire, avec un quadriceps puissant mais peu souple, accentuant les tractions sur la zone fragile. Ce phénomène est souvent plus marqué lors des pics de croissance.

Plus globalement, cette pathologie s’inscrit dans l’augmentation des douleurs liées à une pratique sportive intense, répétée ou mal adaptée chez les adolescents.

Le symptôme principal est une douleur localisée sous la rotule, au niveau de la tubérosité tibiale. Elle apparaît progressivement et s’intensifie lors de l’effort, notamment en courant, en sautant ou en montant les escaliers.

À la palpation, la zone devient sensible, parfois accompagnée d’un léger gonflement. Une petite bosse dure peut également apparaître sous le genou : c’est un signe caractéristique de la maladie.

Certains adolescents ressentent aussi une raideur musculaire, notamment au niveau du quadriceps et des ischio-jambiers, pouvant limiter la mobilité.

La douleur diminue généralement au repos, mais réapparaît à la reprise de l’activité physique. Elle évolue souvent par phases, en fonction de la croissance et de l’intensité des efforts.

Le diagnostic repose principalement sur un examen clinique. Le médecin identifie la douleur à la palpation et évalue les mouvements du genou.

Dans certains cas, une radiographie peut être réalisée pour visualiser un éventuel épaississement ou une fragmentation de la tubérosité tibiale, et surtout pour éliminer d’autres pathologies.

Le traitement est avant tout conservateur et vise à soulager les symptômes. Le repos est essentiel : il ne s’agit pas forcément d’arrêter toute activité, mais d’adapter la pratique en évitant les mouvements douloureux, notamment les flexions répétées du genou.

L’application de froid permet de limiter l’inflammation. Des antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être prescrits en cas de douleur, toujours sous avis médical. Le port d’une genouillère peut également aider à réduire les tensions sur le tendon.

Dans les formes les plus douloureuses de la maladie d’Osgood-Schlatter, comme un arrachement osseux ou la formation d’un fragment osseux très sensible, la question de la chirurgie peut se poser.

Mais dans la grande majorité des cas, le traitement repose sur le repos et une immobilisation temporaire.

Les médecins restent prudents, car chez l’adolescent, le cartilage de croissance doit être préservé. Située sous la rotule, cette zone est essentielle à l’allongement du tibia.

Une intervention chirurgicale trop précoce pourrait endommager ce cartilage, stopper la croissance de l’os et entraîner une différence de longueur entre les jambes à l’âge adulte.

C’est pourquoi, sauf cas exceptionnels, les médecins attendent la fin de la puberté avant d’envisager une opération.

Encadrée par un kinésithérapeute, la rééducation repose sur des exercices d’étirement du quadriceps et des ischio-jambiers, afin de diminuer les tensions sur le tendon rotulien.

Un travail progressif de renforcement musculaire permet d’améliorer la stabilité du genou et de prévenir les récidives. Pendant cette phase, des activités sans impact doivent être privilégiées.

La reprise du sport doit être progressive. Continuer malgré la douleur risque de prolonger les symptômes.

La maladie d’Osgood-Schlatter se repère souvent par une bosse sous le genou. C’est une pathologie bénigne, fréquente chez les adolescents sportifs.

Dans la majorité des cas, elle disparaît d’elle-même à la fin de la croissance, sans séquelles. Le plus important est d’écouter son corps et d’adapter l’activité physique.

Derrière la douleur, il ne s’agit pas d’une blessure grave, mais d’un corps en pleine transformation, qui cherche encore son équilibre.

À SAVOIR

En 1903, les chirurgiens Robert Osgood (États-Unis) et Carl Schlatter (Suisse) découvrent cette pathologie au même moment, grâce aux débuts de la radiographie. Avant cette découverte, cette bosse de croissance était souvent confondue avec des maladies graves, comme la tuberculose osseuse ou un cancer. Leurs travaux ont permis de mieux comprendre cette douleur bénigne et d’éviter des traitements lourds chez des adolescents, qui souffraient en réalité d’une simple douleur liée à la croissance et au sport.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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