Le ver solitaire, aussi appelé ténia, est un parasite intestinal qui s’installe dans le tube digestif après ingestion d’aliments contaminés. Invisible au départ, il peut vivre plusieurs années dans l’intestin grêle, en se nourrissant directement des nutriments absorbés par l’organisme.
Au début, aucune douleur n’est ressentie. Pourtant, certains signes peuvent apparaître, notamment au niveau des selles ou de l’appétit.
Long, blanc et plat, le ver solitaire peut mesurer plusieurs mètres. Une fois dans l’intestin, il s’accroche à la paroi grâce à une tête munie de crochets. Il se développe ensuite en plusieurs segments, qui se détachent progressivement et sont éliminés dans les selles.
Comment le ver parvient-il à survivre longtemps dans l’organisme ?
Le ténia appartient à la famille des helminthes, un groupe de vers intestinaux parasites, au même titre que les ascaris ou les oxyures, qui sont eux des nématodes (vers ronds). Ces parasites digestifs sont responsables de nombreuses parasitoses intestinales dans le monde.
Ce parasite est hermaphrodite, ce qui signifie qu’il produit lui-même des œufs. Cela facilite sa reproduction et peut prolonger l’infestation chez l’hôte.
Certaines espèces utilisent un hôte intermédiaire (comme les bovins ou le porc) avant d’infecter l’humain, appelé hôte définitif. Ce cycle parasitaire explique sa capacité à persister dans l’organisme.
Contrôler la qualité de la viande
La contamination se fait principalement par l’ingestion de viandes contaminées, notamment de viande de bœuf ou de viande de porc insuffisamment cuites. Les larves se logent dans les muscles sous forme de kystes larvaires.
Lorsque ces aliments sont consommés crus ou mal cuits (comme certains plats type sushis ou viande crue), les parasites sont ingérés et se développent dans l’intestin grêle.
Quels sont les symptômes liés à la présence du ver solitaire ?
Changements de l’appétit, perte de poids
Dans un premier temps, les symptômes sont invisibles. Dans un second temps, des symptômes digestifs peuvent apparaître : maux de ventre, crampes, douleurs abdominales, diarrhée ou des troubles digestifs proches de la dyspepsie. Enfin, des vomissements peuvent également survenir.
Dans certains cas, le parasite perturbe l’absorption des nutriments dans l’intestin, ce qui peut entraîner des carences, voire une anémie sévère.
Des complications plus sévères
Avant de devenir un ver solitaire adulte dans l’intestin, les larves de certains ténias peuvent être particulièrement dangereuses. Après avoir traversé la paroi intestinale, elles passent dans le sang et peuvent atteindre des organes vitaux.
Lorsqu’elles se fixent dans le foie ou les poumons, elles forment des kystes, c’est-à-dire des poches remplies de liquide qui grossissent et compriment les tissus.
Au niveau du foie, cela peut provoquer de fortes douleurs, une jaunisse et, en cas de rupture, un risque de réaction allergique grave.
Dans les poumons, l’infection peut entraîner une toux persistante, un essoufflement et parfois des crachats de sang.
Le cas le plus grave concerne le système nerveux. Certaines larves, notamment celles du ténia du porc, peuvent atteindre le cerveau. Cette maladie, appelée neurocysticercose, perturbe le fonctionnement du cerveau et provoque des maux de tête intenses. Elle est aussi l’une des principales causes de crises d’épilepsie sévères dans le monde.
Chacun peut être concerné․․․ mais certains plus que d’autres
Cette infestation parasitaire peut toucher toute personne exposée. Les individus consommant régulièrement des aliments crus ou peu cuits sont les plus à risque.
Les enfants exposés aux bacs à sable, les voyageurs dans les pays au climat tropical, ainsi que les personnes en contact avec leurs animaux domestiques (chiens, chats, parfois porteurs de parasites internes)․
Les animaux sont également concernés․ Pour détecter un ver chez un animal, il est recommandé de consulter un vétérinaire․ Chez le chat par exemple : la présence de segments anormaux dans les selles ou des démangeaisons au niveau de l’anus doivent alerter.
Les examens pour détecter le ver
L’examen parasitologique des selles (EPS) permet de repérer les œufs, les larves ou des fragments de vers, comme les anneaux du ténia. Comme les parasites ne sont pas toujours présents dans les selles, plusieurs prélèvements sur plusieurs jours sont nécessaires pour éviter de passer à côté.
Le “scotch test”, aussi appelé test de Graham, est utilisé chez les enfants pour détecter le ver. Il consiste à appliquer un morceau de ruban adhésif autour de l’anus le matin, avant la toilette, afin de récupérer les œufs pondus pendant la nuit et de les analyser au microscope.
La réalisation d’un bilan sanguin permet d’observer la réaction du corps face au parasite. Une augmentation de certains globules blancs, appelés éosinophiles, peut indiquer une infection. La prise de sang peut aussi révéler les conséquences, comme une anémie ou un manque de vitamine B12, liés au fait que le parasite absorbe une partie des nutriments.
Enfin, dans les cas plus rares ou plus graves, des examens d’imagerie ou une endoscopie peuvent être nécessaires. Ils permettent de vérifier si le parasite a provoqué des complications en dehors de l’intestin, comme une obstruction ou une atteinte d’autres organes.
Les solutions pour éliminer définitivement le parasite
Le traitement repose d’abord sur un médicament antiparasitaire, appelé vermifuge․ Il est généralement administré sous forme de comprimés ou de sirop․
Parmi ces médicaments, on retrouve le flubendazole ou l’albendazole, qui agissent soit en paralysant le ver pour qu’il se détache de la paroi intestinale, soit en le privant de ses nutriments․ Une fois que le parasite est mort, il est naturellement éliminé dans les selles․
Même si le ver est éliminé, les œufs peuvent persister dans l’organisme․ C’est pourquoi il est conseillé de prendre une seconde dose 15 à 20 jours plus tard, afin d’éliminer complètement les parasites․
Ensuite, il est aussi important de traiter l’entourage․ Toutes les personnes vivant sous le même toit doivent suivre le traitement en même temps afin d’éviter une nouvelle contamination․
Lavez vos draps, sous-vêtements et serviettes à 60°C․ Gardez les ongles courts et lavez-vous régulièrement les mains, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes, afin d’éviter la transmission․
Adoptez ces gestes quotidiens pour préserver votre santé
Pour limiter les risques de contamination alimentaire, quelques gestes simples sont à adopter :
- bien cuire les viandes
- laver les aliments avant la préparation
- laver les aliments avant la préparation
- se laver les mains régulièrement
Derrière ce parasite invisible se cache un organisme capable de perturber la flore intestinale s’il n’est pas détecté. Sans traitement, il peut entraîner des conséquences importantes, voire irréversibles, sur la santé.
À SAVOIR
Au XIXe siècle, les critères de beauté imposaient aux femmes une taille très fine, un teint clair et un regard légèrement brillant․ C’est dans ce contexte que certaines avalaient des pilules contenant des œufs de ver solitaire․ Des vendeurs peu scrupuleux promettaient que ce parasite consommerait une partie des aliments dans l’intestin, permettant ainsi de manger sans prendre de poids, voire même d’en perdre․




