Un agriculteur pulvérise des pesticides sur ses cultures à l’aide de son tracteur.
La loi Duplomb, qui encadre l’usage des pesticides et vise à mieux protéger les riverains, s’inscrit dans ce contexte de surveillance des niveaux par Atmo France. © Freepik

Ce lundi 30 mars 2026, Atmo France lance une carte interactive, nommée PhytAtmo Dataviz, qui permet de visualiser la présence de pesticides dans l’air. Basée sur plus de 10 000 prélèvements réalisés en 2022 et 2023, elle confirme que des résidus sont détectés partout en France.

Ce lundi 30 mars 2026, Atmo France met en ligne une carte interactive baptisée PhytAtmo Dataviz, qui permet de visualiser la présence de pesticides dans l’air. Basées sur des campagnes de mesure menées en 2022 et 2023, ces données confirment que des résidus de pesticides sont détectés sur l’ensemble du territoire français, en métropole comme en outre-mer.

Au total, plus de 10 000 prélèvements ont été réalisés sur 176 sites, dans des environnements variés (zones rurales, urbaines ou périurbaines). Sur les 72 substances recherchées, « environ un tiers est détecté et une sur huit est quantifiée », précise Atmo France.

Parmi ces substances figurent des herbicides, des fongicides ou encore des insecticides utilisés en agriculture. Leur présence ne se limite pas aux zones d’épandage : certaines molécules peuvent se volatiliser après application, être transportées par les masses d’air ou se fixer sur des particules fines. On en retrouve ainsi à distance des zones agricoles, y compris en milieu urbain.

« Une mise à jour intégrant les données 2024 est prévue au premier semestre 2026, puis chaque année », indique Atmo France.

Les niveaux de pesticides dans l’air varient sensiblement selon les territoires, en lien direct avec les activités agricoles locales. Comme le souligne Atmo France, ces substances peuvent « se retrouver dans l’air ambiant après leur application, notamment par volatilisation ou transport par les masses d’air ».

Sans établir de hiérarchie stricte, les données font apparaître plusieurs profils :

  • Les zones de grandes cultures (céréales, maïs, colza), notamment dans le nord et le centre, présentent des détections plus fréquentes.
  • Les régions viticoles, comme la vallée du Rhône ou la Bourgogne, se distinguent par la présence de fongicides.
  • Les zones urbaines ou de montagne sont globalement moins concernées, même si aucune n’est totalement épargnée.

Ces écarts s’expliquent à la fois par les types de cultures, l’intensité des traitements et les conditions météorologiques, qui influencent la dispersion des substances.

Des pics liés aux saisons agricoles

Les concentrations de pesticides dans l’air varient au cours de l’année et suivent les calendriers agricoles. Les périodes d’épandage, principalement au printemps et au début de l’été, correspondent aux niveaux les plus élevés.

Comme l’indique Atmo France, certaines substances sont « détectées de manière saisonnière, en lien avec les périodes d’utilisation », tandis que d’autres, plus persistantes, restent présentes sur des périodes plus longues.

C’est notamment le cas du lindane, un insecticide « interdit depuis plus de vingt ans mais encore présent dans l’environnement ». Il a été quantifié « dans 61 % des prélèvements réalisés entre 2022 et 2023 », signe de sa forte persistance dans les sols… et dans l’air.

Des niveaux faibles… mais surveillés

Les concentrations mesurées restent très faibles, généralement de l’ordre du nanogramme par mètre cube (ng/m³). À titre d’exemple, le glyphosate, un herbicide largement utilisé, est détecté à des niveaux inférieurs à 0,1 ng/m³.

Ces résultats restent toutefois difficiles à interpréter sur le plan sanitaire. Comme le rappelle Atmo France, « il n’existe pas de valeur réglementaire pour les pesticides dans l’air ambiant ». Contrairement à d’autres polluants comme les particules fines ou le dioxyde d’azote, aucun seuil officiel ne permet aujourd’hui de définir un niveau de risque.

Les indicateurs disponibles servent donc avant tout à comparer les niveaux de présence entre territoires et périodes, sans permettre, à ce stade, d’évaluer directement le danger des pesticides sur la santé.

Une exposition difficile à mesurer individuellement

Ces données ne permettent pas de savoir précisément ce que chacun respire. Les mesures sont réalisées à des points fixes, sur des périodes données. Elles donnent une photographie globale, mais pas une exposition individuelle. Or, celle-ci dépend de nombreux facteurs :

  • le lieu de vie (proximité de zones agricoles),
  • les déplacements quotidiens,
  • les conditions météorologiques,
  • le temps passé à l’extérieur.

La présence de pesticides dans l’air ne signifie pas automatiquement un risque sanitaire direct, mais elle constitue un indicateur de contamination environnementale à surveiller.

Si les connaissances progressent, le sujet reste en partie en construction du point de vue scientifique et réglementaire.

Santé publique France souligne, dans plusieurs travaux récents, que l’exposition aux pesticides est associée à des effets sanitaires, notamment pour certaines pathologies (maladies neurologiques, cancers, troubles hormonaux). 

Mais ces études concernent surtout des expositions professionnelles ou alimentaires, beaucoup plus élevées que celles mesurées dans l’air ambiant.

À SAVOIR 

Les pesticides sont associés à des risques de cancers, de troubles neurologiques ou hormonaux, selon Santé publique France.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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